Avantages et Dangers de Facebook et Leurs Impacts Sur le Commerce Electronique

April 13, 2010 9 comments

Par Marquis Codjia


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Le demi-milliard d’utilisateurs actuels de Facebook constitue un marché gigantesque dans le commerce global et un baromètre-clé dans d’autres secteurs, y compris la politique, les mass-médias, le monde sportif et les activités caritatives. Compte tenu de la diversité de ses membres et son expansion géographique, le premier portail social constitue une population numérique qui s’apparente à une organisation mondiale.

En fait, Facebook s’est métamorphosé récemment en un “ONU sur internet” – du moins lorsqu’on tient compte de la couche de la population mondiale qui sait utiliser l’ordinateur.

L’on pourrait analyser les usagers de Facebook sous plusieurs angles, en fonction de l’objectif de l’étude ; toutefois, pour des raisons de commodité, deux domaines peuvent être retenus pour représenter la diversité des membres.

Le premier est anthropologique et est indissolublement lié à l’instinct grégaire basique des humains. Les usagers peuvent s’inscrire en tant qu’individus et inviter des amis – et les amis des amis – pour créer et maintenir leurs propres groupuscules sociaux ou réseaux. Avec d’autres fans, ils expriment leur admiration pour une entreprise, une marque, un produit ou un individu. Ils montrent leur engagement pour une cause en rejoignant des groupes ou des forums. Lorsqu’ils en ont envie, ils s’adonnent à des jeux, quiz  ou autres créneaux de divertissement disponibles sur le site.

Le deuxième domaine est socio-économique. Les membres peuvent s’identifier comme individus – c’est-à-dire les consommateurs, ou la demande – ou en tant qu’organisations – c’est-à-dire les producteurs, ou l’offre. Ce dernier groupe peut être subdivisé aussi en entreprises, organisations caritatives, politiciens et célébrités.

Pour les particuliers, Facebook offre force avantages. Les usagers peuvent rechercher des nouveaux ou anciens amis, échanger avec ceux-ci, et élargir leurs réseaux à d’autres personnes qui partagent leurs goûts, à l’aide des amis de leurs amis ou des groupes auxquels ils adhèrent. Ils accèdent à d’utiles renseignements auxquels ils n’auraient autrement pas accès – rapports universitaires, documents de recherche, lancement en ligne de produits électroniques, etc. Les membres peuvent également partager des photos, vidéos et documents audio, et utiliser le portail comme une agence matrimoniale efficace.

Cette contigüité est utile car elle permet aux utilisateurs de communiquer sans crainte avec des connaissances ainsi que des étrangers, et fournit une illustration empirique de la théorie des six-degrés de séparation.

La théorie des six degrés de séparation, également appelée théorie de la “toile humaine”, explique que toute personne sur terre serait reliée à n’importe quelle autre, au travers d’une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres maillons.

Les dangers de Facebook se rapportent principalement à l’intrusion dans la vie privée et au manque de productivité.

Indéniablement, une présence sur internet comporte un risque d’étalage de la sphère privée, que ce soit dans les portails sociaux ou autres forums; les usagers de Facebook renoncent ainsi à une partie de leur vie privée simplement en s’inscrivant et en postant des « mises à jour » sur leur “murs”, puisque personne ne sait avec un haut degré de certitude comment les données des membres sont gérées. Cette violation de la vie privée est accentuée par les paramètres de confidentialité inadéquats que la plupart des usagers, en particulier les mineurs et les personnes âgées, présentent dans leurs comptes, ce qui les rend vulnérables aux prédateurs en ligne et à d’autres comportements illicites. Les membres – à contrecœur et à leur insu – peuvent être référencés (« taggés ») dans des images et des écrits qui pourraient fournir une représentation étrange ou inexacte de leur personnalité, leurs vues ou leurs intérêts.

Tout simplement, Facebook peut éroder ou détruire la réputation d’un individu au fil du temps, sauf s’il contrôle strictement comment ses données privées sont diffusées.

L’intrusion dans la vie privée peut également se produire par le biais de la pléthore d’applications disponibles sur le site; ces outils sont des formidables techniques de marketing qui servent à recueillir des informations précieuses – y compris les adresses e-mail – des membres, lesquelles peuvent ensuite être vendues à des entreprises légalement constituées ou des organisations illégales (par exemple, les « spammeurs » ou fournisseurs de courriers indésirables). Par exemple, considérons, un instant, une question comme « Quelle est votre robe de mariée de rêve? » et imaginons, ensuite, quel trésor d’informations précieuses les participants fournissent aux acteurs de l’événementiel nuptial, alors que ces intervenants, naïfs et crédules d’habitude, croyaient participer au départ à un simple jeu.

Sur le plan de la productivité, l’utilisation de Facebook favorise un climat de procrastination et de dépendance, conséquence directe des diverses fonctionnalités (jeux, etc.) existant sur le portail. Nonobstant, ce comportement est le bienvenu pour Facebook, parce que plus les utilisateurs passent du temps sur le site, mieux c’est.

Pour les organisations et les célébrités, y compris les politiciens, une présence sur Facebook offre moult avantages et relativement peu de risques. Cette absence de préjudices est le produit de la sophistication de la gestion des risques et des techniques de promotion de marque qu’utilisent ces entités et les fonctionnalités intégrées disponibles sur le site. Vu que les sociétés ont un contrôle total de leurs comptes Facebook, elles utilisent leurs pages Facebook comme des extensions naturelles à leurs sites Web ou leurs intranets.

Les avantages pour ce groupe se rapportent principalement à l’amélioration de leur qualité de marque et de leur stratégie commerciale en ligne. Une présence sur Facebook favorise un changement des paradigmes tactiques d’e-commerce. Les organisations peuvent évaluer leur « part de marché numérique » et leur niveau de popularité par leur nombre de fans comparativement à des rivaux, stratifier démographiquement ces fans selon les sections ou niches désirées, même si de tels chiffres peuvent ne pas refléter la part de marché réelle.

Avoir des admirateurs sur des pages ou dans des groupes est inestimable parce que les entreprises et les célébrités ont à leur disposition une base de données de clients potentiels gratuite et fiable, sur qui elles peuvent tester de nouveaux produits ou services. Les newsletters, jeux et applications de Facebook offrent un moyen direct de mener des études de marché moins cher et recueillir les commentaires des consommateurs personnellement. Par exemple, une entreprise peut tester un nouveau concept sur des fans de Facebook, ou sur un échantillon représentatif, avant de faire progresser son processus de R&D et de lancer un nouveau produit.

Des communiqués officiels peuvent également être directement diffusés, en temps réel, à de vastes pans de la clientèle. D’autres options intéressantes sont présentes sur Facebook Ads (Facebook Annonces), un service qui permet aux usagers de cibler une démographie spécifique, et Marketplace, un marché numérique où les produits peuvent être commercialisés directement aux clients.

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Risks and Rewards of Using Facebook and How They Affect Corporate E-Commerce Tactics

April 7, 2010 31 comments

By Marquis Codjia

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The estimated half-billion Facebook current users form a gigantic market for global business and a chief barometer in other sectors, including politics, mass media, sports and charitable undertakings. Given its user diversity and geographical expansion, the leading social portal constitutes a digital populace akin to a global organization.

In fact, Facebook has morphed lately into an “online United Nations” – if nothing else, when factoring the fraction of the world’s population that is computer-literate.

Facebook users can be cross-analyzed in multiple ways, based on the aim of the analysis; however, for the sake of simplicity, two areas can be retained to depict the membership diversity.

The first area is anthropological, and is indissolubly tied to basic human gregarious instincts. Members can register as individuals and invite friends – and friends of friends – to create and maintain their own social groupuscules, or networks. With other fans, they share their admiration for a company, a brand, a product, or an individual. They show their commitment for a cause by joining groups or forums. If they feel playful, they indulge in games, quizzes or other entertainment conduits available on the website.

Second area is socio-economics. Members can identify as individuals – that is, consumers, or the demand side – or organizations – that is, producers, or the supply side. The latter group can be further divided into businesses, non-profits, politicians and entertainers.

To individual users, Facebook offers many an advantage. Users can search for new or old friends, interact with them, and expand their networks to other individuals who share their likes and dislikes – via friends of their friends or groups in which they maintain membership.
They access helpful information that otherwise may be unavailable to them – academic work, research papers, web premieres of electronic products, etc. Members can also share pictures, video and audio content, and in that process, use the portal as a powerful dating or matrimonial agency.

Such intermingling is useful because it allows users to fearlessly communicate with acquaintances as well as strangers, and provides an empirical illustration of the six-degrees of separation theory.

The six-degrees of separation theory – also called the “Human Web” theory – explains that everyone is at most six steps away from any other person on Earth, because each person is one step away from another person they know and two steps away from each person who is known by one of the people they know.

Disadvantages to Facebook individual users relate mainly to privacy and productivity.

Unmistakably, the risk of public exposure is inherent in any online presence, be it social portals or other forums; Facebook members thus relinquish part of their privacy simply by registering and posting status updates on their “walls”, since no one knows with a high degree of certainty how member data is managed. This privacy breach is compounded by inadequate privacy settings that most users, especially minors and the elderly, have in their accounts, leaving them vulnerable to online predators and other mischievous acts. Members – unwillingly and unbeknownst to them – can be tagged in pictures and writings that provide an uncanny or inaccurate depiction of their personality, views or interests.

Simply put, Facebook can erode or destroy one’s reputation over time unless a member controls strictly how their information is disseminated.

Privacy infringement can also occur via the portal’s plethora of applications; these tools are formidable marketing conduits to collect valuable information – including emails – about members, which can then be monetized with legitimate businesses or illegal organizations (e.g. spammers). For example, think about a quiz like “What will your wedding dress look like?” and how respondents, credulous that they’re partaking in a game, can unawares provide useful data to a vast number of players in the wedding planning industry.

On the productivity front, Facebook usage favors a climate of procrastination and addiction that comes with the various features (e.g.: games) existing on the portal. This behavior is however excellent for the company because the more time users spend on the site the better.

For organizations and celebrities, including politicians, a Facebook presence offers many rewards and relatively few, if any, negligible risks. This absence of detriment is a consequence of the sophistication of risk management and brand promotion techniques that these entities use, and the built-in features available on the site. Since corporate persons have full control of their accounts, they view their Facebook pages as natural extensions to their websites or intranets.

The rewards to this group relate primarily to the enhancement of their brand appeal and their online commercial strategy. A Facebook presence furthers a paradigm shift in e-commerce tactics. Organizations can gauge their “online market share” and popularity level by their number of fans vis-à-vis the competition, and slice it demographically into desired niches or strata, even though such number may arguably not be reflective of actual market size and characteristics, and may not translate necessarily into real consumers.

Having admirers listed on their pages or related groups is precious because businesses and celebrities have at their disposal a free and valuable database of potential, loyal customers to whom they can pitch their new products or services. Newsletters, quizzes, and applications from Facebook offer a direct way to conduct market research cheaply and collect firsthand consumer feedback. For example, a firm may test a new concept with Facebook fans, or a representative portion thereof, prior to advancing its R&D process and launching a new product.

Formal announcements can also be directly disseminated, in real-time, to vast swathes of the clientele. Other interesting features are Facebook Ads, a service that allows sponsors to target specific demographics, and Marketplace, a digital market where products can be marketed directly to patrons.

Obamanisme contre Reaganisme – Quel modèle économique pour sauver l’Amérique?

April 4, 2010 8 comments

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Par Marquis Codjia

Dans les années 80, Ronald Reagan déclarait avec emphase que «le gouvernement n’est pas une solution à notre problème», mais plutôt, que “le gouvernement est le problème.” Aujourd’hui, de nombreux spécialistes analysent le bien-fondé d’une telle affirmation à la lumière des plans de sauvetage massifs que les pouvoirs publics ont de part le monde enclenché pour préserver le tissu économique mondial.

Ces experts ne sont pas seuls. L’actuel chef de la Maison Blanche, qui a affirmé ouvertement pendant la campagne présidentielle de 2008 son admiration pour la personnalité politique de Reagan – au grand désarroi de certains irréductibles démocrates –, a jusqu’ici mené des politiques économiques trop antithétiques au Reaganisme.

Beaucoup d’Américains se remémorent le côté débonnaire, jovial et hollywoodien du Président Reagan ; pourtant, l’ancien dirigeant développa une érudition économique qui lui servit tout au long de la récession qui marqua sa présidence.

Face à une économie dysfonctionnelle au début de son mandat, le président Reagan enracina sa politique dans le dogme de l’économie de l’offre, promouvant un quatuor de mesures qui finirent par révolutionner la dynamique sociale de l’Amérique et relancer sa croissance.

Tout d’abord, il proposa des réductions d’impôt sur les fruits du travail et du capital pour inciter les entreprises et les entrepreneurs à investir et innover, tout en encourageant les contribuables, inondés de liquidités en raison du niveau d’épargne élevé, à consommer pour relancer la machine économique. Ensuite, la déréglementation de secteurs économiques ciblés visa à éviter des coûts inutiles pour les investisseurs. Troisièmement, il promut une série de coupures budgétaires importantes – à partir de 1981 – qui résultèrent en une réduction de 5% des dépenses publiques (environ 150 milliards $ EU courants). Quatrièmement, Reagan chercha à resserrer la politique monétaire pour combattre l’inflation.

Le plan du défunt président eut un succès mitigé.

L’inflation connut une baisse spectaculaire de 1980 à 1983 (13,2% vs 3,2%), les recettes fédérales augmentèrent à un rythme plus élevé que les dépenses (au taux moyen de 8,2% contre 7,1%), et les 16 millions d’emplois créés ont contribué à la chute du chômage de 3 points (7,5% par rapport à un pic en 1982 de 10,8%). D’autres dithyrambes du Cato Institute, think-tank libertarien, incluent une véritable augmentation du revenu médian des familles de 4000 $ EU et une augmentation de la productivité.

Cela dit, le reaganisme et ses paradigmes libéraux ont structurellement dévasté des pans du tissu socio-économique de l’Amérique: les coupes budgétaires couplées à la hausse des dépenses militaires dues à la guerre froide ont créé un gouffre béant dans les finances publiques (par exemple: déficits budgétaires importants, expansion du déficit commercial). En outre, une certaine culpabilité peut être attribuée au leader républicain en ce qui concerne le krach boursier de 1987 et la crise des banques d’épargne des années 80 et 90, tout simplement parce que, au minimum, ces deux crises survinrent sous son mandat. Afin de résorber les déficits budgétaires, l’administration se lança frénétiquement dans des emprunts obligataires qui catapultèrent la dette nationale de 700 milliards $ EU à 3 000 milliards $ EU, dont une partie (environ 125 milliards $ EU) servit à subventionner l’industrie de l’épargne bancaire paralysée par les faillites de 747 institutions.

Le mot-valise « Obamanisme » – utilisé pour décrire la politique économique actuelle défendue par le président américain Barack Obama – est un nouveau concept qui, naturellement, a besoin de temps pour se développer avant qu’une analyse plus poussée ne puisse être effectuée sur ses mérites.

De toute évidence, l’administration actuelle – face à une économie chaotique – a adopté jusqu’à présent, ou envisage d’adopter, des politiques diamétralement opposées aux préceptes de Reagan: impôts plus élevés, réglementation accrue, plus de dépenses et une politique monétaire laxiste.

L’initiative de sauvetage des banques du président Obama était correcte pour deux raisons: d’un côté, la décrépitude des marchés de capitaux aurait métastasé en un chaos général plus coûteux, et de l’autre, le fait que les banques sont maintenant relativement stables témoigne de l’efficacité du programme, malgré le travail restant à accomplir dans ce schéma de sauvetage bancaire.

Même si le plan de relance économique actuel prendra un certain temps pour atteindre les objectifs souhaités, les résultats préliminaires à ce jour sont tout à fait mixtes: les banques hésitent à prêter, le secteur des prêts hypothécaires est toujours léthargique, la consommation privée atone entrave les investissements des entreprises et la productivité économique mondiale. L’économie enregistre peu à peu des milliers d’emplois mais le taux de chômage reste encore à 9,7%.

Alors, entre l’Obamanisme et le Reaganisme, quel modèle économique peut sauver l’Amérique aujourd’hui?

La réponse est : aucun.

Aucune politique économique ancrée dans un dogme partisan ne peut sauver l’économie; pour être efficaces, les autorités doivent utiliser une combinaison d’idéologies, extirper les meilleures zones d’efficacité de chacune et les amalgamer dans un plan cohérent profondément enraciné dans les préceptes d’une l’économie prudentielle.

Premièrement, le gouvernement doit équilibrer son budget en maîtrisant les pertes bureaucratiques au niveau fédéral et étatique, en cherchant une plus grande efficacité dans ses programmes sociaux et en maintenant une base d’imposition capable de fournir des rentrées fiscales suffisantes. La récente nomination de Jeffrey Zients au poste de Chief Performance Officer (Chef des services de l’analyse de performance) des Etats-Unis est une heureuse décision.

Deuxièmement, le gouvernement et le pouvoir législatif doivent accepter de supprimer ou de réduire sensiblement les dépenses électoralistes ; même si certains des projets subventionnés sont valides, le manque de transparence et le fait que trop de pouvoir reste dans les mains d’un député sont des faits troublants. Citizens Against Government Waste (Citoyens contre le gaspillage des deniers publics), organisme privé et non-partisan, a estimé dans son dernier rapport de l’année 2009 que les dépenses électoralistes se sont élevées à 19,6 milliards $ EU, en hausse par rapport aux 17,2 milliards $ EU de l’année précédente.

Troisièmement, le gouvernement doit investir dans l’éducation, les sciences, la santé et les services de loisir afin d’assurer une main-d’œuvre productive et une population éduquée. Tout citoyen apprécie un bon système scolaire local, une police efficace, et des services sociaux opérationnels. Quatrièmement, un processus progressif et équilibré de réglementation des secteurs vitaux est nécessaire pour égaliser les chances de tous les agents économiques et éviter les effets négatifs des risques systémiques.

Enfin, le code fiscal devrait être plus efficace et plus facile à comprendre pour que plus de recettes soient recueillies. Actuellement, on estime qu’il coûte au fisc américain entre 25 et 30 centimes pour chaque dollar derecettes fiscales collectées, sans compter les milliards dépensés par les citoyens dans leur planification fiscale. Nous avons un code d’imposition foncière simplifié dans nos villes, pourquoi n’en serait-il pas de même au niveau fédéral?

Obamanomics vs. Reaganomics – Which Can Save the Economy?

April 2, 2010 70 comments

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By Marquis Codjia

President Reagan in the Oval Office delivering his Tax Reduction televised address in July 1981 (Photo courtesy of the Reagan Library, Official government record)

In the 1980s, Ronald Reagan asserted emphatically that “government is not a solution to our problem,” but rather, “government is the problem.” Nowadays, many specialists revisit the soundness of such avowal in light of the mammoth government-engineered bailouts that questionably helped safeguard the global economic fabric.

Those experts are not alone. The current White House chief denizen, who uttered openly during the 2008 presidential campaign his admiration for Reagan’s political persona – much to the ire of some diehard Democrats – , has so far spearheaded policies overmuch adversative to Reaganomics.

Many Americans remember President Reagan for his debonair, articulate and Hollywoodian public posture; yet, the former leader had developed a sophistication in economic analysis that served him throughout the recession that hallmarked his presidency.

Faced with a dysfunctional economy at the onset of his mandate, President Reagan ingrained his policies in supply-side economics, advocating a quartet of measures that revolutionized America’s social dynamics and reignited its growth machine.

First, he proposed vast tax cuts on labor and capital to incentivize corporations and entrepreneurs to invest and innovate, whereas citizens, freshly cash awash due to increased savings, were heartened to spend. Next, deregulation in targeted economic sectors aimed at eschewing unnecessary costs to investors. Third, he steered a package of major budget cuts approximating – from 1981 onwards – a 5% reduction in government expenses (circa $150 billion today). Fourth, Reagan sought to tighten monetary policy to combat inflation.

The late president’s plan delivered mixed results.

Inflation experienced a spectacular fourfold decrease from 1980 to 1983 (13.2% vs. 3.2%), federal receipts grew higher than outlays (at an average rate of 8.2% vs. 7.1%), and the 16 million new jobs created helped shrink unemployment by 3 points (to 7.5% from a 1982 peak of 10.8%). Other accolades from the Cato Institute, a libertarian think thank, include a real median family income rise of $4,000 and a higher productivity.

This said, Reaganomics and its no holds-barred canons structurally devastated parts of America’s socio-economic fabric: fiscal cuts coupled with a surge in Cold War military spending created a yawning abyss in the nation’s finances (e.g.: large budget deficits, trade deficit expansion). In addition, some culpability can be attributed to the Republican leader vis-à-vis the 1987 stock market crash and the Savings and Loans crisis, merely because, at a minimum, both pandemonia occurred under his watch. In order to cover budget shortages, the administration then embarked on a borrowing spree that catapulted the national debt to $3 trillion from $700 billion, part of which (circa $125 billion) subsidized an S&L industry crippled by the failure of 747 thrifts.

The portmanteau Obamanomics – used to depict economic policies espoused by current U.S. President Barack Obama – is a new concept, which understandably needs more time to develop before a studious analysis can be conducted on its merits.

Clearly, the current administration – also faced with a chaotic economy – has so far adopted, or is envisaging, policies diametrically opposed to Reagan’s precepts: higher taxes, increased regulation, more spending, and a loose monetary policy.

President Obama’s plan to save banks was the correct initiative for two reasons: decrepitude in capital markets would have metastasized into a more costly, general chaos, and the fact that banks are now relatively stable attests to the program’s effectiveness, notwithstanding the remaining work to be accomplished in the bank bailout’s scheme.

Even if the current economic recovery plan will take a while to reach its desired goals, preliminary results so far are altogether mixed: banks are loath to lend, the mortgage sector is still lethargic, the lackluster private consumption is hampering corporate investments and the global economic productivity. The economy is gradually adding thousands of jobs but the unemployment rate still stands at 9.7%.

So, which of Reaganomics or Obamanomics can save the economy today?

The answer is none.

No economy policy ingrained in political partisanship can save the economy; to be efficient, authorities must use a combination of ideologies, extirpating the best areas of each and amalgamating them into a coherent plan deep-rooted in sound economics.

First, the government must balance its budget by reining in bureaucratic waste at the federal and state levels, seeking higher efficiency in its social programs and maintaining a tax base able to provide sufficient inflows. The recent nomination of Jeffrey Zients as U.S. Chief Performance Officer is a welcome decision.

Second, the government and the legislative branch must agree to suppress or significantly reduce pork-barrel spending; even if some of the projects subsidized are valid, the lack of transparency and the fact that too much power lies in the hands of one lawmaker are troubling. Citizens Against Government Waste, a private, nonpartisan watchdog, estimated in its latest report that 2009 pork-barrel spending amounted to $19.6 billion, up from $17.2 billion the previous year.

Third, the government must invest in education, sciences, health, and recreation services to assure a productive labor force and educated populace. Every citizen appreciates a good local school system, an efficient police, and functional social services. Fourth, a gradual and well-balanced regulatory framework for critical sectors is needed to level the playing field for all economic agents and eschew the negative effects of systemic risks.

Finally, the tax code should be more efficient and easier to understand so more revenues are collected. Currently, it is estimated that it costs the IRS between 25 and 30 cents for every tax dollar collected, without counting the billions spent by citizens in tax compliance and planning. We have a simplified property tax code in our cities; why can’t we engineer a similar scheme at the federal level?

Google et la Chine: Enjeux d’un bras de fer

March 29, 2010 23 comments

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Par Marquis Codjia

De nombreux éditoriaux dans le monde ont profusément glosé sur la dernière décision de Google de se retirer de la Chine, suite logique d’un feuilleton qui incarna l’état des relations entre le moteur de recherche et la censure communiste.

Même si quelques points de vue offrirent une approche holistique d’un problème complexe qui va au-delà de la sphère économique, la majorité des commentaires saluèrent l’initiative de Google comme étape importante dans le raffermissement de la démocratie dans ce pays d’Asie.

Le sujet brûlant aujourd’hui en Occident est de savoir si la Chine peut exister sans Google.

Nombreux sont ceux qui répondent par la négative, citant, entre autres, la gestation de l’infrastructure technologique du pays et son nombre limité d’ingénieurs qualifiés ; certains estiment même que Beijing sera plongé “dans l’obscurité” après un éventuel retrait.

A dire vrai, la Chine a moins besoin de Google que l’inverse. Par conséquent, à la question opposée – Google peut-il survivre sans une implantation en Chine ? – la réponse raisonnable devient oui.

Stratégiquement parlant, il y a une ribambelle d’arguments démontrant que le mammouth technologique de Mountain View, en Californie, adopte une approche erronée dans la résolution de son énigme chinois. Certains de ces arguments sont spécifiquement endogènes à l’entreprise, tandis que d’autres sont plus variés dans leur nature et étroitement inhérents au macro-environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Google ne divulgue ni la taille ni la rentabilité de ses activités en Chine, mais on peut déduire, au vu des 400 millions d’internautes chinois, que Google.cn – son portail local – contribue à une bonne partie de son profit global.

Évaluer la portée des activités de la société en république de Mao implique non seulement la prise en compte des revenus de ses métiers de base, mais aussi les activités accessoires de joint-ventures en Asie et ses propres initiatives commerciales.

L’entreprise ne peut ignorer l’énorme vache à lait que représentent les internautes chinois et la prééminence concurrentielle qu’une présence locale peut offrir. La récente annonce de Google de déplacer ses serveurs du sous-continent à Hong Kong et de mettre fin à sa censure des recherches présente une anicroche à la stratégie commerciale de l’entreprise car Google a besoin d’être en Chine pour gagner sur le marché chinois, même si des pratiques iniques continuent d’alimenter le climat économique du pays.

Par conséquent, Ed Burnette a raison de réitérer ce point de vue.

Il est capital de reconnaître que les pratiques économiques de la Chine sont loin d’être équitables et que son système sociopolitique peut parfois être antithétique aux paradigmes usuels  dans d’autres parties du monde. Que la Chine ne soit pas une démocratie est aujourd’hui un lieu commun, mais de nombreuses sociétés de l’indice Fortune 100 sont désireuses de botter en touche les préceptes fondamentaux de la liberté d’expression et d’ouvrir des filiales chinoises.

Les facteurs géostratégiques au niveau macro-économique sont ceux auxquels Google devrait faire le plus attention. L’entreprise est un leader dans son secteur d’activité et possède de solides alliés au sein de l’administration Obama – Andrew McLaughlin, son ancien chef de politique globale, est actuellement l’adjoint au chef des services informatiques des Etats-Unis. Pourtant, une société, quelle qu’elle soit, ne peut représenter un acteur stratégique majeur dans le continuum beaucoup plus vaste et complexe des relations États-Unis – Chine.

Les politiciens sont très économiques avec la vérité lorsqu’il s’agit de la Chine. Même s’ils utilisent parfois la rhétorique diplomatique pour décrier les dérives chinoises contre la démocratie et les questions relatives à la liberté d’expression, ils sont tous muets lorsqu’il s’agit de coupler les affaires et l’éthique.

Ils ne doivent pas être nécessairement blâmés car il y a une variété d’éléments sibyllins qui rentrent en ligne de compte dans les relations transnationales, et les questions bi- ou multilatérales ne sont pas toujours simplistes.

Si Google se retirait du sous-continent, il perdrait des milliards de dollars EU de profits de ses métiers de base et ses activités parallèles. Il perdrait sa position dominante dans l’activité de recherche régionale et ce vide économique attirerait les autres concurrents, qui, en fin de compte, feront éroder sa part de marché globale.

Ce scénario catastrophe est loin d’être un épisode de science-fiction made in Hollywood. Si Google part, les locaux (comme Baidu) et les principaux rivaux comme Bing de Microsoft et Yahoo vont saisir sans aucun doute la manne. Également, les nouveaux arrivants pourront  facilement imiter le modèle de recherche de l’entreprise et tirer parti des réprimandes des autorités locales pour développer leurs activités.

Il y a une longue liste de multinationales occidentales opérant dans le sous-continent en dépit des protestations répétées de militants des droits de l’homme. Pensez à McDonald, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.).

Les dommages collatéraux de Google se remarquent déjà dans la réaction colérique de la Chine après l’annonce du retrait du moteur de recherche ; les médias ont signalé jusqu’à présent que les compagnies de téléphonie chinois délaisseront Google ou Androïde, son nouveau système d’exploitation mobile.

Can Google Live Without China?

March 25, 2010 72 comments

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By Marquis Codjia

Op-eds in prominent newspapers around the world are discussing profusely the latest decision by Google to disengage from China in a move that epitomizes the search engine’s level of camaraderie with communist censors.

While few viewpoints offer a holistic examination of a complex issue that goes beyond the business sphere, the majority applaud Google’s shift as salutary to enhancing democracy in the Asian country.

The query nowadays in the western hemisphere is whether China can live without Google.

Many respond by the negative, citing, among others, the infancy of the country’s technology infrastructure and its limited number of qualified engineers; some even posit metaphorically that Beijing will be “in the darkness” after such exit.

Truth be told, China needs Google far less than the opposite. Hence, to the inverse question – can Google live without China? – the reasonable answer becomes yes.

Strategically, there is a superfluity of arguments attesting that the Mountain View, California-based technology mammoth is following the wrong path in handling its Chinese conundrum. Some of these arguments are specifically endogenous to the firm, whereas others are more varied in nature and closely inherent to the macro-environment in which the firm evolves.

Google does not divulge the size nor the profitability of its China business but it can be inferred, from the country ca. 400 million internet users, that Google.cn – its local portal – contributes a hefty part of the overall bottom line.

Gauging the firm’s scope of business in Mao’s republic implies factoring not only core search revenues but also the ancillary business derived from joint-ventures in Asia and Google’s own commercial undertakings.

The firm cannot ignore the potential cash-cow that Chinese internet users represent and the competitive pre-eminence that a local presence can proffer. The recent announcement from Google to move its local servers from the mainland to Hong Kong and end its censorship of searches does a disservice to the firm’s core business strategy because Google needs to be in China to win in the Chinese market, irrespective of the notorious practices of the nation’s economic climate.

Therefore, Ed Burnette is accurate in reiterating this viewpoint.

It is very momentous to acknowledge that China’s economic practices are far from fair and its socio-political system may at times be antithetical to paradigms experienced in other parts of the world. That China is not a democracy is commonplace rhetoric, yet many, if not all, Fortune 100 companies are keen to put basic tenets about free speech into oblivion and open a Chinese subsidiary.

Geostrategic factors at the macro-economic level are those that Google should pay thorough attention to. The firm is a leader in its industry and possesses reliable friends within the Obama administration – Andrew McLaughlin, its former head of global public policy, is currently the Deputy U.S. Chief Technology Officer in the Executive Office of the President. Yet, a company by itself cannot represent a major strategic player in the much larger and complex continuum of US – China relations.

Politicians are very economical with the truth when it comes to China. While they occasionally resort to rhetorical dissent vis-à-vis Beijing’s transgressions on democracy and issues relating to free speech, they all keep legendarily mum when it comes to coupling business with ethics.

They shouldn’t be necessarily blamed because there’s a variety of sibylline elements that make up transnational relations, and bi- or multi-lateral issues are not always simplistic with crystal clear solutions.

If Google pulls out of the mainland, it stands to lose billions of dollars in core revenues and collateral business. It will lose its dominance in the regional search business and such economic void will attract other rivals, which in the end will cripple the firm’s global market share.

This doom scenario is far from a Hollywood sci-fi episode. If Google exits, locals (such as Baidu) and major rivals like Microsoft’s Bing and Yahoo will doubtless grab the manna. Alternatively, new entrants may easily imitate the firm’s search model and take advantage of local authorities’ reprimand and develop their business.

There is a long list of Western multinationals operating in the mainland despite repeated protests from human rights activists. Think McDonald’s, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.

Collateral losses for Google are already reflecting China’s angry reaction after the search engine made its announcement; news media reported so far that Chinese mobile phone companies will drop Google or Android, its new mobile operating system.

Etait-ce judicieux de sauver les banques?

March 23, 2010 50 comments

Par Marquis Codjia

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Il y a quelques mois, le marasme de l’économie globale était un point crucial de l’ordre du jour de nombre de dirigeants du G20. L’apathie sociale ambiante, l’écroulement du secteur bancaire, le dilemme de la croissance globale, et la dégringolade de la bourse étaient les sujets de discussion du leadership planétaire.

Les gouvernements partout dans le monde résolurent la question la plus névralgique, le chaos dans l’industrie bancaire, avec des apports pécuniaires massifs à un secteur qui jusque-là incarnait le meilleur (et le pire) du capitalisme, selon un mode opératoire plus proche de l’intervention centralisée des économies communistes.

L’ardoise globale varie entre 4.000 à 5.000 milliards de dollars EU selon les estimations les plus optimistes, mais les coûts ultimes globaux pourraient dépasser cet intervalle.

Le sauvetage du secteur bancaire, en principe, était la bonne ligne de conduite à adopter et les  experts de toutes obédiences politiques se mirent d’accord sur l’urgence d’une telle mesure, y compris les théoriciens les plus férus du libre échange qui, d’ordinaire, traitent d’énergumènes de gauche préhistoriques, ceux qui osent remettre en question le rôle limité des pouvoirs publics dans l’économie.

Cependant, nombre d’observateurs demeurent abasourdis par la souplesse qui caractérisa le processus de sauvetage des banques et les conditions très favorables avec lesquelles les fonds furent déboursés. Par conséquent, les institutions financières qui ont tiré profit de la manne étatique firent bon usage des sommes reçues pour redevenir rentables et rembourser leurs gouvernements respectifs.

D’autres pans de l’économie n’ont pas connu un si rapide rétablissement. Le chômage est encore élevé ; le secteur des crédits au logement est toujours désordonné. Les banques se sont montrées peu disposées à prêter, créant ainsi une déliquescence du secteur productif et une consommation privée léthargique. La bourse a peut être renoué avec les tendances haussières mais, discutablement,  l’économie réelle est toujours baissière.

Il est clair que les banques ont joué un rôle crucial dans le malaise économique courant mais les militants anti-sauvetage avaient tort de les diffamer et d’affirmer qu’une telle culpabilité aurait dû exclure toute aide publique. Les intermédiaires financiers sont une pierre angulaire de nos économies postmodernes et il aurait été socio-économiquement délétère et politiquement désagréable de les laisser couler.

Évidemment, une majorité de banques est aujourd’hui plus renflouée et profitable comparativement à l’année passée, même si des sections sectorielles sont encore comateuses à cause de l’hémorragie de liquidités qui les a dévastées depuis le début de la récession.

Hélas, rien n’a changé. Ces établissements recourent une fois de plus aux anciennes pratiques qui ont nui à l’économie en premier lieu, sous l’égide d’autorités de régulation étrangement aveugles et sourdes-muettes.

Les banques, nécessairement, devraient être encouragées à faire des bénéfices comme toute entreprise privée. Mais lorsque cette recherche de profit se fait aux dépens de tout un système ou constitue une menace systémique au secteur productif de l’économie, alors l’argument en faveur d’une règlementation plus dure devient d’une importance cardinale.

Les entreprises doivent couvrir leurs risques en utilisant des techniques adaptées ; cependant, les spéculateurs semblent dernièrement employer les produits dérivés pour parier contre leurs bienfaiteurs. Ces pratiques peuvent sembler injurieuses pour un pan important de la population mais elles sont compréhensibles si on considère que le camp des spéculateurs promeut seulement les intérêts privés des élites (leurs investisseurs), lesquelles tiennent compte rarement du facteur moralité dans leur équation de rentabilité.

Exemple patent : la Grèce. Le gouvernement hellène a subventionné massivement son secteur bancaire avec des milliards de dollars EU pour se voir noté négativement quelques mois plus tard en raison d’un risque de défaut apparent.

À l’heure actuelle, les autorités politiques et les grands argentiers devraient examiner la question suivante : le sauvetage a-t-il fonctionné ? En d’autres termes, les subventions gigantesques des banques et les initiatives supplémentaires associées ont-elles atteint les buts initiaux ?

Les économistes chevronnés et les sociologues s’attaqueront amplement dans le futur aux questions concernant l’efficacité et l’efficacité du sauvetage, mais des experts de premier plan croient actuellement que les réponses à de telles interrogations sont négatives. L’économiste de George Mason University Peter Boettke argua que les diverses subventions ont créé un « cycle de dette, de déficits et d’expansion de gouvernement » qui, in fine, « estropiera économiquement » les grandes économies, tandis que Barry Ritholtz, célèbre auteur de Bailout Nation et président de la société de recherches FusionIQ, pense que les programmes de renflouement auraient pu être mieux gérés.

On peut observer que la phase initiale de sauvetage s’avéra efficace parce qu’elle a aidé à éviter un remue-ménage bancaire régional et global. Mais, contrairement à la croyance populaire, ce fut l’étape la plus facile. L’on ne saurait mésestimer le courage des autorités dans le processus, mais il est indubitablement plus facile pour une banque centrale puissante, comme la Réserve Fédérale américaine, de passer des écritures comptables au crédit des établissements visés et renflouer leurs actifs par le biais du « quantitative easing ».

La Fed, à l’instar d’autres banques centrales du G8, a une position enviable parce qu’elle peut « créer » de l’argent ex nihilo rien qu’en augmentant électroniquement ses actifs.

Les réformes constituent le véritable test de courage politique, et jusqu’ici l’absence de nouvelles normes dans le secteur financier peut, si l’on n’y prend garde, détruire les efforts de rétablissement jusqu’ici consentis.

Actuellement, il y a cinq facteurs distincts expliquant les résultats médiocres obtenus jusqu’ici à partir des plans de sauvetage.

D’abord, la réforme financière si nécessaire prend plus de temps au niveau législatif parce que non seulement les lobbies financiers – telles que la superpuissante American Bankers Association – exercent une forte pression, mais l’agenda politique est également occupé par la réforme de l’assurance-maladie et les soucis géostratégiques liés aux conflits en Afghanistan et en Irak.

La récente annonce du chef de la commission bancaire du Sénat Chris Dodd (Démocrate du Connecticut) visant à introduire des réformes dans le secteur changera probablement peu à court terme.

En second lieu, les principaux conseillers financiers du Président Obama sont d’anciens caciques de Wall Street, et beaucoup de sceptiques sont incrédules qu’une clique aussi proche des intérêts financiers puisse être à l’avant-garde de vraies réformes dans un secteur qui leur était précédemment bienfaisant.

Les deux facteurs suivants sont endogènes au secteur bancaire. L’un provient de l’expérience antérieure des cycles de régulation et de dérégulation qui font disparaître habituellement les reformes après un certain laps de temps, et l’autre découle de l’unique capacité des ingénieurs financiers et des banques d’affaires à concevoir de nouveaux produits et techniques pour parer aux lois existantes.

Finalement, l’effort de régulation devrait être global dans sa portée, et le manque actuel de coopération géographique ainsi que la difficulté pratique à dépister le risque systémique dans l’industrie bancaire handicapent de nouvelles avancées.