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Chaos Social à Washington – Pourquoi La Sécu Pourrait Devenir L’Arme Financière de Destruction Massive en Amérique

Par Marquis Codjia

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Warren Buffett, l’investisseur milliardaire et gérant du conglomérat Berkshire Hathaway, affirma en 2002 que les produits dérivés étaient des «  bombes à retardement pour les contreparties aux transactions et le système économique ». Vu le rôle nocif que ces titres ont joué dans la récente crise, l’on peut dire que le « devin d’Omaha » possède également le don de prescience en plus de son légendaire sens des affaires.

Pourtant, ce qui risque d’estropier la croissance économique aux Etats-Unis, et par ricochet, les équilibres globaux, est la gestion des prestations sociales promises – ou plutôt dues – aux millions d’Américains sur non seulement un an ou deux, mais tout au long de leurs vies, une fois confrontés aux épineux épisodes existentiels que sont la maladie, la vieillesse, l’invalidité ou la perte d’emploi.

A ce jour, la Sécurité Sociale des Etats-Unis demeure le plus important programme d’entraide, revendiquant 20 % du budget national en 2009 ou 678 milliards de dollars EU, juste après la défense (23 %). D’autres programmes sociaux connus sont les allocations-chômage et les aides médicales aux séniors (Medicare) et aux pauvres (Medicaid).

Il est utile de comprendre le concept de sécurité sociale pour cerner ce débat. Pour être concis, la sécurité sociale permet aux retraités de toucher des revenus provenant de contributions apportées par la couche active de la population – par le biais de taxes salariales spécifiques. Naturellement, le système reste sain si les cotisations excèdent les sorties – comme c’est actuellement le cas.

Toutefois, les projections actuelles font état d’un déficit de financement commençant en 2016 – autrement dit, les paiements excéderont les rentrées, ce qui contraindra le pays à rechercher des fonds externes (nouveaux prêts ou coupes budgétaires). Pire, les gouvernements successifs ont emprunté et dépensé au fil des ans les excédents cumulés qui se trouvaient dans le Fonds de Sécurité Sociale.

Plusieurs facteurs sont à la base de ce déficit, les plus importants étant l’augmentation de l’espérance de vie, l’abaissement de la natalité et le vieillissement des baby-boomers (résultant en peu d’actifs cotisant pour plus de retraités).

Ce qui est déroutant, c’est le laxisme de l’élite politique actuelle – à l’instar des précédentes – dans le traitement d’une telle urgence budgétaire, préférant déplacer cette question sur des terrains partisans plus complexes qui rendent les populations obtuses. Résultat des courses : l’importance du débat sur la sécurité sociale se trouve amoindrie, et les couches citoyennes  les plus intellectuellement dynamiques n’accordent pas à cette rubrique la place socio-économique qui lui revient.

Ce statu quo transforme ainsi une question gérable en véritable crise – une “bombe à retardement” en une “arme financière de destruction massive” pour le tissu social de l’Amérique. Les deux derniers présidents de la Fed comprennent heureusement l’urgence de la question; Alan Greenspan préconise des mesures visant à maîtriser les programmes sociaux pour assurer la prospérité économique à long terme, tandis que Ben Bernanke avertit que “les Américains doivent s’attendre à des impôts plus élevés ou des coupures sociales … pour juguler les futurs déficits budgétaires.»

Plusieurs éléments justifient le penchant hyperbolique, ou apocalyptique, de cet article.

D’abord, l’absence d’un débat de fond sur la réforme de la sécurité sociale. Comme indiqué précédemment, cette situation est favorisée, au minimum, par les gouvernements successifs des trois dernières décennies, car cette réforme est, soit, un problème épineux et politiquement suicidaire aux yeux des politiciens, soit, ces derniers la jugent le cadet de leurs soucis. En somme, ils n’osent pas risquer des débats qui réduiront leurs chances de réélection.

Pour combler le vide rhétorique, l’on injecte, ici et là, des petites phrases assassines pour diviser l’électorat et éviter un débat de fond. Une illustration parfaite est l’idée que les actifs de la Sécurité Sociale devraient être confiés à des gestionnaires de patrimoine professionnels, car l’état devrait être en dehors des mécanismes du marché, et toute forme de gestion publique de ce patrimoine colossal est un type d’intervention « communiste » intolérable en Amérique capitaliste. Dans cet article, les avantages et inconvénients de cette thèse ne peuvent être évalués avec granularité mais les faits en révèlent les limites pratiques. Il est facile d’imaginer quel désastre financier le pays aurait subi si ce patrimoine fut investi en bourse avant le récent mini-krach. Il est également aisé de noter l’efficacité managériale de l’état en analysant les résultats opérationnels du Système Fédéral de Retraite (FERS), du Corps Médical de l’Armée, du Medicare et du Medicaid, lesquels demeurent des agences financièrement saines.

Deuxièmement, la nécessaire réforme fiscale tarde à arriver, et ce retard, couplé à la gestion opaque de deniers publics aux niveaux fédéral, local et législatif, anéantit tout effort de réduction de déficits budgétaires.

Ensuite, le spectre d’un cercle vicieux existe. Si le rapport retraités / actifs croît excessivement, il y aura moins de cotisations pour honorer les pensions, et une telle réduction du pouvoir d’achat des séniors affectera négativement la consommation des particuliers. Les entreprises seraient alors obligées de réduire leurs effectifs au vu des ventes anémiques, et la main-d’œuvre ainsi réduite contribuerait encore moins au Fonds de Sécurité Sociale, et ainsi de suite.

Quatrièmement, la Réserve Fédérale – en tant que créancier ultime – pourrait acheter les bons du Trésor si les finances publiques s’effondraient, mais elle ne peut continuer à imprimer des billets (via sa tactique de « quantitative easing ») de peur que le dollar ne dégringole sur les places boursières et n’accroît l’inflation.

Cinquièmement, l’incapacité du pays à réduire ses déficits ne sera probablement pas résolue à court terme car le tissu industriel américain est actuellement inapte ou démotivé à produire des biens bon marché, et l’ouverture du marché américain aux fournisseurs étrangers sert de levier géostratégique au plan international.

Au total, les spécialistes de la sécurité sociale posent la question suivante : pourquoi les autorités n’appliquent-elles pas les recommandations du Rapport 2009 du  Fonds de Sécurité Sociale qui préconisent  une légère hausse du taux  et des salaires d’imposition pour résorber le déficit? Par exemple, augmenter le taux d’imposition à 14,4 % en 2009 (de 12,4 % actuellement) ou réduire les primes de 13,3 % mettrait fin au déséquilibre, alors que ces montants augmentent à ca. 16% et 24 % si aucune modification n’est apportée jusqu’à 2037.

Obamanisme contre Reaganisme – Quel modèle économique pour sauver l’Amérique?

April 4, 2010 8 comments

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Par Marquis Codjia

Dans les années 80, Ronald Reagan déclarait avec emphase que «le gouvernement n’est pas une solution à notre problème», mais plutôt, que “le gouvernement est le problème.” Aujourd’hui, de nombreux spécialistes analysent le bien-fondé d’une telle affirmation à la lumière des plans de sauvetage massifs que les pouvoirs publics ont de part le monde enclenché pour préserver le tissu économique mondial.

Ces experts ne sont pas seuls. L’actuel chef de la Maison Blanche, qui a affirmé ouvertement pendant la campagne présidentielle de 2008 son admiration pour la personnalité politique de Reagan – au grand désarroi de certains irréductibles démocrates –, a jusqu’ici mené des politiques économiques trop antithétiques au Reaganisme.

Beaucoup d’Américains se remémorent le côté débonnaire, jovial et hollywoodien du Président Reagan ; pourtant, l’ancien dirigeant développa une érudition économique qui lui servit tout au long de la récession qui marqua sa présidence.

Face à une économie dysfonctionnelle au début de son mandat, le président Reagan enracina sa politique dans le dogme de l’économie de l’offre, promouvant un quatuor de mesures qui finirent par révolutionner la dynamique sociale de l’Amérique et relancer sa croissance.

Tout d’abord, il proposa des réductions d’impôt sur les fruits du travail et du capital pour inciter les entreprises et les entrepreneurs à investir et innover, tout en encourageant les contribuables, inondés de liquidités en raison du niveau d’épargne élevé, à consommer pour relancer la machine économique. Ensuite, la déréglementation de secteurs économiques ciblés visa à éviter des coûts inutiles pour les investisseurs. Troisièmement, il promut une série de coupures budgétaires importantes – à partir de 1981 – qui résultèrent en une réduction de 5% des dépenses publiques (environ 150 milliards $ EU courants). Quatrièmement, Reagan chercha à resserrer la politique monétaire pour combattre l’inflation.

Le plan du défunt président eut un succès mitigé.

L’inflation connut une baisse spectaculaire de 1980 à 1983 (13,2% vs 3,2%), les recettes fédérales augmentèrent à un rythme plus élevé que les dépenses (au taux moyen de 8,2% contre 7,1%), et les 16 millions d’emplois créés ont contribué à la chute du chômage de 3 points (7,5% par rapport à un pic en 1982 de 10,8%). D’autres dithyrambes du Cato Institute, think-tank libertarien, incluent une véritable augmentation du revenu médian des familles de 4000 $ EU et une augmentation de la productivité.

Cela dit, le reaganisme et ses paradigmes libéraux ont structurellement dévasté des pans du tissu socio-économique de l’Amérique: les coupes budgétaires couplées à la hausse des dépenses militaires dues à la guerre froide ont créé un gouffre béant dans les finances publiques (par exemple: déficits budgétaires importants, expansion du déficit commercial). En outre, une certaine culpabilité peut être attribuée au leader républicain en ce qui concerne le krach boursier de 1987 et la crise des banques d’épargne des années 80 et 90, tout simplement parce que, au minimum, ces deux crises survinrent sous son mandat. Afin de résorber les déficits budgétaires, l’administration se lança frénétiquement dans des emprunts obligataires qui catapultèrent la dette nationale de 700 milliards $ EU à 3 000 milliards $ EU, dont une partie (environ 125 milliards $ EU) servit à subventionner l’industrie de l’épargne bancaire paralysée par les faillites de 747 institutions.

Le mot-valise « Obamanisme » – utilisé pour décrire la politique économique actuelle défendue par le président américain Barack Obama – est un nouveau concept qui, naturellement, a besoin de temps pour se développer avant qu’une analyse plus poussée ne puisse être effectuée sur ses mérites.

De toute évidence, l’administration actuelle – face à une économie chaotique – a adopté jusqu’à présent, ou envisage d’adopter, des politiques diamétralement opposées aux préceptes de Reagan: impôts plus élevés, réglementation accrue, plus de dépenses et une politique monétaire laxiste.

L’initiative de sauvetage des banques du président Obama était correcte pour deux raisons: d’un côté, la décrépitude des marchés de capitaux aurait métastasé en un chaos général plus coûteux, et de l’autre, le fait que les banques sont maintenant relativement stables témoigne de l’efficacité du programme, malgré le travail restant à accomplir dans ce schéma de sauvetage bancaire.

Même si le plan de relance économique actuel prendra un certain temps pour atteindre les objectifs souhaités, les résultats préliminaires à ce jour sont tout à fait mixtes: les banques hésitent à prêter, le secteur des prêts hypothécaires est toujours léthargique, la consommation privée atone entrave les investissements des entreprises et la productivité économique mondiale. L’économie enregistre peu à peu des milliers d’emplois mais le taux de chômage reste encore à 9,7%.

Alors, entre l’Obamanisme et le Reaganisme, quel modèle économique peut sauver l’Amérique aujourd’hui?

La réponse est : aucun.

Aucune politique économique ancrée dans un dogme partisan ne peut sauver l’économie; pour être efficaces, les autorités doivent utiliser une combinaison d’idéologies, extirper les meilleures zones d’efficacité de chacune et les amalgamer dans un plan cohérent profondément enraciné dans les préceptes d’une l’économie prudentielle.

Premièrement, le gouvernement doit équilibrer son budget en maîtrisant les pertes bureaucratiques au niveau fédéral et étatique, en cherchant une plus grande efficacité dans ses programmes sociaux et en maintenant une base d’imposition capable de fournir des rentrées fiscales suffisantes. La récente nomination de Jeffrey Zients au poste de Chief Performance Officer (Chef des services de l’analyse de performance) des Etats-Unis est une heureuse décision.

Deuxièmement, le gouvernement et le pouvoir législatif doivent accepter de supprimer ou de réduire sensiblement les dépenses électoralistes ; même si certains des projets subventionnés sont valides, le manque de transparence et le fait que trop de pouvoir reste dans les mains d’un député sont des faits troublants. Citizens Against Government Waste (Citoyens contre le gaspillage des deniers publics), organisme privé et non-partisan, a estimé dans son dernier rapport de l’année 2009 que les dépenses électoralistes se sont élevées à 19,6 milliards $ EU, en hausse par rapport aux 17,2 milliards $ EU de l’année précédente.

Troisièmement, le gouvernement doit investir dans l’éducation, les sciences, la santé et les services de loisir afin d’assurer une main-d’œuvre productive et une population éduquée. Tout citoyen apprécie un bon système scolaire local, une police efficace, et des services sociaux opérationnels. Quatrièmement, un processus progressif et équilibré de réglementation des secteurs vitaux est nécessaire pour égaliser les chances de tous les agents économiques et éviter les effets négatifs des risques systémiques.

Enfin, le code fiscal devrait être plus efficace et plus facile à comprendre pour que plus de recettes soient recueillies. Actuellement, on estime qu’il coûte au fisc américain entre 25 et 30 centimes pour chaque dollar derecettes fiscales collectées, sans compter les milliards dépensés par les citoyens dans leur planification fiscale. Nous avons un code d’imposition foncière simplifié dans nos villes, pourquoi n’en serait-il pas de même au niveau fédéral?

Google et la Chine: Enjeux d’un bras de fer

March 29, 2010 23 comments

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Par Marquis Codjia

De nombreux éditoriaux dans le monde ont profusément glosé sur la dernière décision de Google de se retirer de la Chine, suite logique d’un feuilleton qui incarna l’état des relations entre le moteur de recherche et la censure communiste.

Même si quelques points de vue offrirent une approche holistique d’un problème complexe qui va au-delà de la sphère économique, la majorité des commentaires saluèrent l’initiative de Google comme étape importante dans le raffermissement de la démocratie dans ce pays d’Asie.

Le sujet brûlant aujourd’hui en Occident est de savoir si la Chine peut exister sans Google.

Nombreux sont ceux qui répondent par la négative, citant, entre autres, la gestation de l’infrastructure technologique du pays et son nombre limité d’ingénieurs qualifiés ; certains estiment même que Beijing sera plongé “dans l’obscurité” après un éventuel retrait.

A dire vrai, la Chine a moins besoin de Google que l’inverse. Par conséquent, à la question opposée – Google peut-il survivre sans une implantation en Chine ? – la réponse raisonnable devient oui.

Stratégiquement parlant, il y a une ribambelle d’arguments démontrant que le mammouth technologique de Mountain View, en Californie, adopte une approche erronée dans la résolution de son énigme chinois. Certains de ces arguments sont spécifiquement endogènes à l’entreprise, tandis que d’autres sont plus variés dans leur nature et étroitement inhérents au macro-environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Google ne divulgue ni la taille ni la rentabilité de ses activités en Chine, mais on peut déduire, au vu des 400 millions d’internautes chinois, que Google.cn – son portail local – contribue à une bonne partie de son profit global.

Évaluer la portée des activités de la société en république de Mao implique non seulement la prise en compte des revenus de ses métiers de base, mais aussi les activités accessoires de joint-ventures en Asie et ses propres initiatives commerciales.

L’entreprise ne peut ignorer l’énorme vache à lait que représentent les internautes chinois et la prééminence concurrentielle qu’une présence locale peut offrir. La récente annonce de Google de déplacer ses serveurs du sous-continent à Hong Kong et de mettre fin à sa censure des recherches présente une anicroche à la stratégie commerciale de l’entreprise car Google a besoin d’être en Chine pour gagner sur le marché chinois, même si des pratiques iniques continuent d’alimenter le climat économique du pays.

Par conséquent, Ed Burnette a raison de réitérer ce point de vue.

Il est capital de reconnaître que les pratiques économiques de la Chine sont loin d’être équitables et que son système sociopolitique peut parfois être antithétique aux paradigmes usuels  dans d’autres parties du monde. Que la Chine ne soit pas une démocratie est aujourd’hui un lieu commun, mais de nombreuses sociétés de l’indice Fortune 100 sont désireuses de botter en touche les préceptes fondamentaux de la liberté d’expression et d’ouvrir des filiales chinoises.

Les facteurs géostratégiques au niveau macro-économique sont ceux auxquels Google devrait faire le plus attention. L’entreprise est un leader dans son secteur d’activité et possède de solides alliés au sein de l’administration Obama – Andrew McLaughlin, son ancien chef de politique globale, est actuellement l’adjoint au chef des services informatiques des Etats-Unis. Pourtant, une société, quelle qu’elle soit, ne peut représenter un acteur stratégique majeur dans le continuum beaucoup plus vaste et complexe des relations États-Unis – Chine.

Les politiciens sont très économiques avec la vérité lorsqu’il s’agit de la Chine. Même s’ils utilisent parfois la rhétorique diplomatique pour décrier les dérives chinoises contre la démocratie et les questions relatives à la liberté d’expression, ils sont tous muets lorsqu’il s’agit de coupler les affaires et l’éthique.

Ils ne doivent pas être nécessairement blâmés car il y a une variété d’éléments sibyllins qui rentrent en ligne de compte dans les relations transnationales, et les questions bi- ou multilatérales ne sont pas toujours simplistes.

Si Google se retirait du sous-continent, il perdrait des milliards de dollars EU de profits de ses métiers de base et ses activités parallèles. Il perdrait sa position dominante dans l’activité de recherche régionale et ce vide économique attirerait les autres concurrents, qui, en fin de compte, feront éroder sa part de marché globale.

Ce scénario catastrophe est loin d’être un épisode de science-fiction made in Hollywood. Si Google part, les locaux (comme Baidu) et les principaux rivaux comme Bing de Microsoft et Yahoo vont saisir sans aucun doute la manne. Également, les nouveaux arrivants pourront  facilement imiter le modèle de recherche de l’entreprise et tirer parti des réprimandes des autorités locales pour développer leurs activités.

Il y a une longue liste de multinationales occidentales opérant dans le sous-continent en dépit des protestations répétées de militants des droits de l’homme. Pensez à McDonald, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.).

Les dommages collatéraux de Google se remarquent déjà dans la réaction colérique de la Chine après l’annonce du retrait du moteur de recherche ; les médias ont signalé jusqu’à présent que les compagnies de téléphonie chinois délaisseront Google ou Androïde, son nouveau système d’exploitation mobile.

Asymétrie concurrentielle vs. Stratégie d’entreprise : les dangers d’un fossé béant

February 20, 2010 35 comments

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par Marquis Codjia

Dans le passé, les stratèges d’entreprise cherchaient à maximiser la rentabilité globale des firmes en concevant les meilleurs modes opérationnels qui contribueraient à atteindre efficacement les buts recherchés. Une telle stratégie tirait d’ordinaire profit des analogies endogènes d’un marché homogène ou d’une zone géographique, telle que la culture, le paysage législatif, l’uniformité des politiques monétaires ou fiscales, et l’affinité sociopolitique.

Ce système de similitudes était observé en Amérique du Nord entre le Canada et les Etats-Unis, en Europe de l’ouest avant l’Accord de Schengen qui préconisa une intégration économique plus élevée dans la fédération européenne, et au Japon dans son fief économique et géopolitique asiatique. Il s’était révélé très avantageux pour nombre de compagnies parce que la proximité stratégique leur permit d’avoir des coûts d’exécution plus bas et une rentabilité plus élevée.

De nos jours,  la globalisation et sa cohorte d’incertitudes rééquilibrent le paysage économique et penchent la balance stratégique dans des directions surprenantes. La globalisation force les compagnies à passer en revue leurs pratiques tactiques en raison des difficultés d’exécution inhérentes dans les environnements transculturels.

Tactique ne doit pas être confondue avec stratégie. La première traite en détail des procédés établis par la dernière afin de réaliser les objectifs définis.

La nécessité de contrôler et d’instiller un grain d’homogénéité dans le marché global a forcé les gouvernements occidentaux – principalement – à fonder des structures qui promouvraient des mesures antiprotectionnistes et une plus grande coordination législative dans les affaires internationales. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’ALÉNA ou Accord de libre-échange nord-américain, et la Zone Euro sont des exemples de tels établissements ou zones.

Bien que ces organismes internationaux aient aidé à rendre le libre-échange capitaliste le dogme préféré dans les échanges globaux, ils se sont avérés inefficaces dans l’instauration d’un environnement économique commun dans lequel les sociétés peuvent opérer la même stratégie pour réaliser leurs buts à travers des zones ou des marchés géographiques.

Cet échec est dû à la kyrielle complexe d’événements qui ont lieu quotidiennement dans l’arène globale et qui contraignent les chefs d’entreprise à inclure de nouveaux facteurs dans leurs matrices stratégiques.

Une matrice stratégique indique comment une entité peut efficacement atteindre la rentabilité en juxtaposant des facteurs tels que l’emplacement du magasin, les modes opératoires, l’offre de marchandises ou de services, la politique de prix, l’ambiance dans le magasin et le service-clientèle, et les méthodes promotionnelles.

Ces nouveaux facteurs sont divers et complexes; par conséquent, une liste analytique approfondie ne pourrait être le propos de cet article. Quelques tendances émergentes se rapportent à la vente en ligne, une présence publique plus élevée, l’activisme d’actionnaire, les transactions militaires avec les fournisseurs nationaux ou étrangers, les effets de terrorisme et de guerre, et les questions de propriété intellectuelle.

Les chefs d’entreprise regroupent habituellement certaines de ces questions dans plusieurs fonctions internes : gestion de risques, relations avec le gouvernement, questions de régulation, vente, ressources humaines, etc., et les résolvent à des échelons plus élevés seulement lorsque leur énormité exige une prise de décision à haut niveau.

Cette approche est incorrecte parce qu’elle ne tient pas compte de l’origine systémique de la stratégie d’entreprise et le fait qu’elle doit inclure tous les risques et objectifs de l’organisation pour être réussie. Les menaces citées précédemment sont complexes et diverses, et elles changent habituellement les équilibres de marché en permettant, par exemple, à de petites sociétés de concurrencer des plus grands rivaux sur des marchés qu’elles n’auraient pas pu pénétrer auparavant.

C’est la raison pour laquelle je qualifie ce nouveau phénomène d’«asymétrie concurrentielle».

De nombreux articles de journaux illustrent le phénomène d’asymétrie concurrentielle dans le marché. Des marques de luxe occidentales sont de nos jours confrontées à la concurrence féroce de contrefaçons fabriquées en Chine, alors que les mammouths pharmaceutiques américains comme Pfizer et Johnson & Johnson assistent impuissamment à la métamorphose de leurs médicaments d’origine en génériques venant d’Inde. Un autre exemple est la confrontation entre l’actionnaire activiste Carl Icahn et la direction de Time Warner, lequel demandait un changement de stratégie de l’entreprise ou de la structure d’organisation (désinvestissement de segment, fusion, acquisition, etc.).

D’autres exemples incluent la plainte de Boeing auprès de la Cour des Comptes des États-Unis après avoir perdu un contrat de ventes d’armes à l’armée américaine au profit de Northrop Grumman Corp. et l’européen EADS, ou encore la bataille judiciaire durant 8 ans entre McDonald et le restaurateur malaysien McCurry au sujet de l’utilisation illégale de la marque déposée « Mc ».

Ces occurrences sont évidemment délétères pour la plupart des sociétés dans l’hémisphère occidental parce que cette rivalité asymétrique les prive des bénéfices que leurs investissements en R&D auraient dû leur procurer sur une longue période. La menace vient principalement des pays sous-développés et émergents parce que les marchés européens, américains et japonais maintenant matures n’offrent plus des perspectives maximales de croissance et jouissent d’un environnement légal qui annihile toute velléité de malfaisance en matière de propriété intellectuelle.

Les grandes compagnies ne peuvent pas sous-estimer l’importance de ces nouveaux phénomènes parce qu’elles peuvent non seulement perdre leur part de marché interne mais aussi assister à l’érosion de leurs bénéfices sur ces marchés internationaux où les taux de croissance sont plus soutenus.

Je finirai avec quelques questions de géoéconomie : comment la colère récente de Google  contre la Chine affectera la stratégie de l’entreprise étant donné que 300 millions d’utilisateurs chinois constituent une niche non négligeable? Que pourrait-on dire de sa stratégie globale en Asie? Les affaires prendront-elles le dessus sur la politique? La sortie potentielle de Google du marché chinois propulsera-t-elle son rival Baidu au premier rang chinois et mondial? Comment cela affectera la stratégie de l’entreprise pour le lancement d’autres produits dans un pays d’environ 1.3 milliard de clients potentiels? Comment ceci affectera la rentabilité globale de Google ?

Redéfinir le risque dans l’entreprise

February 16, 2010 42 comments

Une nouvelle typologie de risques décime peu à peu la rentabilité des entreprises en ces temps de crise économique. Même si ces risques pris individuellement peuvent etre gérés avec une relative efficacité, divers paradigmes de gestion de risque doivent être mis en œuvre pour limiter leur impact cumulé défavorable.

par Marquis Codjia

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Un facteur important dans la gestion des affaires de l’entreprise se situe non seulement dans les complexités de l’environnement externe et de ses impacts potentiels – délétères ou favorables – sur la rentabilité de la firme mais également dans les facteurs endogènes à l’entité. Les sociétés doivent procéder en permanence à une évaluation panoramique de tous les éléments qui font partie de leur « chaîne de qualité », à savoir l’ensemble des chaînes d’approvisionnements, des canaux de distribution et de leur parts de marché.

L’incertitude reste au cœur de toute idée d’affaire. L’aspect aléatoire est le facteur marquant de toute entreprise qui se veut à but lucratif. Les décideurs sont prompts non seulement à rechercher les meilleurs ingrédients du succès stratégique mais aussi  systémiquement dénicher les modes de fonctionnement au meilleur rapport qualité-prix qui intensifieront de manière pérenne la valeur financière et la compétitivité globale de la firme.

L’incertitude peut être considérée comme une dichotomie inhérente aux décisions quotidiennes se rapportant à l’utilité et au hasard ; en d’autres termes, l’incertitude est l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des cadres d’entreprise qui leur demande sans cesse s’ils prennent les bonnes décisions et si ces décisions engendreront les meilleurs résultats.

Avoir des bons résultats est indispensable au succès économique de la firme à court terme; cependant, prendre de bonnes décisions est incontournable pour la réussite stratégique à long terme de la plupart des sociétés parce qu’un environnement ergonomique qui stimule structurellement l’apparition des meilleures idées et des procédures les plus efficaces positionne inéluctablement ces entités pour un avantage certain dans l’équilibre concurrentiel.

Les présentes études afférentes au risque soulignent que celui-ci peut se décliner de deux manières : aléatoire et épistémique. Le risque aléatoire se rapporte à une situation de pure chance pure tandis que le risque épistémique est une situation de conflit dont la résolution dépend du seuil d’expérience du décideur et de son jugement. Le dernier risque se retrouve d’habitude dans les rapports entre agents économiques alors que le premier résulte plus de la probabilité. Par exemple, Tony Merna and Faisal F. Al-Thani (2008, page 14) ont qualifié d’aléatoire la découverte du Viagra parce que cette pilule était à l’origine prescrite pour l’angine mais se serait avérée pendant les tests cliniques comme un bon médicament contre l’impuissance sexuelle chez les hommes.

Les spécialistes du risque d’entreprise doivent concevoir continuellement un cadre structuré pour traiter systémiquement les aléas du risque à tous les niveaux du continuum stratégique, tant au niveau supérieur que subalterne. L’incertitude est une pièce maîtresse indissociable du monde des affaires; donc, le risque ne peut jamais être intégralement supprimé. Ceci rend considérablement importante la présence d’un mode opératoire sûr qui accorde une prééminence à la détection, l’analyse et la réduction de tous les risques dans l’entreprise.

Un seul cadre de gestion de risque adapté à tout type de risque

(Risk chart courtesy Astral Computing, Inc.)

L’on rencontre de nos jours divers risques dans le monde des affaires, aussi bien en interne qu’en externe, selon le secteur économique, l’état du marché et la position concurrentielle (monopole ou oligopole, monopsone ou oligopsone, ou concurrence parfaite), ainsi que la direction stratégique que les dirigeants de la firme sont disposés à opérer.

Pour nombre de chefs d’entreprise, la typologie de risque conventionnelle se décline en trois secteurs principaux qui sont quintessentiels aux processus d’affaires, à la rentabilité financière et à la viabilité monétaire: risques opérationnel, de marché et de crédit. Ces risques ont été redéfinis par les normes bancaires Bâle II bien que les préceptes de ce dernier corpus législatif peuvent être appliqués efficacement à n’importe quel secteur économique.

Le risque opérationnel se situe dans l’exécution des processus fonctionnels d’une compagnie et couvre ainsi une envergure incroyablement grande de fonctions, des processus internes aux ressources humaines en passant par les systèmes informatiques. Un exemple de risque opérationnel est le vol d’information ou le détournement de fonds.

Le risque de crédit est le risque que l’emprunteur ne rembourse pas un prêt ou une ligne de crédit pour cause de faillite ou de problèmes de solvabilité provisoires (l’épithète « risque pays » est préférée quand l’emprunteur est un pays ou une entité souveraine).

Le risque de marché est le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des instruments financiers (cours des actions, taux d’intérêt, devises étrangères et cours des matières premières), lesquelles peuvent avoir individuellement ou collectivement un effet pécuniaire défavorable sur un investissement social ou un portefeuille de courtage.

Un autre risque – risque politique – est présent dans l’environnement externe d’une entreprise et émerge simultanément lorsque celle-ci s’engage dans la sphère internationale. Ce risque de perte financière résultant d’un changement dans le paysage politique d’un pays explique, en partie, pourquoi beaucoup de pays sous-développés reçoivent un montant réduit d’investissements directs étrangers.
Gérer de nouveaux risques

Admettre que le risque constitue le talon d’Achille de l’entreprise rend plus aisée la thèse qu’un programme efficace de gestion de risques est essentiel pour éviter des pertes d’ordre financier ou de réputation. Le département de risque doit se munir d’outils efficaces afin de détecter, analyser et atténuer ou supprimer les risques potentiels à tous les niveaux de la firme, et le risk modeling par simulation informatique s’est avéré efficace pour dessiner le « nuage de risque » de l’entreprise. Chapman et Ward (1997, page 169, anglais) identifient aussi plus en détail huit phases dans le processus de gestion de risques : définir, focaliser, identifier, structurer, s’approprier, estimer, évaluer et planifier.

Il existe à l’heure actuelle une ribambelle complexe de méthodes et de systèmes de contrôle de risques, et cette liste est corrélativement associée à l’importance de certains événements fondamentaux (élevée, moyenne, basse). Elle peut dépendre aussi de l’intervalle de confiance dans lequel certains événements peuvent être évalués (Lifson et Shaifer, 1982, page 133, anglais).

De nouveaux types de risques ont été découverts ces dernières années, même si à l’heure actuelle ceux-ci sont étrangement ignorés ou sous-estimés par les spécialistes du risque ou les universitaires. Bien que certaines de ces menaces aient été dépistées avec un relatif succès dernièrement, leur augmentation stratosphérique dans la dernière décennie et le ravage financier qui en découle les ont catapultées dans la catégorie « haut risque ».

Ces risques sont : activisme d’actionnaire, risque de réputation, risque de régulation.

Tony Merna et Faisal F. Al-Thani (anglais) démontrent que l’univers entier des risques peut être divisé en 3 sections : risques connus, risques inconnus, et les « inconnus inconnus ». Cette dernière catégorie est d’importance capitale dans l’analyse courante parce qu’elle regroupe les nouvelles menaces précitées.

L’activisme d’actionnaire, autrefois épiphénomène, s’est transformé récemment en une activité plus fréquente et potentiellement délétère dans le paysage économique. Naturellement, la nocivité ici se mesure du point de vue d’un dirigeant de société dont les programmes d’action peuvent être potentiellement défaits par les activistes extérieurs.

Ce type d’activisme utilise les capitaux investis dans la société pour faire pression sur sa gestion et pour atteindre les buts et les stratégies propres  aux actionnaires activistes. Bien que la création de valeur soit un crédo important pour les chefs d’entreprise, les activistes ne poursuivent pas nécessairement une communauté d’intérêts avec d’autres actionnaires ou dirigeants sociaux. La dichotomie surgit parce que le premier groupe poursuit  d’habitude des objectifs pécuniaires à court terme alors que le dernier groupe vise des buts stratégiques à plus long terme qui augmenteront la part de marché et le statut concurrentiel de la firme.

Un facteur qui augmente le risque d’activisme est l’observation économique qui montre qu’’il est relativement bon marché, du point de vue de l’investisseur, de lancer une campagne fructueuse avec peu de moyens (entre 5 et 10 % de participation) – comparée à d’autres entreprises plus coûteuses de restructuration dans la sphère économique. Dans la pratique, l’activisme d’actionnaire peut se décliner en plusieurs formes: batailles judiciaires, campagnes de publicité, résolutions d’actionnaires, litiges, et négociations avec les dirigeants.

Carl Icahn et T. Boone Pickens, milliardaires américains, se sont montrés experts dans l’art de provoquer un changement au sein des sociétés-cibles et ont amassé des profits gargantuesques une fois que la fusion, l’acquisition,  ou le changement désiré est accompli(e). M. Icahn a utilisé son excellent sens des affaires, sa pensée stratégique et son chéquier énorme pour créer Le rapport d’Icahn, (anglais) une ressource pédagogique efficace pour promouvoir ses vues sur le gouvernement et les sujets économiques.

Du point de vue de l’entreprise, les risques de cette catégorie peuvent être extrêmement préjudiciables parce qu’un chamboulement dans le conseil d’administration ou une prise de contrôle abrupte peut, sans l’ombre d’un doute, dérailler les buts à moyen et long terme des dirigeants, ce qui en retour peut affecter la rentabilité et la part de marché de la firme à cause des millions de dollars en procès et en campagnes de relations publiques.

Le risque de réputation surgit quand des événements défavorables affectent la marque, l’image sociale et la part de marché d’une entreprise commerciale en raison d’actions entreprises par les médias, les employés, la direction, et les structures gouvernementales ou les autorités de tutelle (le dernier groupe est la source du risque de régulation).

Les dirigeants de société doivent traiter les risques mentionnés ci-dessus  différemment des risques ordinaires à cause de leur intense asymétrie (coûts minimes mais dommages financiers importants). Il est clair qu’ils doivent appliquer les préceptes du meilleur dogme des pratiques de gestion de risque: valeur actuelle, états financiers, retour sur investissement mais aussi options et code de gouvernement (Damodaran 2006 anglais).

En plus d’une solide infrastructure informatique visant la réduction des risques, les entreprises  doivent créer un nouveau poste consolidé, fonctionnant sous l’égide du Chief Risk Officer pour traiter synergiquement des zones d’incertitude. Ce rôle doit avoir la responsabilité globale du développement et de l’exécution d’un cadre détaillé de gestion des risques et pourra conseiller les directeurs sur des meilleures pratiques de gouvernance. La future rentabilité de l’entreprise en dépend.

Actu mondiale en boucle…

February 9, 2010 1 comment

Le chef du gouvernement hexagonal François Fillon vient de clôturer une réunion ministérielle concernant le debat sur l’identité. Beaucoup de français essayent toujours de comprendre pourquoi Sarkozy et son gouvernement ont choisi de se concentrer sur un sujet aussi éthéré et flou aux dépens de questions plus préoccupantes tels que le chômage, les retraites, la Crise en Grèce, les délocalisations, etc.

Pendant ce temps, l’Angleterre se demande si elle doit confier le capitanat de son équipe nationale à un footballeur embourbé dans un scandale sexuel. Vu les dernières performances des « Three Lions », le sélectionneur national Fabio Capello aura peut etre besoin de tous les « talents » disponibles si l’équipe veut aller plus loin en Afrique du Sud cette fois-ci.

Surprise, surprise ! Ce weekend, le président américain a déclaré à la journaliste de CBS Katie Couric que sa stratégie de lutte contre la terreur n’était pas différente de celle du gouvernement Bush. Réponse un tantinet surréaliste venant de l’«agent du changement ».

Quelle attitude le Président américain et la communauté internationale adopteront-ils face à la montée de la propagande nucléaire iranienne? Nous verrons jusqu’où les mots suivront la diplomatie et si/où  d’autres mesures prendront le relais.

Alan Greenspan: L’Amérique pourrait connaître une déchéance…

February 7, 2010 Leave a comment

Alan Greenspan, l’ancien directeur de la Réserve Fédérale, a déclaré ce dimanche sur la chaîne NBC que la maitrise de certains amortisseurs sociaux comme la sécurité sociale était essentielle à la prospérité à long-terme de l’Amérique.

L’ex-grand argentier était l’invité de l’émission dominicale « Meet The Press » de NBC et a offert un avis mitigé sur la relance économique, et prédît que « le chômage restera entre 9 et 10% » cette année.

La prédiction la plus extraordinaire de Greenspan fut d’affirmer que l’Amérique pourrait connaître une déchéance et perdre son statut de grande puissance si elle ne mettait pas d’ordre dans sa fiscalité.

Il serait intéressant de voir dans quelle mesure l’ex-banquier central a pu promouvoir cette mantra de contrôle fiscal durant ses 19 ans passés à la direction de la Fed, lui dont (selon certains commentateurs) les politiques monétaires de taux réduits sont à la base de la crise de crédit actuelle.

DOSSIER SPÉCIAL – L’art de l’espionnage économique : pourquoi la Chine écrase la suprématie globale de l’Amérique

February 7, 2010 38 comments

Les conflits dans la sphère numérique constituent de  nos jours un domaine important de planification stratégique où des nouveaux colosses militaires utilisent des armes de combat asymétriques pour contrecarrer ou estropier la capacité des puissances établies. Cet article explore l’investissement informatique massif de la Chine au regard de ses relations géopolitiques avec les États-Unis.

par Marquis Codjia

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Les spécialistes d’historiographie moderne ont longtemps fait remarquer qu’un segment essentiel dans l’étude de l’évolution humaine est inextricablement lié à la compréhension basique que les sociétés passent à travers le prisme cyclique de la création, du progrès et du déclin. Une telle fréquence dans l’évolution sociale n’est pas simplement une conséquence des facteurs endogènes ; elle résulte également de l’impact de l’environnement externe, qu’il soit proche – groupes voisins rivalisant pour les mêmes ressources –  ou éloigné – en tant que partie d’un grand espace géographique.

L’histoire nous enseigne une autre vérité fondamentale, principalement dévoilée dans les sciences sociales : les hommes sont, par essence, enclins à croire au danger de l’inconnu, la crainte que l’incertitude – lorsqu’elle est présente dans la vie – apporte un niveau intolérable de complexité dans la gestion des activités quotidiennes. Les économistes, et en général les sociologues, attribuent le mot « risque » à cette anxiété.

Nous côtoyons le risque au quotidien. De la naissance à la mort en passant par l’épisode terrestre appelé vie, les hommes entretiennent un rapport sophistiqué avec le risque et l’utilisent comme un catalyseur puissant pour promouvoir leurs intérêts. Nous appréhendons l’inconnu pas simplement en termes temporels – par exemple : que sera demain? – mais également en termes plus pratiques et plus présents, c’est-à-dire, qu’est-ce qui se passe aujourd’hui?

En évaluant la rectitude de nos décisions journalières, l’analyse de l’environnement dans lequel nous vivons prend une importance critique. Là émerge alors la nécessité de savoir, comprendre et agir sur une variété d’inconnues qui composent notre réalité écosystémique. Les voisins font partie de cette réalité.

L’observation incontestable que les humains sont des `animaux sociables‘ implique une vie humaine communautaire, ce qui en retour présuppose un partage des intérêts, des destins et de la géographie. Nous partageons nos vies avec des voisins, d’autres humains que nous ne connaissons pas fondamentalement et que nous croyons différents de nous. Les voisins, en philosophie continentale, sont ‘autrui’ par opposition à `soi’. Les voisins sont différents, et par conséquent, ils doivent être dangereux à notre existence même, d’où la citation «l’enfer c’est les autres » (Jean-Paul Sartre).

En conséquence, notre désir de connaître `autrui’ et ce qu’il entreprend nous force à être constamment en mode de questionnement: ergo, nous recourons à l’espionnage. L’espionnage est enraciné dans des instincts humains de base, du berceau à la tombe. D’abord, nous imitons nos parents, puis nos connaissances et plus tard nos voisins. Dans cette quête de connaissance, les humains s’espionnent résolument dans une course effrénée au pouvoir. Une fois qu’ils déterminent avec un degré de confort raisonnable la force du voisin, la tendance accablante est d’égaler cette dernière, de la surpasser, de l’annihiler, ou de la maintenir à un niveau politiquement acceptable, ou d’employer une combinaison de toutes ces options si le continuum socio-historique des événements l’exige.

Sans aucun doute, la nécessité de contrôler la situation militaire et économique des voisins est le dogme quintessentiel, quoique dissimulé, de la géopolitique moderne. Les différences doctrinales peuvent abonder, mais une analyse studieuse des événements contemporains démontre clairement que les guerres et autres crises humaines se sont historiquement avérées de bons stratagèmes pour rééquilibrer l’état des forces en présence dans le voisinage, ou plus précisément, dans les zones géographiques. Les crises, les faits l’ont montré, promeuvent l’innovation et la qualité de vie.

L’espionnage n’est pas une discipline récente de la science politique. Il a été un élément caractéristique de l’histoire humaine pendant les 2.000 dernières années et bien avant. Au cours de l’histoire, les nations ont connu des épisodes d’apogée et de déclin grâce à leur capacité à réunir des renseignements sur leurs rivaux et à utiliser ce corpus de connaissance pour acquérir un avantage concurrentiel.

L’histoire suggère également que les sociétés qui sont réticentes à enquêter sur leur environnement externe, et par conséquent, ont un nombre sensiblement inférieur d’interactions exogènes – qu’elles soient cordiales ou belliqueuses – avec d’autres groupes humains ont connu un affaiblissement avec le temps.  La fréquence élevée des guerres entre les nations du Vieux Continent explique la supériorité relative que l’Europe a exercée, par exemple, sur les  Amérindiens et les Africains dans les siècles passés, d’abord par le biais de l’esclavage et ensuite la colonisation.

L’espionnage est ancré dans la vie moderne

Après deux guerres mondiales atroces, d’innombrables conflits de taille moyenne et une dogmatique guerre froide entre le capitalisme et le communisme, les dirigeants politiques et militaires semblent avoir finalement mesuré l’idiotie des conflits mortels à portée  planétaire. La notion de `détente‘, c’est-à-dire, le réchauffement des rapports inter-états dans la phraséologie politique, donne aux nations l’assurance imaginaire qu’elles peuvent toutes coexister pacifiquement et un conflit important est susceptible d’etre prévenu si une grande coopération entre les sociétés anéantit les velléités belliqueuses.

Accepter qu’il existe une détente permanente dans le paysage géopolitique courant est une illusion optique parce que cela va à l’encontre du désir humain de constamment surveiller le voisin dans le but de le connaître ou le dominer, sinon l’annihiler. Ceci peut être très facilement illustré dans les cas où des espions sont interpellés sur des territoires prétendument amicaux. Prenez l’exemple des agents israéliens du Mossad arrêtés aux Etats-Unis pour cause d’espionnage.

Le b.a.-ba  de l’espionnage d’état moderne  se situe dans un mécanisme sophistiqué et complexe que toutes les nations, et singulièrement les superpuissances globales, ont inventé pour effectuer la collecte de données et mettre en œuvre des activités de surveillance en temps de paix. Les ambassades, avec leurs bureaucraties massives, leurs technocrates spécialisés et leur inviolabilité diplomatique, sont prépondérantes dans ce mécanisme. Elles sont essentielles dans le suivi de la dynamique sociale du pays d’accueil et en retour envoient des rapports à leurs gouvernements respectifs. En clair, une ambassade est, de jure, un étranger devenu voisin.

Ensuite viennent les organismes supranationaux qui peuplent la sphère politique, sociale et économique globale. Leurs représentations locales et les études périodiquement commanditées peuvent également servir des objectifs d’espionnage. Enfin, les agences d’aide et les soi-disant « organismes humanitaires » sont incontournables dans le dispositif de suivi des progrès socio-économiques des soi-disant « pays sous-développés ». Ce n’est pas un hasard que les grands pays de la sphère développée n’acceptent pas d’habitude des programmes d’aide provenant de leurs riches alliés à moins que des circonstances douloureuses extraordinaires démontrent qu’un tel refus serait politiquement intolérable.

Nombre d’études stratégiques et d’articles dans la littérature économique moderne comportent des sujets se rapportant au Japon, et à un degré moindre, à la capacité des dragons d’Asie d’user de l’espionnage économique à la fin de la deuxième guerre mondiale pour surpasser des puissances concurrentielles telles que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La nécessité de suivre et de contrôler la reconstruction économique du continent, et l’effroi d’une dominance éventuelle de la Russie communiste, a également mené les Etats-Unis à mettre en application le Plan Marshall en Europe de 1948 à 1952.

L’espionnage sert plus les firmes privées que les armées

Un mythe notable de nos jours est que l’espionnage demeure principalement la chasse gardée des stratèges militaires et des armées nationales. Les preuves émanant des publications économiques de premier plan, des études gouvernementales, et des rapports universitaires poussés ont clairement expliqué le rapport de causalité entre la rentabilité économique et l’existence d’un dispositif d’espionnage efficace. Autrement dit, les gouvernements, en temps de guerre ou de paix, tendent toujours à transférer les renseignements collectés à leur tissu industriel national.

En conséquence, le complexe militaro-industriel bénéficie considérablement du renseignement et les prérogatives qui en découlent sont alors disséminées dans d’autres secteurs du tissu économique. Par exemple, il serait assez compréhensible qu’une société comme Boeing, dont une partie substantielle du chiffre d’affaires provient des contrats gouvernementaux et de la vente d’avions militaires, soit plus informée de certaines activités névralgiques du renseignement américain qu’un mammouth financier comme Citibank.

Nonobstant, les entreprises ont profité également de leur influence économique gargantuesque pour s’investir dans des activités de collecte d’information réussies. La pléthore d’outils disponibles de nos jours aux dirigeants d’entreprises est étonnamment  sophistiquée et efficace. Même si elle n’est pas exhaustive, une bonne analyse de tels outils doit plancher sur leur source et leur degré d’interconnexion macro-économique.

D’une part, les mécanismes externes permettent aux entreprises de recueillir au niveau macro-économique des données sur les concurrents et d’ourdir des stratagèmes visant à contrecarrer ces rivaux, augmenter leur propre part de marché, ou les deux. Lorsqu’elles partagent une communauté d’intérêts dans un marché donné ou sont dans une situation oligopolistique, les firmes sont plus enclines à unir leurs efforts si, évidemment, le rapport de risque-profit d’un investissement en solo n’est pas immensément supérieur à celui d’une participation en groupe. La collusion tacite, c’est-à-dire le cas où deux sociétés acceptent d’adopter une certaine stratégie sans le dire explicitement, est une parfaite illustration du partage de renseignement économique.

En pratique, les sociétés interviennent dans l’espionnage économique par le truchement des sections économiques des ambassades, des chambres de commerce, des groupes de pression, des associations professionnelles, des études détaillées de consultants, et des subventions accordées aux instituts de recherche. Concurremment, elles se protègent  contre les risques de perte imputables à des fuites de données en soutenant massivement la législation afférente à la protection de la propriété intellectuelle.

D’autre part, une approche interne sophistiquée permet aux compagnies de rester à la pointe des dernières innovations dans leur secteur d’activité. En premier lieu, elles embauchent dans leurs conseils d’administration ou à des postes supérieurs des anciens hauts fonctionnaires de l’état et des hauts gradés militaires qui ont accumulé des expériences uniques lors de leurs mandats professionnels.

Ce modus operandi est immensément salutaire pour l’entreprise qui recrute parce qu’un ancien ministre, un ancien membre du Congrès ou un général quatre étoiles, peut posséder une profondeur d’expérience et une connaissance des sujets passés, présents et futurs qui est considérablement plus valable que des rapports d’experts externes.

En second lieu, les départements de renseignement économique et les commissions gouvernementales accomplissent également des fonctions de recueil d’information par le biais de la recherche, des groupes de pression et des corporations industrielles.

Cyber-guerre, la nouvelle guerre froide

À l’heure où la planète devient technologiquement plus interconnectée, de nouveaux outils et modes opératoires  deviennent accessibles aux gouvernements et aux intérêts privés dans leur collecte de renseignements. Ces outils et procédures sont une combinaison complexe de vieilles et de nouvelles procédures qui pénètrent simultanément les fondements militaires, économiques et sociaux des pays en vue d’en extirper des données précieuses.

Les experts en défense qualifient d’« armes cybernétiques » ces nouveaux outils de conflit asymétriques. En raison des nombreuses ramifications qu’il présente et la double tâche (attaque et défense) qu’il peut accomplir lorsqu’il est ordonnancé d’une certaine manière, j’appelle ce groupe d’armes « appareil de cyber-guerre moderne » (en anglais, Modern Cyber-warfare Gear ou « MOCYG »)

MOCYG, à l’heure actuelle, se réfère à l’utilisation offensive de diverses techniques pour écloper l’infrastructure d’un pays, perturber ses systèmes militaires et financiers dans le but d’amoindrir sa défense et l’intégrité de sa base de données économiques, ou d’accomplir d’autres objectifs nuisibles basés sur les motivations et la stratégie de l’attaquant. Les spécialistes en sécurité et les chercheurs militaires ont classé ces techniques en 5 groupes principaux : intrusion informatique, tactiques virales par Internet, attaque de réseaux et logiciels informatiques, piratage et espionnage.

La puissance singulière de la cybercriminalité se situe dans sa nature apatride, le fait qu’elle peut être économiquement contrôlée et déployée, et les amples dégâts qu’elle peut exercer. Etant donné le vide juridique créé par les techniques cybernétiques, nombre de nations se précipitent pour légiférer en la matière de sorte à poursuivre les contrevenants, quoique les criminologues estiment que de telles entreprises législatives s’avèrent en grande partie inefficaces à l’heure actuelle.

Un cas de cybercriminalité notoire s’est produit en Estonie en 2007 où plus d’1 million d’ordinateurs, basés prétendument sur des serveurs russes, ont été utilisés pour bloquer  simultanément des sites internet du gouvernement, des entreprises et des médias avec un mode opératoire digne d’une tactique militaire. Cette attaque a fini par coûter des dizaines de millions de dollars EU aux autorités de Tallinn.

La Chine, un cyber-géant en gestation

Les tendances socio-économiques haussières en République Populaire de Chine sont bien connues dans le monde entier et couvertes à l’envi dans les médias occidentaux. Il en est de même pour l’intérêt spécial que les autorités chinoises accordent à la démocratie et aux droits de l’homme ainsi que leur souhait manifeste de jouer un plus grand rôle géopolitique dans des affaires planétaires.  Cependant, la douce révolution qui se passe dans le pays de Mao Zedong trouve ses racines dans les investissements éducatifs massifs qui catapulteront la Chine dans la ligue des géants technologiques, tout près des États-Unis et du Japon. Vu la vastitude de telles dépenses académiques, les autorités chinoises doivent croire qu’un avantage concurrentiel important peut être acquis dans le domaine technologique et un tel avantage peut être converti ou transféré dans d’autres secteurs d’une économie en pleine expansion.

Les sinologues occidentaux de premier plan et autres spécialistes surveillent étroitement ces évolutions académiques parce qu’ils comprennent l’argument de base que la future dynamique géopolitique sera inextricablement liée à la capacité des Chinois à utiliser l’outil technologique pour amorcer leur éventuelle « pénétration globale ».

Cette tactique est futée parce que, pendant qu’elle forme ses futurs ingénieurs dans des institutions prestigieuses comme l’Université des Sciences et Technologies de Hefei, l’Institut de Technologie de Harbin, l’Université de Pékin et l’Université de Tsinghua, la Chine revêt parallèlement d’un voile secret ses systèmes informatiques et sa cyber-infrastructure. Le pays est peut-être connu aujourd’hui pour ses violations notoires de propriété intellectuelle, mais il se prépare discrètement pour la supériorité technologique future que ses aspirations expansionnistes peuvent exiger.

La Chine étudie également à l’heure actuelle les moyens dont elle dispose pour discerner les outils de synergie dernier cri qui peuvent servir dans ses services gouvernementaux en attendant qu’elle amorce son « économie de la connaissance ». Les autorités accordent une importance capitale à cet effort de coordination parce que celui-ci ajoute un autre niveau de centralisation à une structure étatique établie autour du dogme du pouvoir consolidé.

Plus spécifiquement, les dirigeants communistes ont rassemblé d’éminents experts de  technologie et des domaines auxiliaires pour édifier synergiquement la future cyber-infrastructure qui marquera solidement l’entrée de la Chine dans le paysage numérique. Cette tâche est colossale, et l’immensité de ses implications exclut évidemment une granularité dans l’analyse. Plusieurs centaines de milliers d’ingénieurs informaticiens, regroupés dans des commissions ad-hoc, des cercles de réflexion et des centres  stratégiques, constituent l’épine dorsale de cette armée numérique émergente.

Ils fonctionnent sous l’égide de brillants spécialistes dont le patriotisme et l’expertise sont inégalés à un tel niveau de pouvoir; ce groupe inclut Liang Guanglie, Wan Gang et Li Yizhong. Le premier est le ministre actuel de la défense qui agit de concert avec l’Armée Populaire de Libération et la Commission Militaire Centrale pour contrôler la plus grande armée au monde (ca. 3 millions d’individus) et surveiller son évolution stratégique.

Le second est à la tête du Ministère de la Technologie et des Sciences et est expert en ingénierie mécanique. Le troisième est le ministre de la Technologie, de l’Industrie et de l’Information, une position importante pour le développement des systèmes informatiques du pays.

Investissements informatiques minorés aux États-Unis

Armée de ce superbe appareil de cyber-sécurité, la Chine semble gagner la guerre cybernétique globale en cours ou est en passe d’y acquérir une position dominante significative. D’une certaine manière, le pays n’est pas une superpuissance naissante comme les analystes et les spécialistes en science sociale occidentaux voudraient la qualifier. Il est déjà une superpuissance, dans l’acception la plus étendue du terme.

Le terme de « superpuissance naissante » est actuellement préféré dans la littérature universitaire et économique et aussi bien dans le jargon médiatique parce qu’il est plus politiquement agréable aux sensibilités de l’élite et à d’autres classes citoyennes dans les économies traditionnellement influentes (G8) qui craignent les implications psychologiques et sociales d’un accueil de nouveaux colosses dans le club huppé des puissants.

Les experts en sécurité et les hauts cadres militaires aux Etats-Unis s’inquiètent  incontestablement du manque d’investissement informatique de l’Amérique comparativement à la Chine et n’hésitent pas à mettre en exergue les conséquences géopolitiques d’un tel déficit. Ils notent que les innombrables cyber-attaques chinoises et russes constituent les signes avant-coureurs de la « nouvelle guerre froide » du 21ème siècle qu’est la guerre cybernétique.

Il est clair que beaucoup d’attaques cybercriminelles provenant de l’étranger ont ciblé les dispositifs militaires, les complexes électriques, et l’infrastructure financière des pays industrialisés ces dernières années. Pourtant les gouvernements et les forces armées ont à l’heure actuelle une capacité limitée de détecter ou d’infiltrer l’arsenal de l’attaquant, de le contrecarrer, ou d’empêcher de futurs assauts.

Les fonctionnaires du Pentagone et les chefs de file du secteur privé comprennent la menace mais croient que son intensité et sa gravité sont exagérées. Cependant, des statistiques bien fondées de la Cour des Comptes, du Congrès, et des études universitaires indiquent clairement que la locomotive du monde n’a pas montré jusqu’ici la volonté politique nécessaire pour résorber le gouffre numérique dans son infrastructure de cyber-sécurité.

À dire vrai, les politiciens de Washington, les stratèges du Pentagone, et le monde du renseignement  dans son ensemble ont longtemps connu, et compris, la nature de la menace. Cependant, une série d’événements géopolitiques les a forcés à transférer certains sujets dans les calendes grecques budgétaires au crédit des questions de sécurité nationale plus pressantes et facilement décelables pour les électeurs (par exemple : attentats terroristes).

Quelques facteurs expliquent l’incapacité, ou la léthargie budgétaire, de Washington à confronter la menace cybernétique. Primo, il y a le confort géostratégique découlant de la chute de l’Union Soviétique communiste et de l’inertie qu’un unipolarisme global crée habituellement.

Secundo, le dispositif militaire de l’Amérique est actuellement « distrait » par deux guerres et une foule de missions sécuritaires relativement mineures dans le monde. À celles-ci s’ajoute la fameuse « guerre contre la terreur » qui a mobilisé depuis 2001 des ressources colossales pour contrecarrer de nouvelles attaques internes.

« Interne », tel qu’employé ici, indique une zone géographique incroyablement immense parce qu’il regroupe la superficie des États-Unis, ses territoires annexes d’outre-mer, ses missions diplomatiques, ses bases militaires, les organismes transnationaux où l’Amérique détient des intérêts stratégiques significatifs (par exemple : quartier général et bases militaires de l’OTAN), et les innombrables structures humanitaires et religieuses dans le monde.

Tertio, la diversité et l’importance des questions pendantes forcent le gouvernement américain et les dirigeants du Congrès à prioriser leurs efforts budgétaires. La lassitude économique présente empêche une lutte sérieuse contre le désinvestissement en matière informatique parce que le pays est limité au plan pécuniaire et ne peut continuer à imprimer des billets (risque d’inflation ou de dévaluation de la monnaie) ou emprunter à … la Chine.

Un dispositif de protection cybernétique graduellement solide

Malgré la torpeur socio-économique ambiante, l’administration Obama a montré ces 6 derniers mois un fort niveau d’engagement dans la protection de l’actif informatique du pays. Le président américain a nommé fin décembre Howard Schmidt, un spécialiste de sécurité informatique renommé et un ancien directeur de sécurité de Microsoft, en tant que coordonnateur de cyber-sécurité de la Maison Blanche. D’autres nominations de haut niveau ont suivi dans les rangs de l’armée et dans d’autres ministères et organismes gouvernementaux de premier plan tels que les ministères de l’intérieur, de l’économie et des finances, le FBI et la CIA.

Ces efforts semblent être coordonnés et atteignent efficacement leurs buts, de la création d’une grande unité de lutte cybernétique au Pentagone à l’embauche massive d’ingénieurs informaticiens et spécialistes en cyber-sécurité à la CIA et au FBI. Au plan international, la coopération entre alliés est également à l’ordre du jour; les agences d’espionnage états-uniennes sont ainsi en partenariat direct avec leurs homologues  étrangers comme  le MI5 et MI6 de la Grande-Bretagne, le Mossad d’Israël, le Bundesnachrichtendienst (Service de renseignements fédéral, BND) et la Militärischer Abschirmdienst de l’Allemagne (Agence militaire de contre-renseignement, MAD) pour contrecarrer les nouvelles menaces.

Les intérêts privés sont également en phase de préparation. Les entreprises investissent massivement dans leur infrastructure, améliorent les réseaux informatiques, et travaillent en tandem avec des organismes gouvernementaux. Elles accordent également des subventions à des cercles de réflexion et au milieu universitaire pour appuyer leurs démarches.

Cette combinaison d’efforts doit être couronnée de succès parce qu’une absence d’efficacité dans les initiatives de cyber-guerre peut être « fatale » à la suprématie globale de Washington. À en juger par la nuisibilité des attaques cybercriminelles qui ont fait fléchir l’Estonie en 2007, l’hyperbole ne doit pas être écartée dans ce sujet.

Les dernières estimations placent le PIB nominal des États-Unis à presque 3 fois celui de la Chine (14.500 milliards contre $4.500 milliards de dollars EU), mais le taux de croissance important de ce dernier contribue à combler ce gouffre graduellement. Ainsi, beaucoup de prévisionnistes supposent que cela prendra à Pékin quelques décennies pour égaler les performances économiques et le niveau de développement de l’Amérique.

Cela dit, dans l’hypothèse d’une guerre cybernétique entre les deux pays, une Chine plus forte aurait simplement besoin d’amoindrir considérablement la productivité économique des États-Unis, et donc son PIB, pour clamer la victoire et surpasser financièrement son rival. En l’absence de systèmes de sécurité efficaces, la Chine, ou n’importe quel autre ennemi, aurait seulement besoin d’investir les artères essentielles du complexe militaro-industriel des États-Unis : les complexes électriques, les systèmes de transactions financières,  le système central de la Réserve Fédérale, les réseaux informatiques de l’armée américaine, du Congrès et de la Maison Blanche, etc. Il serait facile d’imaginer qu’une coupure d’électricité, par exemple, pourrait entraîner des dommages énormes aux secteurs du transport, de la finance et des infrastructures militaires d’un pays.

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Au revoir Copenhague, bonjour Haïti!

January 20, 2010 8 comments

L’aide humanitaire considérable qui a inondé Haïti au lendemain du cataclysme sismique témoigne d’une vigueur de la solidarité planétaire. Même si les montants promis à court terme seront sûrement décaissés, les expériences passées suggèrent qu’il n’en sera pas de même pour les fonds ultérieurs, sauf si les autorités haïtiennes sont proactives.

par Marquis Codjia
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L’un des cirques médiatiques de l’année 2009 fut le sommet de l’ONU sur le climat de Copenhague, ou COP-15, qui regroupa dans la métropole danoise une pléthore de dirigeants politiques, de militants sociaux, de financiers, et l’habituelle cohorte de lobbyistes chèrement rétribués. Même si la montagne a accouché d’une souris, comme s’y attendaient tous les participants, le fait marquant de la réunion demeure la rixe à laquelle se sont livrés les États-Unis et la Chine.

L’antagonisme ne se limita guère aux deux superpuissances ; il s’invita aussi dans les relations nord-sud, mettant à l’épreuve la légendaire courtoisie de la France et de l’Allemagne face au manque de volonté politique des Indiens et des Brésiliens, et le groupe des dirigeants africains – d’ordinaire ignoré lors des grandes rencontres internationales – qui dénonçait les multiples fausses promesses financières des occidentaux.

Abstraction faite des millions de dollars EU décaissés, de la baisse temporaire du taux de chômage local dû à l’embauche de commentateurs de medias et  « spécialistes du climat », de l’essor économique éphémère des entreprises danoises, et du bien-être général des politiciens et des militants écolos, le sommet produisît ce que tout le monde – excepté les idéalistes férus – espérait : un échec.

Un échec cinglant que tous les analystes politiques virent venir, vu les diverses haches de guerre que les participants du sommet COP-15 brandirent à un mois du forum, à telle enseigne que l’on s’imaginerait dans une procédure de divorce.

Maintenant que l’aile progressiste du parti démocrate a cerné les limites du pouvoir de Barack Obama, l’agent du changement, dans certains dossiers de politique extérieure, et concomitamment, la puissance structurelle solide que les groupes de pression et autres cercles financiers projettent lorsque certains équilibres systémiques fondamentaux sont menacés, le leader américain a besoin d’une nouvelle donne pour rehausser son aloi auprès des Démocrates et des Indépendants.

L’urgence d’une telle initiative ne peut etre mésestimée ou traitée à la légère par les stratèges démocrates, notamment au lendemain d’une victoire inattendue du républicain Scott Brown aux élections sénatoriales de l’état du Massachussetts, bastion politique inexpugnable du feu sénateur Edward Kennedy depuis 40 ans.

Ce bouleversement électoral, tout en réorganisant le paysage politique, peut clouer au pilori, ou du moins perturber, les points-charnières du programme du président, y compris les réformes des secteurs sanitaire et financier, la relance économique, les initiatives en matière d’éducation, et le dénouement fructueux des conflits en Afghanistan et en Irak.

Etant donné la célérité de la réaction américaine et la vastitude des moyens déployés – diplomatiques, militaires, logistiques, et humanitaires – en Haïti la semaine dernière, Barack Obama et ses conseillers semblent voir l’épisode sismique dans ce territoire dévasté comme cette nouvelle donne, leur « instant eurêka ».

Le leader du monde libre n’évalue pas que les avantages électoraux d’une intervention rapide ; dans ce cas-ci, il tient pour vrai l’idéal du leadership moral de l’Amérique et sa capacité à venir en aide à des pays sinistrés partout où elle le pourra.

Les diatribes partisanes et sociopolitiques houleuses de 2009 ont sérieusement entamé le capital politique naguère stratosphérique d’Obama, et il va s’en dire que ces efforts altruistes vont contribuer à ramener à des niveaux raisonnables la côte de popularité du président américain.

Ce regain d’opinions favorables est dû, en grande partie, au fort soutien des communautés haïtienne (1 million de membres) et caribéenne aux États-Unis, l’approbation du peuple américain pour toute aide humanitaire dans les contrées sinistrées, le besoin d’éviter à tout prix un autre scénario cauchemardesque genre ouragan Katrina, et enfin, l’opportunité pour Obama de mériter réellement son Prix Nobel de la Paix 2009. Surtout que ce dernier lui fut décerné à titre d’encouragement, comme une sorte « d’appel à l’action ».

Nonobstant, l’engagement marqué de Washington pour amenuiser les répercussions du séisme en Haïti est nivelé par un engouement équivalent de la part d’autres acteurs internationaux.

L’ère d’un monde unipolaire dominé par le capitalisme américain, où seuls les États-Unis avaient l’apanage de débits financiers faramineux, est révolue. Requinqués par des réserves de change colossales et des totaux de bilans devenus gargantuesques grâce à des rentrées de devises en export et des taux de croissance soutenus, ces nouveaux géants font sciemment fi d’une économie américaine anémiée pour raffermir leur présence sur la scène mondiale.

Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) font partie d’office de cette constellation, en tandem avec d’autres cyclopes de la sphère économique émergente comme l’Afrique du Sud, l’Indonésie, et le Mexique.

Les donateurs occidentaux traditionnellement magnanimes comme l’Union Européenne, le Canada, et le Japon, sont de nos jours pécuniairement phagocytés après deux ans d’aides exorbitantes à leurs secteurs bancaire et industriel. Ergo, ils préconisent des mesures d’aide financière prudentes, préférant débourser les sommes éventuelles par le truchement d’institutions financières internationales (ex : Banque Mondiale, FMI).

L’ironie, ou plutôt, la mélancolie dans cet imbroglio caritatif est que, in fine, l’on peut craindre que les sommes promises, ainsi que le tapage médiatique et les discours politiques y afférents, ne soient qu’un effet d’annonce, la suite logique d’une campagne publicitaire.

Des paramètres distincts se réunissent encore pour produire un autre cirque médiatique rassemblant une kyrielle de tragédiens, petits ou grands, qui convoitent tous le rang de « plus grand donateur » dans le subconscient collectif planétaire, sans en réellement payer le juste tribut.

En d’autres termes, les expériences passées et la simple observation qu’Haïti ne représente qu’un minuscule acteur géoéconomique – si tant est qu’il en est un –suggèrent que les chances sont en faveur d’une inertie internationale une fois que les journalistes et la société civile braqueront leurs regards émotionnels vers d’autres objectifs, à cause, soit d’une lassitude de l’actualité, soit de l’éruption d’une autre crise ou tragédie, qu’elle soit d’origine humaine ou écosystémique.

A coup sûr, les besoins vitaux des Haïtiens à court terme seront assouvis ; par contre, d’énormes nuages d’incertitude recouvrent le décaissement des fonds promis à moyen et long termes. Hélas, le propos ici ne porte plus sur la survie de l’écosystème, qui peut être, soit dit en passant, un débat plus captivant pour des occidentaux aux estomacs repus ; il s’agit ici de sauver des millions de vies humaines et l’existence politique d’un état-nation.

Dans l’hypothèse où ces prédictions s’avéreraient erronées, autrement dit, si tous les montants promis sont effectivement débloqués, et par la suite, gérés avec des normes de gouvernance strictes, Haïti pourra sortir alors de son marasme et se transformer en un état économiquement viable, socialement stable et politiquement indépendant. Un nouveau plan Marshall pour le pays en quelque sorte ; mais, tout ceci n’est que conjectures.

L’aide internationale qui se pointe à l’heure actuelle vers les zones ravagées peut se repartir en deux sections : matérielle et monétaire. La première regroupe tout l’appareillage logistique, militaire, médical et humanitaire nécessaire pour des missions de sauvetage primaire ; elle est aussi connexe aux forces militaires et de maintien de l’ordre que beaucoup de pays, au premier rang desquels se trouvent les États-Unis et les Nations Unies, ont déployées.

Quoique difficilement chiffrables, ces missions sont cruciales pour sauver les blessés, maintenir la paix sociale, éviter les pillages d’échoppes, et sauvegarder le tissu politique du pays, ou du moins ce qu’il en reste. Elles servent également à établir une infrastructure médicale temporaire pour parer aux pandémies, à fournir aux populations des vivres et de l’eau potable, et à restaurer les échanges internationaux.

Enfin, et tout aussi important, ces initiatives existent pour rasséréner les 25 dirigeants de l’A.E.C. (Association des Etats Caribéens), surtout en République Dominicaine limitrophe, qui craignent qu’un chaos social en Haïti ne se métamorphose en branle-bas régional, à cause de l’exode des réfugiés et de l’instabilité sociétale qui s’en suivra, scenario éminemment délétère pour ces économies dépendantes du tourisme.

L’assistance monétaire allouée aux Haïtiens, de par sa nature même, peut faire (en théorie) l’objet d’un chiffrage correct. Elle provient de 4 sources, le plus souvent interconnectées : gouvernements, structures caritatives, donateurs privés, et institutions supranationales.

Plus d’une semaine après le désastre, une profusion d’articles de presse continuent de relater cette aide financière, et l’on peut espérer que cette munificence continuera pour un certain temps.

Une étude récente de l’Associated Press estimait que l’aide gouvernementale destinée aux survivants du séisme haïtien s’élève à 1 milliard de dollars EU, dont plus de la moitié (575 millions de dollars EU) provenant des 27 pays de l’Union Européenne.

Des donateurs privés, partout dans le monde, mettent sans cesse la main à la poche, sous l’égide des initiatives de célébrités, des organisations humanitaires, des émissions de téléthon, et des campagnes sur internet.

Les Américains, nonobstant la précarité de leur réalité économique, ont déjà contribué 200 millions de dollars EU, pendant que les Allemands et les Néerlandais ont concouru à hauteur de 25 millions et 41 millions, respectivement.

Quant aux institutions de Bretton Woods, elles ont aussi apporté leurs contributions à la reconstruction d’Haïti. Le chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déjà promis 100 millions de dollars EU, pendant que la Banque Mondiale a suspendu, pendant 5 ans, le remboursement de ses prêts estimés à 38 millions par an.

A l’heure actuelle, le montant total des diverses sommes promises s’élève à environ 1,5 milliard de dollars EU, et l’on peut raisonnablement projeter que les diverses campagnes de mobilisation de fonds augmenteront ce chiffre à circa 2 milliards.

Comme expliqué précédemment, il y a une forte possibilité qu’un pan substantiel de ces fonds – celui relatif aux moyen et long termes – ne sera pas finalement décaissé, une fois que l’émotion planétaire circonvoisine s’amoindrira.

Le chef de l’état haïtien, René Préval, et ses plus proches conseillers doivent comprendre ce fait et s’en accommoder. Ils doivent voir leur pays exactement à travers les prismes que la communauté internationale utilise : celui d’un petit pays sous développé, dont l’avenir – si l’on s’en tient aux bruits de couloir du sommet de Copenhague – est moins important que la thématique du réchauffement planétaire.

Reconnaître le simple fait que leur pays n’est d’aucun intérêt géostratégique pour les superpuissances globales et les investisseurs majeurs, doit permettre, autant que faire se peut, à Haïti de voir le présent cataclysme comme une opportunité de sortir de son apathie économique.

Monsieur Préval ne peut mésestimer la nécessité et l’étendue de la tâche à accomplir, d’autant plus que son pays meurtri rivalisera, à l’avenir, avec d’autres pays ou causes, pour l’aide humanitaire mondiale. Il doit vite diligenter une commission, placée sous l’égide du Premier Ministre Jean-Max Bellerive, qui rassemblera des grands spécialistes nationaux et étrangers, et qui déterminera une stratégie idoine de sortie de crise couplée d’un plan d’action pour rentrer dans les fonds promis.

Les autorités doivent aussi cogiter aux voies et moyens appropriés de coordonner les efforts de sauvetage et éviter les effets de répétition dans ledit processus  (ex : qui doit superviser quoi ?).

En l’absence d’un tel degré d’organisation et d’abnégation, les dirigeants haïtiens n’accéderont pas, à coup sûr, à  la manne de 1,5 milliard à 2 milliards de dollars EU, qui équivaut à 2 ans de revenus fiscaux (estimations de 2008), ou aux 15% de son PNB qui seront perdus suite à cette calamité. Un simple coup de fil aux victimes du tsunami de 2004, aux nombreux dirigeants incrédules du Tiers-Monde, ou plus récemment, au président afghan Hamid Karzai, tous dans l’éternelle attente de fonds qui leur furent promis, pourrait éclairer René Préval et son gouvernement un peu plus.