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Google et la Chine: Enjeux d’un bras de fer

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Par Marquis Codjia

De nombreux éditoriaux dans le monde ont profusément glosé sur la dernière décision de Google de se retirer de la Chine, suite logique d’un feuilleton qui incarna l’état des relations entre le moteur de recherche et la censure communiste.

Même si quelques points de vue offrirent une approche holistique d’un problème complexe qui va au-delà de la sphère économique, la majorité des commentaires saluèrent l’initiative de Google comme étape importante dans le raffermissement de la démocratie dans ce pays d’Asie.

Le sujet brûlant aujourd’hui en Occident est de savoir si la Chine peut exister sans Google.

Nombreux sont ceux qui répondent par la négative, citant, entre autres, la gestation de l’infrastructure technologique du pays et son nombre limité d’ingénieurs qualifiés ; certains estiment même que Beijing sera plongé “dans l’obscurité” après un éventuel retrait.

A dire vrai, la Chine a moins besoin de Google que l’inverse. Par conséquent, à la question opposée – Google peut-il survivre sans une implantation en Chine ? – la réponse raisonnable devient oui.

Stratégiquement parlant, il y a une ribambelle d’arguments démontrant que le mammouth technologique de Mountain View, en Californie, adopte une approche erronée dans la résolution de son énigme chinois. Certains de ces arguments sont spécifiquement endogènes à l’entreprise, tandis que d’autres sont plus variés dans leur nature et étroitement inhérents au macro-environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Google ne divulgue ni la taille ni la rentabilité de ses activités en Chine, mais on peut déduire, au vu des 400 millions d’internautes chinois, que Google.cn – son portail local – contribue à une bonne partie de son profit global.

Évaluer la portée des activités de la société en république de Mao implique non seulement la prise en compte des revenus de ses métiers de base, mais aussi les activités accessoires de joint-ventures en Asie et ses propres initiatives commerciales.

L’entreprise ne peut ignorer l’énorme vache à lait que représentent les internautes chinois et la prééminence concurrentielle qu’une présence locale peut offrir. La récente annonce de Google de déplacer ses serveurs du sous-continent à Hong Kong et de mettre fin à sa censure des recherches présente une anicroche à la stratégie commerciale de l’entreprise car Google a besoin d’être en Chine pour gagner sur le marché chinois, même si des pratiques iniques continuent d’alimenter le climat économique du pays.

Par conséquent, Ed Burnette a raison de réitérer ce point de vue.

Il est capital de reconnaître que les pratiques économiques de la Chine sont loin d’être équitables et que son système sociopolitique peut parfois être antithétique aux paradigmes usuels  dans d’autres parties du monde. Que la Chine ne soit pas une démocratie est aujourd’hui un lieu commun, mais de nombreuses sociétés de l’indice Fortune 100 sont désireuses de botter en touche les préceptes fondamentaux de la liberté d’expression et d’ouvrir des filiales chinoises.

Les facteurs géostratégiques au niveau macro-économique sont ceux auxquels Google devrait faire le plus attention. L’entreprise est un leader dans son secteur d’activité et possède de solides alliés au sein de l’administration Obama – Andrew McLaughlin, son ancien chef de politique globale, est actuellement l’adjoint au chef des services informatiques des Etats-Unis. Pourtant, une société, quelle qu’elle soit, ne peut représenter un acteur stratégique majeur dans le continuum beaucoup plus vaste et complexe des relations États-Unis – Chine.

Les politiciens sont très économiques avec la vérité lorsqu’il s’agit de la Chine. Même s’ils utilisent parfois la rhétorique diplomatique pour décrier les dérives chinoises contre la démocratie et les questions relatives à la liberté d’expression, ils sont tous muets lorsqu’il s’agit de coupler les affaires et l’éthique.

Ils ne doivent pas être nécessairement blâmés car il y a une variété d’éléments sibyllins qui rentrent en ligne de compte dans les relations transnationales, et les questions bi- ou multilatérales ne sont pas toujours simplistes.

Si Google se retirait du sous-continent, il perdrait des milliards de dollars EU de profits de ses métiers de base et ses activités parallèles. Il perdrait sa position dominante dans l’activité de recherche régionale et ce vide économique attirerait les autres concurrents, qui, en fin de compte, feront éroder sa part de marché globale.

Ce scénario catastrophe est loin d’être un épisode de science-fiction made in Hollywood. Si Google part, les locaux (comme Baidu) et les principaux rivaux comme Bing de Microsoft et Yahoo vont saisir sans aucun doute la manne. Également, les nouveaux arrivants pourront  facilement imiter le modèle de recherche de l’entreprise et tirer parti des réprimandes des autorités locales pour développer leurs activités.

Il y a une longue liste de multinationales occidentales opérant dans le sous-continent en dépit des protestations répétées de militants des droits de l’homme. Pensez à McDonald, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.).

Les dommages collatéraux de Google se remarquent déjà dans la réaction colérique de la Chine après l’annonce du retrait du moteur de recherche ; les médias ont signalé jusqu’à présent que les compagnies de téléphonie chinois délaisseront Google ou Androïde, son nouveau système d’exploitation mobile.

  1. Particlee
    March 30, 2010 at 7:13 pm

    Google a besoin de la chine pour survivre, tout simplement

  2. Bing Bang
    March 30, 2010 at 7:13 pm

    Trés bon aticle!!!!!!!!!!!

  3. Aline Mazuret
    March 30, 2010 at 7:16 pm

    La chine dans tout ce chaos essaie de tirer son épingle en imposant des lois iniques aux opérateurs économiques et celà est injuste.

  4. Google
    March 30, 2010 at 7:17 pm

    Merci de partager ce billet.

  5. Assuretti
    March 30, 2010 at 7:19 pm

    Toutes les entreprises qui font des affaires en chine ne voient que le fric, les droits de l’homme c’est un sujet pour les philosophes.

  6. Pauline
    March 30, 2010 at 7:21 pm

    Merci de vos bons contenus, je vous ai envoyé un mel; prière me répondre quand vous pouvez.

  7. Devia Leé
    March 30, 2010 at 7:43 pm

    Merci de vos articles

  8. Dynamite Femme
    March 30, 2010 at 7:45 pm

    Je suis d’accord avec vous; même si Google peut faire d’autres profits ailleurs, ignorer la Chine n’est pas la bonne tactique. Mais, il faudrait que la société se fixe certaines limites en ce qui concerne leurs relations avec le pays sinon elle risque de se voir surprendre.
    Dynamite Femme

  9. Maaf
    March 30, 2010 at 7:47 pm

    bon article, ras

  10. College Réglo
    March 30, 2010 at 7:48 pm

    Merci de votre analyse

  11. Auxerroise
    March 30, 2010 at 7:53 pm

    La chine est un géant aux pieds d’argile, ils ont besoin de google et d’autres technologies venant d’ailleurs.

  12. H Perkins
    March 30, 2010 at 7:55 pm

    bon billet sur la chine et google

  13. Samuel Sanchez
    March 30, 2010 at 7:57 pm

    Bravo and congratulasions

  14. Paris M
    March 30, 2010 at 8:04 pm

    Merci de ce bon article et merci aussi d’avoir répondu si vite à mon email.

  15. Cata Manet
    March 30, 2010 at 8:07 pm

    La chine est la puissance du futur.

  16. Béatrice
    March 30, 2010 at 8:08 pm

    Merci Marquis de votre analyse; ça nous éclaire sur certains sujets.

  17. Relu
    March 30, 2010 at 8:11 pm

    bon🙂

  18. Raoul
    March 31, 2010 at 8:53 pm

    La chine n’a pas les reins solides comme les usa dans la gestion des crises et elle en patira tôt ou tard.

  19. Politik
    March 31, 2010 at 8:55 pm

    Intéressant billet

  20. Euphoria
    March 31, 2010 at 8:57 pm

    Pourquoi la chine aurait elle besoin de google ou de toute autre entreprise pour se développer? L’europe dans son arrogance oublie qu’elle ne peut pas ignorer la montée de la chine.

  21. OB Riga
    March 31, 2010 at 9:17 pm

    De toutes les façons la chine communiste ne pourra enclencher un développement réel que si elle accepte de libéraliser son économie et ses mentalités.

  22. FN Sci
    March 31, 2010 at 9:19 pm

    La chine ne pourra s’imposer que si elle s’ouvre au monde.

  23. June 18, 2011 at 12:15 pm

    J’ai beaucoup apprécié votre site et tout son contenu. Un travail de fond qui mérite d’être partagé.

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