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Economie gériatrique – pourquoi valoriser nos seniors améliore le bien-être collectif

March 12, 2010 31 comments

par Marquis Codjia

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Pendant les 12 derniers mois, l’administration Obama s’est vue confrontée à l’épineuse question de la  réforme de la santé, une pierre d’achoppement qui anime couramment à Washington les débats partisans d’ordinaire inféconds.

Les deux parties dans ce débat se rejoignent néanmoins sur un point: la réforme de la santé, comme tout autre avantage social, est cardinale pour réduire le risque d’une faillite potentielle des États-Unis au cas où les indemnisations décaissées dans le cadre du programme dépasseraient les cotisations versées.

A l’heure actuelle, les autorités minorent une thématique importante inextricablement liée au debat en cours: la notion de « politique gériatrique » du pays.

La gériatrie est la branche de la médecine qui s’occupe du suivi médical des personnes âgées ; quant à la gérontologie, elle a pour objet l’étude des aspects sociaux, psychologiques et biologiques du vieillissement.

La politique gériatrique, dans le contexte présent, se rapporte à l’ensemble des programmes gouvernementaux conçus pour améliorer le bien-être des seniors et réduire les  coûts de couverture médicale.

L’amélioration de la politique gériatrique peut être économiquement profitable et fiscalement intéressante pour les contribuables.

Présentement, deux thèses sur le vieillissement humain doivent être discréditées dans la conscience collective.

D’abord, il n’y a aucune limite d’âge fixée par les médecins au delà de laquelle les travailleurs devraient prendre leur retraite. Les êtres humains sont divers et les spécialistes de santé publique affirment unanimement que des facteurs spécifiques peuvent affecter la capacité d’un actif à accomplir ses taches, mais tant que cette personne garde intactes ses capacités cognitives et physiques, elle peut travailler à tout âge. L’âge de la retraite qu’imposent les pouvoirs publics est plus le fait d’une politique sociale que de la biologie.

Le deuxième point offre une certaine illustration empirique du point précédent.

Beaucoup d’élus, dirigeants d’entreprise, activistes sociaux et leaders d’opinion du monde  sportif ont habituellement quelques cheveux gris.

Par exemple, le sénat américain a la concentration la plus élevée de personnes âgées démocratiquement élues dans le monde développé. L’âge médian d’un sénateur est de 63 ans, plus ou moins l’âge de départ à la retraite pour la plupart des travailleurs.

Robert Byrd, 92 ans, de l’état de Virginie Occidentale, est l’aîné de cette chambre, suivi du sénateur du New Jersey Frank Lautenberg.

Si nos sociétés consentent à être régies par des personnes âgées, alors il devient commode de gloser que les seniors possèdent une inestimable expérience, même si celle-ci est actuellement inexploitée.

En occident, la montée progressive de l’espérance de vie fut corrélée positivement à  l’augmentation des coûts médicaux au cours des années parce que, naturellement, vivre plus longtemps implique des soins de santé plus élevés.

Il est regrettable que nos sociétés postmodernes, emplies d’âgisme, tolèrent que les seniors soient bannis des secteurs productifs en raison de leur manque allégué de productivité économique ou d’utilité sociale.

Cette position sociale est erronée parce que nous gaspillons une partie substantielle de PIB précédemment investie dans l’enseignement traditionnel, la formation d’entreprise, l’assurance-maladie et les autres avantages sociaux nécessaires pour une main d’œuvre productive.

Dans le cas des États-Unis, ces investissements se chiffrent en milliards de dollars.

Des gérontologues reconnus comme JW Rowe et RL Kahn ont constaté que l’une des pierres angulaires d’une vieillesse réussie est une vie active, laquelle par ricochet élève les possibilités cognitives et diminue la probabilité de maladie ou d’incapacité.

Quatre approches distinctes peuvent aider à maximiser le bien-être des aînés, réduire les coûts médicaux et augmenter le bien-être social. Dans un souci d’efficacité, les directions des ministères concernés (santé, affaires sociales, services du 3ème âge, etc.) peuvent être horizontalement intégrés pour créer une agence ad-hoc, identiquement à ce qui fut réalisé dans le monde du renseignement états-unien.

L’état doit concevoir, en tandem avec le secteur privé, une base de données en ligne pour évaluer les disponibilités de compétence chez les seniors; si cette tâche est bien exécutée, ce site Web peut même être rentable une fois que sa popularité augmentera le nombre de visiteurs.

Les 4 programmes sont les suivants:

1) Retraités aidant leurs anciennes compagnies

Les nouveaux retraités s’inscrivent sur le site, indiquant leur compétence professionnelle et leur préférence de secteur d’activité. Les entreprises inviteront alors d’anciens employés (ou d’autres travailleurs possédant un savoir-faire semblable) pour leur expérience sur des projets spécifiques tels que l’intégration informatique, l’organisation d’entreprise, la formation du personnel, etc. Ce paradigme est doublement profitable à la société car un personnel retraité expérimenté est sensiblement meilleur marché que des consultants externes et connaissent mieux la compagnie ou le secteur d’activité.

2) Seniors soutenant des enfants

Des aînés peuvent être mis à contribution dans les activités périscolaires, de la maternelle au lycée. Ils peuvent même enseigner selon leur expérience. Des divers « programmes d’échange » peuvent être organisés, par exemple, entre les maisons de repos et les institutions académiques afin de stimuler la cohésion entre générations.

3) Seniors soutenant des organisations de jeunesse et de réinsertion juvénile

Les expériences des aînés peuvent aider à soulager des jeunes en difficulté et satisfaire à d’autres besoins. Dans certaines circonstances, on peut permettre aux détenus âgés ayant montré un bon comportement et une volonté manifeste de réintégration sociale de conseiller d’autres individus en rupture avec la société.

4) Seniors dans des compétitions sportives au plan national

Dans la même logique de vie active, les autorités devraient encourager des compétitions sportives nationales pour le troisième âge. Bien que l’idée de « Jeux olympiques du 3eme âge » soit un tantinet surréaliste actuellement, un tournoi national est une option plus réalisable et potentiellement plus profitable.

Geriatric Economics – Why Valuing Our Seniors Enhances Social Welfare

March 10, 2010 41 comments

Lire en français

by Marquis Codjia

For the past 12 months, the Obama administration has grappled with healthcare reform, a thorny issue that became the poster child of infecund partisan musings in Washington.

Both sides of the argument agree nonetheless on one premise: healthcare reform, like all other entitlement revamps, is pivotal to lessen the specter of a potential US bankruptcy in case benefits paid within the program outgrow cash receipts. .

At the moment, officials are slighting an important area that is indissolubly tied to the ongoing debate: the nation’s overall “geriatric policy”.

Geriatrics is the medical branch that focuses on health care of the elderly while gerontology reviews the social, psychological and biological aspects of ageing.

Geriatric policy, in this context, refers to the corpus of government programs used to enhance elders’ welfare and reduce medical care.

Improving our geriatric policy can be economically profitable and fiscally palatable to taxpayers.

At this point, two myths on human seniority need be debunked in the collective psyche.

First, there’s no age limit set by medical doctors beyond which individuals must retire. Humans are diverse and health specialists concur that specific factors may affect a worker’s ability to perform their duties, but as long as they possess cognitive and physical function capacities, they may work at any age. Government-enforced retirement age has to do more with politics than biology.

The second point offers some empirical truth about the first.

Many elected officials, corporate executives, prominent social activists and renowned sports leaders usually have some gray hair.

For instance, the US Senate has the highest concentration of democratically elected political seniority in the developed world. The median age of a US Senator is 63 years, roughly the retirement mark for most workers.

Robert Byrd, 92 years old from West Virginia, is the most senior member of that chamber, followed by New Jersey’s 86 year-old Frank Lautenberg.

If the country consents to being governed by aged people, then it becomes facile to argue that seniors possess an invaluable, albeit currently untapped, wealth of experience.

In the west, the gradual surge in life expectancy correlated positively with medical costs over the years because living longer understandably infers higher health care.

Regrettably, our post-modern society is filled with ageism and thus tolerates seniors being ostracized because of their alleged lack of economic productivity or social utility.

This social stance is flawed because we’re squandering a substantial portion of GDP previously invested in formal education, corporate training, medical insurance and other entitlement benefits necessary for a productive workforce.,

In the case of the US, that investment runs in billions of dollars.

Prominent gerontologists JW Rowe and RL Kahn found that an important pillar of successful ageing is an active engagement in life, which in turn ups cognitive capability and diminishes the probability of disease or disability.

Four distinct approaches can help maximize elderly welfare, reduce costs and increase social well-being. For efficiency sake, applicable departments at the state and federal levels (health, social affairs, elder services, etc.) can be horizontally integrated to create an ad-hoc agency, similar to what was achieved in the US intelligence community.

The Government must devise in tandem with the private sector an online database to track skill availability in seniors; if executed well, that website can even generate revenue once popularity drives high traffic.

The 4 programs are as follows:

1) Retired workers helping former companies

Newly retired workers register to the site, indicating their skillset, industry and activity preference. Companies will then call upon former employees (or workers with similar know-how) for insight on specific projects such as IT integration, organizational structuring, staff training, etc. This model benefits the firm twice because former staff are substantially cheaper than external consultants and arguably know more about the company or the industry.

2) Seniors in nursing homes nurturing kids

Elders can be employed in various pre- and after-school programs, from kindergarten to high school. They can even teach based on their “lifetime achievement” experience. Various “exchange programs” can be organized between, say, nursing homes and academic institutions to foster inter-generational bonding.

3) Seniors nurturing  youth and coaching organizations

Elders’ experiences may help assuage difficult youths and satisfy other coaching needs. In this field, aged inmates who have demonstrated good behavior and strong potential for social re-integration may, under certain circumstances, be allowed to advise and mentor others.

4) Seniors in national sporting events

Keeping with the same logic of active engagement, authorities should encourage national sporting events for seniors. Even though the idea of a “Senior Olympic Games” may be far-fetched at present, an interstate competition is a more likely and potentially profitable option in light of the numerous baby-boomers who are nearing retirement.