Archive

Posts Tagged ‘Google’

Google et la Chine: Enjeux d’un bras de fer

March 29, 2010 23 comments

Read in English

Par Marquis Codjia

De nombreux éditoriaux dans le monde ont profusément glosé sur la dernière décision de Google de se retirer de la Chine, suite logique d’un feuilleton qui incarna l’état des relations entre le moteur de recherche et la censure communiste.

Même si quelques points de vue offrirent une approche holistique d’un problème complexe qui va au-delà de la sphère économique, la majorité des commentaires saluèrent l’initiative de Google comme étape importante dans le raffermissement de la démocratie dans ce pays d’Asie.

Le sujet brûlant aujourd’hui en Occident est de savoir si la Chine peut exister sans Google.

Nombreux sont ceux qui répondent par la négative, citant, entre autres, la gestation de l’infrastructure technologique du pays et son nombre limité d’ingénieurs qualifiés ; certains estiment même que Beijing sera plongé “dans l’obscurité” après un éventuel retrait.

A dire vrai, la Chine a moins besoin de Google que l’inverse. Par conséquent, à la question opposée – Google peut-il survivre sans une implantation en Chine ? – la réponse raisonnable devient oui.

Stratégiquement parlant, il y a une ribambelle d’arguments démontrant que le mammouth technologique de Mountain View, en Californie, adopte une approche erronée dans la résolution de son énigme chinois. Certains de ces arguments sont spécifiquement endogènes à l’entreprise, tandis que d’autres sont plus variés dans leur nature et étroitement inhérents au macro-environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Google ne divulgue ni la taille ni la rentabilité de ses activités en Chine, mais on peut déduire, au vu des 400 millions d’internautes chinois, que Google.cn – son portail local – contribue à une bonne partie de son profit global.

Évaluer la portée des activités de la société en république de Mao implique non seulement la prise en compte des revenus de ses métiers de base, mais aussi les activités accessoires de joint-ventures en Asie et ses propres initiatives commerciales.

L’entreprise ne peut ignorer l’énorme vache à lait que représentent les internautes chinois et la prééminence concurrentielle qu’une présence locale peut offrir. La récente annonce de Google de déplacer ses serveurs du sous-continent à Hong Kong et de mettre fin à sa censure des recherches présente une anicroche à la stratégie commerciale de l’entreprise car Google a besoin d’être en Chine pour gagner sur le marché chinois, même si des pratiques iniques continuent d’alimenter le climat économique du pays.

Par conséquent, Ed Burnette a raison de réitérer ce point de vue.

Il est capital de reconnaître que les pratiques économiques de la Chine sont loin d’être équitables et que son système sociopolitique peut parfois être antithétique aux paradigmes usuels  dans d’autres parties du monde. Que la Chine ne soit pas une démocratie est aujourd’hui un lieu commun, mais de nombreuses sociétés de l’indice Fortune 100 sont désireuses de botter en touche les préceptes fondamentaux de la liberté d’expression et d’ouvrir des filiales chinoises.

Les facteurs géostratégiques au niveau macro-économique sont ceux auxquels Google devrait faire le plus attention. L’entreprise est un leader dans son secteur d’activité et possède de solides alliés au sein de l’administration Obama – Andrew McLaughlin, son ancien chef de politique globale, est actuellement l’adjoint au chef des services informatiques des Etats-Unis. Pourtant, une société, quelle qu’elle soit, ne peut représenter un acteur stratégique majeur dans le continuum beaucoup plus vaste et complexe des relations États-Unis – Chine.

Les politiciens sont très économiques avec la vérité lorsqu’il s’agit de la Chine. Même s’ils utilisent parfois la rhétorique diplomatique pour décrier les dérives chinoises contre la démocratie et les questions relatives à la liberté d’expression, ils sont tous muets lorsqu’il s’agit de coupler les affaires et l’éthique.

Ils ne doivent pas être nécessairement blâmés car il y a une variété d’éléments sibyllins qui rentrent en ligne de compte dans les relations transnationales, et les questions bi- ou multilatérales ne sont pas toujours simplistes.

Si Google se retirait du sous-continent, il perdrait des milliards de dollars EU de profits de ses métiers de base et ses activités parallèles. Il perdrait sa position dominante dans l’activité de recherche régionale et ce vide économique attirerait les autres concurrents, qui, en fin de compte, feront éroder sa part de marché globale.

Ce scénario catastrophe est loin d’être un épisode de science-fiction made in Hollywood. Si Google part, les locaux (comme Baidu) et les principaux rivaux comme Bing de Microsoft et Yahoo vont saisir sans aucun doute la manne. Également, les nouveaux arrivants pourront  facilement imiter le modèle de recherche de l’entreprise et tirer parti des réprimandes des autorités locales pour développer leurs activités.

Il y a une longue liste de multinationales occidentales opérant dans le sous-continent en dépit des protestations répétées de militants des droits de l’homme. Pensez à McDonald, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.).

Les dommages collatéraux de Google se remarquent déjà dans la réaction colérique de la Chine après l’annonce du retrait du moteur de recherche ; les médias ont signalé jusqu’à présent que les compagnies de téléphonie chinois délaisseront Google ou Androïde, son nouveau système d’exploitation mobile.

Comment user du brainstorming neuronal pour lancer de manière rentable de nouveaux produits

February 23, 2010 16 comments

Read in English

Par Marquis Codjia

Lancer des nouveaux produits de nos jours ne devrait plus être une corvée stratégique pour les conseils d’administration des entreprises. Contrairement au consensus courant parmi beaucoup de directeurs de vente et spécialistes en publicité, les méthodes naguère employées dans la conception, le test et le lancement des nouveaux produits semblent éculées, dispendieuses ou incompatibles lorsqu’elles sont jaugées à l’aune de la dynamique qui régit les marchés globaux contemporains.

Ergo, de nouvelles techniques doivent remplacer ou être ajoutées aux arrangements existants afin de métamorphoser une idée en gestation dans l’esprit d’un jeune ingénieur en un produit fini original pouvant satisfaire les clients.

L’Internet, avec son ubiquité croissante et son omnipotence numérique, devrait être l’épicentre de ces techniques si les entreprises veulent rester compétitives.

Traditionnellement, les sociétés comptaient sur une panoplie impressionnante et sophistiquée de processus et de départements pour administrer leurs efforts en innovation et en R&D. Suivant l’industrie et le cycle du produit, entre autres facteurs, des légions entières de scientifiques peuplant les départements de R&D pouvaient s’associer au département marketing et aux agences de publicité pour dénicher le nouveau produit parfait.

Similairement, les employés sont souvent invités à partager leurs perspicacités lors de séances de brainstorming (remue-méninges) tandis que les avis des clients sont soigneusement rassemblés et étudiés par l’entremise de sondages en ligne, de procédures de télémarketing, de foires commerciales, ou de rencontres avec le service-clientèle.

Quatre sources de remue-méninges neuronal et relativement bon marché sont accessibles à la plupart des compagnies à l’heure actuelle. Ces sources se fondent fortement sur des données globales provenant d’Internet pour construire un corpus d’intelligence artificielle qui peut être analysé et simulé par ordinateur pour déceler des futurs besoins chez des clients potentiels.

Selon la taille de la compagnie et sa robustesse financière, des outils analytiques sophistiqués ou des simples tableurs peuvent être utilisés pour extraire des statistiques d’une valeur inestimable.

Site Web de société

Les sociétés peuvent tirer un meilleur profit de leurs propres portails Internet en créant ou en améliorant leurs plateformes d’e-commerce et en rénovant l’ergonomie de leurs sites. La simple collecte de données d’achat quand les clients demandent des renseignements sur des produits ou opèrent des achats n’est plus suffisante; les entreprises doivent concevoir une tactique astucieuse pour décrocher de meilleures informations de la clientèle. Un exemple de tactique de sondage bon marché est d’insérer 2 ou 3 questions « prospectives » à la fin du processus d’achat (par exemple : qu’est-ce qui améliorerait le produit X ? Seriez-vous plus tentés d’acheter le produit Y si nous ajoutions des fonctionnalités  supplémentaires?). Une autre idée est d’offrir des articles gratuits quand des clients évaluent des produits actuels ou en phase de lancement.

Google et d’autres moteurs de recherche

Efficacement utilisé, Google peut s’avérer un outil quantitatif puissant que les organisations peuvent déployer pour capter la psyché collective globale du moment et déterrer les bonnes idées qui constitueront la base des futurs best-sellers.

Mieux, cet outil est gratuit. En plus de la «barre de recherche Google» et les fonctionnalités usuelles, d’autres dispositifs sont couramment disponibles à Google Tendances. Voilà où réside la magie. Les sociétés et même les entrepreneurs peuvent exploiter cette « générosité numérique » et utiliser des outils d’analyse sophistiqués pour étudier des informations spécifiques à leurs industries, zones géographiques ou caractéristiques de clientèle. D’autres moteurs de recherche offrent les mêmes services, comme Yahoo! Buzz et Microsoft Bing Xrank.

Forums ou groupes de discussion en ligne

Les firmes peuvent utiliser l’avantage stratégique qu’offre l’anonymat pour examiner le potentiel de leurs futurs produits dans les forums ou les groupes de discussion en ligne qui se rapportent à leur marché cible. Etant donné la pléthore de sites, il serait extrêmement fructueux pour les sociétés intéressées de s’imprégner des tendances passées et présentes de leurs clients potentiels. Une simple idée pour mesurer ces données est d’entamer une discussion sur un sujet  étroitement lié à la compagnie, à ses produits ou à une industrie spécifique en général.

Facebook et autres réseaux sociaux

En conclusion, Facebook et d’autres portails sociaux de taille et de popularité analogues offrent un certain nombre de dispositifs intéressants et faciles à utiliser que les sociétés peuvent exploiter pour augmenter leur visibilité sur le marché et rassembler des données utiles sur la clientèle courante et potentielle. Sur Facebook spécifiquement, les sociétés peuvent ouvrir une page d’organisation, une page régulière et de divers groupes de discussion pour favoriser leur marque et rénover leur collecte de données.

Leveraging neural brainstorming to cost-effectively launch new products

February 23, 2010 20 comments

Lire en Français

By Marquis Codjia

Launching new products nowadays should no longer be a strategic corvée for corporate boardrooms. Contrary to current consensus among many marketing managers and advertising specialists, erstwhile methods used in designing, testing and launching new products appear either outdated, pricey or lagging when compared with the dynamics which govern contemporary global markets.

Ergo, new techniques must supersede or be added to existing schemes for metamorphosing a budding product idea fresh out of the mind of an entry-level engineer into a finished good palatable to customers.

The internet, with its increasing ubiquity and digital omnipotence, should be at the epicenter of these techniques if business enterprises are to remain competitive.

Traditionally, firms relied on an impressive and sophisticated panoply of frameworks and departments to administer their innovation and R&D process. Depending on the industry and the product cycle, among other factors, entire armies of scientists populating R&D departments may partner with marketing and advertising agencies to find that perfect new product.

In the same vein, employees are often invited to share their insights via brainstorming sessions whereas customers’ opinions are actively collected and studied through written or online surveys, telemarketing procedures, trade fairs, or customer service encounters.

Four relatively cheap and fairly accessible sources of neural brainstorming are available to most companies at the moment. These sources rely heavily on global internet data to construct a body of artificial intelligence that can be analyzed and computer-simulated to presage potential future trends of customer wants and needs.

Depending on the size of the company and its financial might, sophisticated analytical tools or simple spreadsheets can be employed to extract invaluable statistics.

Company website

Firms can leverage their own internet portals more efficiently by creating or revamping their e-commerce platforms and ameliorating website ergonomics. Merely collecting purchase data when patrons enquire about products or place orders is no longer sufficient; they must devise an astute tactic for drawing higher client responsiveness. An example of cheap survey tactic is to adjoin 2 or 3 “forward-looking” questions at the end of the purchase process (e.g.: what would make product X better? Are you more likely to buy product Y if we add new features?). Another idea is to offer free items when customers rate current or ready-to-launch products.

Google and other search engines

When used efficiently, Google can be a powerful quantitative tool to use as organizations attempt to tap into the global collective psyche and unearth good ideas that will be precursors to upcoming bestsellers.

Best of all, it’s free. Aside from the customary “Google Search” bar and functionalities, other features are readily available at Google Trends. That’s where the magic resides. Firms or even entrepreneurs can harness that “digital bounty” and use data-simulation as well as other sophisticated computing utensils to analyze that information based on their industries, geographical zones or customer characteristics. The same is true for other major search engines such as Yahoo! Buzz and Microsoft’s Bing Xrank.

Online forums or discussion groups

Companies can utilize the strategic advantage of anonymity to test new product potential in online forums or discussion groups that relate to their target niche. Given the plethoric number of such sites, it can be extremely fruitful to interested companies if they can ably zero in on their specific group of interest and exploit the past and current general mood of such a constituency. One simply idea to gauge that morale is to start a discussion on a topic closely related to the company, its products or a specific industry in general.

Facebook and other social portals

Finally, Facebook and other social portals of analogous popularity and magnitude offer a number of interesting, user-friendly features that firms can harness to augment their market visibility and collect useful data from current and potential clientele. On Facebook specifically, firms can open an Organization Page, a regular page and various discussion groups to promote their brand and ultimately use those conduits as data-gathering means.

Asymétrie concurrentielle vs. Stratégie d’entreprise : les dangers d’un fossé béant

February 20, 2010 35 comments

Read in English

par Marquis Codjia

Dans le passé, les stratèges d’entreprise cherchaient à maximiser la rentabilité globale des firmes en concevant les meilleurs modes opérationnels qui contribueraient à atteindre efficacement les buts recherchés. Une telle stratégie tirait d’ordinaire profit des analogies endogènes d’un marché homogène ou d’une zone géographique, telle que la culture, le paysage législatif, l’uniformité des politiques monétaires ou fiscales, et l’affinité sociopolitique.

Ce système de similitudes était observé en Amérique du Nord entre le Canada et les Etats-Unis, en Europe de l’ouest avant l’Accord de Schengen qui préconisa une intégration économique plus élevée dans la fédération européenne, et au Japon dans son fief économique et géopolitique asiatique. Il s’était révélé très avantageux pour nombre de compagnies parce que la proximité stratégique leur permit d’avoir des coûts d’exécution plus bas et une rentabilité plus élevée.

De nos jours,  la globalisation et sa cohorte d’incertitudes rééquilibrent le paysage économique et penchent la balance stratégique dans des directions surprenantes. La globalisation force les compagnies à passer en revue leurs pratiques tactiques en raison des difficultés d’exécution inhérentes dans les environnements transculturels.

Tactique ne doit pas être confondue avec stratégie. La première traite en détail des procédés établis par la dernière afin de réaliser les objectifs définis.

La nécessité de contrôler et d’instiller un grain d’homogénéité dans le marché global a forcé les gouvernements occidentaux – principalement – à fonder des structures qui promouvraient des mesures antiprotectionnistes et une plus grande coordination législative dans les affaires internationales. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’ALÉNA ou Accord de libre-échange nord-américain, et la Zone Euro sont des exemples de tels établissements ou zones.

Bien que ces organismes internationaux aient aidé à rendre le libre-échange capitaliste le dogme préféré dans les échanges globaux, ils se sont avérés inefficaces dans l’instauration d’un environnement économique commun dans lequel les sociétés peuvent opérer la même stratégie pour réaliser leurs buts à travers des zones ou des marchés géographiques.

Cet échec est dû à la kyrielle complexe d’événements qui ont lieu quotidiennement dans l’arène globale et qui contraignent les chefs d’entreprise à inclure de nouveaux facteurs dans leurs matrices stratégiques.

Une matrice stratégique indique comment une entité peut efficacement atteindre la rentabilité en juxtaposant des facteurs tels que l’emplacement du magasin, les modes opératoires, l’offre de marchandises ou de services, la politique de prix, l’ambiance dans le magasin et le service-clientèle, et les méthodes promotionnelles.

Ces nouveaux facteurs sont divers et complexes; par conséquent, une liste analytique approfondie ne pourrait être le propos de cet article. Quelques tendances émergentes se rapportent à la vente en ligne, une présence publique plus élevée, l’activisme d’actionnaire, les transactions militaires avec les fournisseurs nationaux ou étrangers, les effets de terrorisme et de guerre, et les questions de propriété intellectuelle.

Les chefs d’entreprise regroupent habituellement certaines de ces questions dans plusieurs fonctions internes : gestion de risques, relations avec le gouvernement, questions de régulation, vente, ressources humaines, etc., et les résolvent à des échelons plus élevés seulement lorsque leur énormité exige une prise de décision à haut niveau.

Cette approche est incorrecte parce qu’elle ne tient pas compte de l’origine systémique de la stratégie d’entreprise et le fait qu’elle doit inclure tous les risques et objectifs de l’organisation pour être réussie. Les menaces citées précédemment sont complexes et diverses, et elles changent habituellement les équilibres de marché en permettant, par exemple, à de petites sociétés de concurrencer des plus grands rivaux sur des marchés qu’elles n’auraient pas pu pénétrer auparavant.

C’est la raison pour laquelle je qualifie ce nouveau phénomène d’«asymétrie concurrentielle».

De nombreux articles de journaux illustrent le phénomène d’asymétrie concurrentielle dans le marché. Des marques de luxe occidentales sont de nos jours confrontées à la concurrence féroce de contrefaçons fabriquées en Chine, alors que les mammouths pharmaceutiques américains comme Pfizer et Johnson & Johnson assistent impuissamment à la métamorphose de leurs médicaments d’origine en génériques venant d’Inde. Un autre exemple est la confrontation entre l’actionnaire activiste Carl Icahn et la direction de Time Warner, lequel demandait un changement de stratégie de l’entreprise ou de la structure d’organisation (désinvestissement de segment, fusion, acquisition, etc.).

D’autres exemples incluent la plainte de Boeing auprès de la Cour des Comptes des États-Unis après avoir perdu un contrat de ventes d’armes à l’armée américaine au profit de Northrop Grumman Corp. et l’européen EADS, ou encore la bataille judiciaire durant 8 ans entre McDonald et le restaurateur malaysien McCurry au sujet de l’utilisation illégale de la marque déposée « Mc ».

Ces occurrences sont évidemment délétères pour la plupart des sociétés dans l’hémisphère occidental parce que cette rivalité asymétrique les prive des bénéfices que leurs investissements en R&D auraient dû leur procurer sur une longue période. La menace vient principalement des pays sous-développés et émergents parce que les marchés européens, américains et japonais maintenant matures n’offrent plus des perspectives maximales de croissance et jouissent d’un environnement légal qui annihile toute velléité de malfaisance en matière de propriété intellectuelle.

Les grandes compagnies ne peuvent pas sous-estimer l’importance de ces nouveaux phénomènes parce qu’elles peuvent non seulement perdre leur part de marché interne mais aussi assister à l’érosion de leurs bénéfices sur ces marchés internationaux où les taux de croissance sont plus soutenus.

Je finirai avec quelques questions de géoéconomie : comment la colère récente de Google  contre la Chine affectera la stratégie de l’entreprise étant donné que 300 millions d’utilisateurs chinois constituent une niche non négligeable? Que pourrait-on dire de sa stratégie globale en Asie? Les affaires prendront-elles le dessus sur la politique? La sortie potentielle de Google du marché chinois propulsera-t-elle son rival Baidu au premier rang chinois et mondial? Comment cela affectera la stratégie de l’entreprise pour le lancement d’autres produits dans un pays d’environ 1.3 milliard de clients potentiels? Comment ceci affectera la rentabilité globale de Google ?

Competitive Asymmetry vs. Corporate Strategy: The Perilous Nexus in a Treacherous Chasm

February 19, 2010 64 comments

Lire en français
by Marquis Codjia



In the past, corporate strategists sought to maximize overall firm profitability by devising the best modus operandi that will help achieve results efficiently and effectively. Such a strategy routinely took advantage of the endogenous analogies of a homogenous market or geographic zone, such as culture, regulatory landscape, uniformity in fiscal or monetary policies, and socio-political affinity.

This system of similarities was observed in North America between Canada and the United States, in Western Europe prior to the Schengen Accords that led to higher economic integration within the European federation, and Japan within its Asian economic and geopolitical fiefdom. It has proven very fruitful for many a company because the strategic proximity afforded them lower implementation costs and higher profitability.

Nowadays, globalization along with its cohort of uncertainties is rebalancing the economic landscape and swinging the strategic pendulum in unlikely whereabouts. Globalization forces companies to review their tactical practices because of inherent execution difficulties in cross-cultural environments.

Tactics ought not to be mixed up with strategy. The former deals with detailed maneuvers to achieve aims set by the latter.

The need to control and instill a grain of homogeneity in the global marketplace has forced Western governments – mainly – to found organizations that will promote anti-protectionist measures and greater legislative coordination in world’s business. World Trade Organizations (WTC), North American Free Trade Agreement (NAFTA), and Eurozone are examples of such institutions or zones.

Though these international bodies have help catapult capitalistic free-trade as the preferred ethos, they have proven ineffective at creating a common economic environment in which corporations can engineer the same strategy to achieve their goals across geographical zones or markets.

This failure is due to the complex continuum of events taking place daily in the global arena that forces corporate leaders to include new factors in their strategy matrices.

A strategy matrix indicates how effectively a business entity can achieve profitability by juxtaposing such factors as store location, operating procedures, goods/services offered, pricing tactics, store atmosphere and customer services, and promotional methods.

New factors to be added to the mix are diverse and intricate; hence, an exhaustive analytical list cannot be within the purview of this paper. Some emerging trends relate to online marketing, higher government intervention, shareholder activism, military deals with domestic or foreign vendors, terrorism and war effects, and intellectual property theft.

Business leaders usually lump some of these issues in several corporate functions: risk management, government relations, regulatory, marketing, human resources, etc., and address them at higher echelons only when their magnitude dictates executive decision-making.

This approach is erroneous because it fails to recognize the systemic pedigree of corporate strategy and the notion that it must include all risks and objectives across the organization to be successful. The threats cited earlier are complex and diverse, and they usually change market equilibria by permitting, for instance, small firms to compete against larger rivals in markets they once couldn’t have penetrated.

This is the reason why I ascribe the concept of “competitive asymmetry” to this new phenomenon.

Numerous news headlines illustrate competitive asymmetry in the market. Western luxury brands are nowadays faced with fierce competition from “made in China” faked items, while American pharmaceutical mammoths like Pfizer and Johnson & Johnson observe powerlessly patent-protected pills being fraudulently transformed into generics in India. Another example is activist investor Carl Icahn confronting Time Warner’s management and demanding a change in corporate strategy or organizational structure (segment divestiture, merger, acquisition, etc.).

Other instances include Boeing filing a contract protest with the US Government Accountability Office after it lost a military deal to Northrop Grumman Corp and Europe’s EADS or fast-food giant McDonald losing an eight-year trademark battle to stop Malaysian Indian McCurry Restaurant from using the “Mc” trademark.

These trends are obviously deleterious for most firms within the western hemisphere because that asymmetric rivalry deprives them of the profits their R&D investment must have normally secured over a large time span. The threat is coming principally from emerging and underdeveloped countries because now mature European, American and Japanese markets no longer offer maximal growth prospects and enjoy a legal environment that disincentivizes intellectual property malpractice.

Major companies cannot underestimate the criticality of these emerging trends because they not only stand to lose market share at home but also see their profits eroded in those international markets where growth rates are healthier.

I’ll end with some geoeconomics questions: how will Google’s recent infuriation at China affect the firm’s country strategy given that the current 300 million Chinese computer users constitute a less ignorable niche? What about its overall Asia strategy? Will business prevail over politics? Will Google’s potential exit from the Chinese market propel rival Baidu to domestic and global supremacy? How will that affect the firm strategy with respect to launching other products in a country with 1.3 billion customers? How will this affect Google’s overall profit line?