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Archive for March, 2010

Google et la Chine: Enjeux d’un bras de fer

March 29, 2010 23 comments

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Par Marquis Codjia

De nombreux éditoriaux dans le monde ont profusément glosé sur la dernière décision de Google de se retirer de la Chine, suite logique d’un feuilleton qui incarna l’état des relations entre le moteur de recherche et la censure communiste.

Même si quelques points de vue offrirent une approche holistique d’un problème complexe qui va au-delà de la sphère économique, la majorité des commentaires saluèrent l’initiative de Google comme étape importante dans le raffermissement de la démocratie dans ce pays d’Asie.

Le sujet brûlant aujourd’hui en Occident est de savoir si la Chine peut exister sans Google.

Nombreux sont ceux qui répondent par la négative, citant, entre autres, la gestation de l’infrastructure technologique du pays et son nombre limité d’ingénieurs qualifiés ; certains estiment même que Beijing sera plongé “dans l’obscurité” après un éventuel retrait.

A dire vrai, la Chine a moins besoin de Google que l’inverse. Par conséquent, à la question opposée – Google peut-il survivre sans une implantation en Chine ? – la réponse raisonnable devient oui.

Stratégiquement parlant, il y a une ribambelle d’arguments démontrant que le mammouth technologique de Mountain View, en Californie, adopte une approche erronée dans la résolution de son énigme chinois. Certains de ces arguments sont spécifiquement endogènes à l’entreprise, tandis que d’autres sont plus variés dans leur nature et étroitement inhérents au macro-environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Google ne divulgue ni la taille ni la rentabilité de ses activités en Chine, mais on peut déduire, au vu des 400 millions d’internautes chinois, que Google.cn – son portail local – contribue à une bonne partie de son profit global.

Évaluer la portée des activités de la société en république de Mao implique non seulement la prise en compte des revenus de ses métiers de base, mais aussi les activités accessoires de joint-ventures en Asie et ses propres initiatives commerciales.

L’entreprise ne peut ignorer l’énorme vache à lait que représentent les internautes chinois et la prééminence concurrentielle qu’une présence locale peut offrir. La récente annonce de Google de déplacer ses serveurs du sous-continent à Hong Kong et de mettre fin à sa censure des recherches présente une anicroche à la stratégie commerciale de l’entreprise car Google a besoin d’être en Chine pour gagner sur le marché chinois, même si des pratiques iniques continuent d’alimenter le climat économique du pays.

Par conséquent, Ed Burnette a raison de réitérer ce point de vue.

Il est capital de reconnaître que les pratiques économiques de la Chine sont loin d’être équitables et que son système sociopolitique peut parfois être antithétique aux paradigmes usuels  dans d’autres parties du monde. Que la Chine ne soit pas une démocratie est aujourd’hui un lieu commun, mais de nombreuses sociétés de l’indice Fortune 100 sont désireuses de botter en touche les préceptes fondamentaux de la liberté d’expression et d’ouvrir des filiales chinoises.

Les facteurs géostratégiques au niveau macro-économique sont ceux auxquels Google devrait faire le plus attention. L’entreprise est un leader dans son secteur d’activité et possède de solides alliés au sein de l’administration Obama – Andrew McLaughlin, son ancien chef de politique globale, est actuellement l’adjoint au chef des services informatiques des Etats-Unis. Pourtant, une société, quelle qu’elle soit, ne peut représenter un acteur stratégique majeur dans le continuum beaucoup plus vaste et complexe des relations États-Unis – Chine.

Les politiciens sont très économiques avec la vérité lorsqu’il s’agit de la Chine. Même s’ils utilisent parfois la rhétorique diplomatique pour décrier les dérives chinoises contre la démocratie et les questions relatives à la liberté d’expression, ils sont tous muets lorsqu’il s’agit de coupler les affaires et l’éthique.

Ils ne doivent pas être nécessairement blâmés car il y a une variété d’éléments sibyllins qui rentrent en ligne de compte dans les relations transnationales, et les questions bi- ou multilatérales ne sont pas toujours simplistes.

Si Google se retirait du sous-continent, il perdrait des milliards de dollars EU de profits de ses métiers de base et ses activités parallèles. Il perdrait sa position dominante dans l’activité de recherche régionale et ce vide économique attirerait les autres concurrents, qui, en fin de compte, feront éroder sa part de marché globale.

Ce scénario catastrophe est loin d’être un épisode de science-fiction made in Hollywood. Si Google part, les locaux (comme Baidu) et les principaux rivaux comme Bing de Microsoft et Yahoo vont saisir sans aucun doute la manne. Également, les nouveaux arrivants pourront  facilement imiter le modèle de recherche de l’entreprise et tirer parti des réprimandes des autorités locales pour développer leurs activités.

Il y a une longue liste de multinationales occidentales opérant dans le sous-continent en dépit des protestations répétées de militants des droits de l’homme. Pensez à McDonald, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.).

Les dommages collatéraux de Google se remarquent déjà dans la réaction colérique de la Chine après l’annonce du retrait du moteur de recherche ; les médias ont signalé jusqu’à présent que les compagnies de téléphonie chinois délaisseront Google ou Androïde, son nouveau système d’exploitation mobile.

Can Google Live Without China?

March 25, 2010 72 comments

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By Marquis Codjia

Op-eds in prominent newspapers around the world are discussing profusely the latest decision by Google to disengage from China in a move that epitomizes the search engine’s level of camaraderie with communist censors.

While few viewpoints offer a holistic examination of a complex issue that goes beyond the business sphere, the majority applaud Google’s shift as salutary to enhancing democracy in the Asian country.

The query nowadays in the western hemisphere is whether China can live without Google.

Many respond by the negative, citing, among others, the infancy of the country’s technology infrastructure and its limited number of qualified engineers; some even posit metaphorically that Beijing will be “in the darkness” after such exit.

Truth be told, China needs Google far less than the opposite. Hence, to the inverse question – can Google live without China? – the reasonable answer becomes yes.

Strategically, there is a superfluity of arguments attesting that the Mountain View, California-based technology mammoth is following the wrong path in handling its Chinese conundrum. Some of these arguments are specifically endogenous to the firm, whereas others are more varied in nature and closely inherent to the macro-environment in which the firm evolves.

Google does not divulge the size nor the profitability of its China business but it can be inferred, from the country ca. 400 million internet users, that Google.cn – its local portal – contributes a hefty part of the overall bottom line.

Gauging the firm’s scope of business in Mao’s republic implies factoring not only core search revenues but also the ancillary business derived from joint-ventures in Asia and Google’s own commercial undertakings.

The firm cannot ignore the potential cash-cow that Chinese internet users represent and the competitive pre-eminence that a local presence can proffer. The recent announcement from Google to move its local servers from the mainland to Hong Kong and end its censorship of searches does a disservice to the firm’s core business strategy because Google needs to be in China to win in the Chinese market, irrespective of the notorious practices of the nation’s economic climate.

Therefore, Ed Burnette is accurate in reiterating this viewpoint.

It is very momentous to acknowledge that China’s economic practices are far from fair and its socio-political system may at times be antithetical to paradigms experienced in other parts of the world. That China is not a democracy is commonplace rhetoric, yet many, if not all, Fortune 100 companies are keen to put basic tenets about free speech into oblivion and open a Chinese subsidiary.

Geostrategic factors at the macro-economic level are those that Google should pay thorough attention to. The firm is a leader in its industry and possesses reliable friends within the Obama administration – Andrew McLaughlin, its former head of global public policy, is currently the Deputy U.S. Chief Technology Officer in the Executive Office of the President. Yet, a company by itself cannot represent a major strategic player in the much larger and complex continuum of US – China relations.

Politicians are very economical with the truth when it comes to China. While they occasionally resort to rhetorical dissent vis-à-vis Beijing’s transgressions on democracy and issues relating to free speech, they all keep legendarily mum when it comes to coupling business with ethics.

They shouldn’t be necessarily blamed because there’s a variety of sibylline elements that make up transnational relations, and bi- or multi-lateral issues are not always simplistic with crystal clear solutions.

If Google pulls out of the mainland, it stands to lose billions of dollars in core revenues and collateral business. It will lose its dominance in the regional search business and such economic void will attract other rivals, which in the end will cripple the firm’s global market share.

This doom scenario is far from a Hollywood sci-fi episode. If Google exits, locals (such as Baidu) and major rivals like Microsoft’s Bing and Yahoo will doubtless grab the manna. Alternatively, new entrants may easily imitate the firm’s search model and take advantage of local authorities’ reprimand and develop their business.

There is a long list of Western multinationals operating in the mainland despite repeated protests from human rights activists. Think McDonald’s, Wal-Mart, Carrefour, Citibank, etc.

Collateral losses for Google are already reflecting China’s angry reaction after the search engine made its announcement; news media reported so far that Chinese mobile phone companies will drop Google or Android, its new mobile operating system.

Etait-ce judicieux de sauver les banques?

March 23, 2010 50 comments

Par Marquis Codjia

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Il y a quelques mois, le marasme de l’économie globale était un point crucial de l’ordre du jour de nombre de dirigeants du G20. L’apathie sociale ambiante, l’écroulement du secteur bancaire, le dilemme de la croissance globale, et la dégringolade de la bourse étaient les sujets de discussion du leadership planétaire.

Les gouvernements partout dans le monde résolurent la question la plus névralgique, le chaos dans l’industrie bancaire, avec des apports pécuniaires massifs à un secteur qui jusque-là incarnait le meilleur (et le pire) du capitalisme, selon un mode opératoire plus proche de l’intervention centralisée des économies communistes.

L’ardoise globale varie entre 4.000 à 5.000 milliards de dollars EU selon les estimations les plus optimistes, mais les coûts ultimes globaux pourraient dépasser cet intervalle.

Le sauvetage du secteur bancaire, en principe, était la bonne ligne de conduite à adopter et les  experts de toutes obédiences politiques se mirent d’accord sur l’urgence d’une telle mesure, y compris les théoriciens les plus férus du libre échange qui, d’ordinaire, traitent d’énergumènes de gauche préhistoriques, ceux qui osent remettre en question le rôle limité des pouvoirs publics dans l’économie.

Cependant, nombre d’observateurs demeurent abasourdis par la souplesse qui caractérisa le processus de sauvetage des banques et les conditions très favorables avec lesquelles les fonds furent déboursés. Par conséquent, les institutions financières qui ont tiré profit de la manne étatique firent bon usage des sommes reçues pour redevenir rentables et rembourser leurs gouvernements respectifs.

D’autres pans de l’économie n’ont pas connu un si rapide rétablissement. Le chômage est encore élevé ; le secteur des crédits au logement est toujours désordonné. Les banques se sont montrées peu disposées à prêter, créant ainsi une déliquescence du secteur productif et une consommation privée léthargique. La bourse a peut être renoué avec les tendances haussières mais, discutablement,  l’économie réelle est toujours baissière.

Il est clair que les banques ont joué un rôle crucial dans le malaise économique courant mais les militants anti-sauvetage avaient tort de les diffamer et d’affirmer qu’une telle culpabilité aurait dû exclure toute aide publique. Les intermédiaires financiers sont une pierre angulaire de nos économies postmodernes et il aurait été socio-économiquement délétère et politiquement désagréable de les laisser couler.

Évidemment, une majorité de banques est aujourd’hui plus renflouée et profitable comparativement à l’année passée, même si des sections sectorielles sont encore comateuses à cause de l’hémorragie de liquidités qui les a dévastées depuis le début de la récession.

Hélas, rien n’a changé. Ces établissements recourent une fois de plus aux anciennes pratiques qui ont nui à l’économie en premier lieu, sous l’égide d’autorités de régulation étrangement aveugles et sourdes-muettes.

Les banques, nécessairement, devraient être encouragées à faire des bénéfices comme toute entreprise privée. Mais lorsque cette recherche de profit se fait aux dépens de tout un système ou constitue une menace systémique au secteur productif de l’économie, alors l’argument en faveur d’une règlementation plus dure devient d’une importance cardinale.

Les entreprises doivent couvrir leurs risques en utilisant des techniques adaptées ; cependant, les spéculateurs semblent dernièrement employer les produits dérivés pour parier contre leurs bienfaiteurs. Ces pratiques peuvent sembler injurieuses pour un pan important de la population mais elles sont compréhensibles si on considère que le camp des spéculateurs promeut seulement les intérêts privés des élites (leurs investisseurs), lesquelles tiennent compte rarement du facteur moralité dans leur équation de rentabilité.

Exemple patent : la Grèce. Le gouvernement hellène a subventionné massivement son secteur bancaire avec des milliards de dollars EU pour se voir noté négativement quelques mois plus tard en raison d’un risque de défaut apparent.

À l’heure actuelle, les autorités politiques et les grands argentiers devraient examiner la question suivante : le sauvetage a-t-il fonctionné ? En d’autres termes, les subventions gigantesques des banques et les initiatives supplémentaires associées ont-elles atteint les buts initiaux ?

Les économistes chevronnés et les sociologues s’attaqueront amplement dans le futur aux questions concernant l’efficacité et l’efficacité du sauvetage, mais des experts de premier plan croient actuellement que les réponses à de telles interrogations sont négatives. L’économiste de George Mason University Peter Boettke argua que les diverses subventions ont créé un « cycle de dette, de déficits et d’expansion de gouvernement » qui, in fine, « estropiera économiquement » les grandes économies, tandis que Barry Ritholtz, célèbre auteur de Bailout Nation et président de la société de recherches FusionIQ, pense que les programmes de renflouement auraient pu être mieux gérés.

On peut observer que la phase initiale de sauvetage s’avéra efficace parce qu’elle a aidé à éviter un remue-ménage bancaire régional et global. Mais, contrairement à la croyance populaire, ce fut l’étape la plus facile. L’on ne saurait mésestimer le courage des autorités dans le processus, mais il est indubitablement plus facile pour une banque centrale puissante, comme la Réserve Fédérale américaine, de passer des écritures comptables au crédit des établissements visés et renflouer leurs actifs par le biais du « quantitative easing ».

La Fed, à l’instar d’autres banques centrales du G8, a une position enviable parce qu’elle peut « créer » de l’argent ex nihilo rien qu’en augmentant électroniquement ses actifs.

Les réformes constituent le véritable test de courage politique, et jusqu’ici l’absence de nouvelles normes dans le secteur financier peut, si l’on n’y prend garde, détruire les efforts de rétablissement jusqu’ici consentis.

Actuellement, il y a cinq facteurs distincts expliquant les résultats médiocres obtenus jusqu’ici à partir des plans de sauvetage.

D’abord, la réforme financière si nécessaire prend plus de temps au niveau législatif parce que non seulement les lobbies financiers – telles que la superpuissante American Bankers Association – exercent une forte pression, mais l’agenda politique est également occupé par la réforme de l’assurance-maladie et les soucis géostratégiques liés aux conflits en Afghanistan et en Irak.

La récente annonce du chef de la commission bancaire du Sénat Chris Dodd (Démocrate du Connecticut) visant à introduire des réformes dans le secteur changera probablement peu à court terme.

En second lieu, les principaux conseillers financiers du Président Obama sont d’anciens caciques de Wall Street, et beaucoup de sceptiques sont incrédules qu’une clique aussi proche des intérêts financiers puisse être à l’avant-garde de vraies réformes dans un secteur qui leur était précédemment bienfaisant.

Les deux facteurs suivants sont endogènes au secteur bancaire. L’un provient de l’expérience antérieure des cycles de régulation et de dérégulation qui font disparaître habituellement les reformes après un certain laps de temps, et l’autre découle de l’unique capacité des ingénieurs financiers et des banques d’affaires à concevoir de nouveaux produits et techniques pour parer aux lois existantes.

Finalement, l’effort de régulation devrait être global dans sa portée, et le manque actuel de coopération géographique ainsi que la difficulté pratique à dépister le risque systémique dans l’industrie bancaire handicapent de nouvelles avancées.

Did The Bank Bailout Work?

March 18, 2010 63 comments

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By Marquis Codjia

A few months ago, the crumbling global economy was atop the agenda of many G20 leaders. Social unrest, banking sector meltdown, global growth conundrum, and stock market yo-yos were the main discussion topics among the planetary leadership.

Governments the world over addressed the most imperative issue, the banking pandemonium, with massive cash inflows into a sector that hitherto epitomized capitalism at its best (and worst), with a modus operandi more akin to central intervention in communist economies.

The global tab ranges from 4 to 5 trillion US dollars according to the most optimistic estimates, but the overall costs may run higher in the future.

The financial rescue of the ailing banking sector, in principle, was the right course of action and various experts across the political spectrum saw eye to eye on its criticality, including the staunchest free-market theorizers who routinely treat as leftist energumens out of the antediluvian era those who dare buck conventional wisdom regarding the role of government in social economics.

It was flummoxing, however, to observe how lenient authorities were vis-à-vis banks throughout the bailout process on top of the very favorable terms under which funds were disbursed. Hence, financial institutions that benefited from state largesse were able to quickly use monies received to regain profitability and reimburse their respective governments.

Other parts of the economy didn’t experience so swift a recovery. Unemployment is still high; the mortgage sector is still in a shambles. Banks have been reluctant to lend, creating an underperforming productive sector and a lethargic private consumption. The stock market may be up but, debatably, the “real economy” is still down.

Banks played a crucial role in the current economic malaise, but anti-bailout commentators were wrong to vilify them and to affirm that such guilt should have precluded public rescue. Financial intermediaries are an epochal pillar of our post-modern economies, and it would have been socio-economically ruinous and politically unpalatable to let them sink.

Admittedly, a majority of banks are today more cash awash and profitable than a year ago albeit some pockets of the industry are still comatose owing to the liquidity hemorrhage that has devastated them since the recession erupted.

Regrettably, nothing has changed. These institutions are resorting again to the erstwhile practices that wrought havoc to the economy in the first place, under the aegis of a regulatory body eerily blind, deaf and tongue-tied.

Banks, evidently, should be encouraged to pursue and make profits as any private concern. But when such a financial quest comes at the expense of an entire system or poses a systemic threat to the productive sector of the economy, the argument in favor of tougher regulation becomes of preeminent import.

Companies need to utilize hedging for exposure control; yet, speculators lately seem to use derivatives to bet against their very benefactors. Although outrageous to vast swaths of the populace, such practices are explicable if one considers that the speculating camp only furthers private interests of elites (their investors) who seldom factor morality into the profitability equation.

Case in point: Greece. The Hellenic government bailed out its banking sector with billions of dollars only to see their country downgraded a few months later because of a perceived default risk.

At this moment, elected officials and central bankers should ponder the following question: did the bailout work? Or, stated differently, did the mammoth cash infusion into banks and the associated supplemental initiatives reach the initial goals?

Seasoned economists and social scientists will grapple amply with issues regarding program effectiveness and efficiency in the future, but prominent experts currently believe the answers to such interrogations are negative. George Mason University economist Peter Boettke posited that bank bailouts have created a “cycle of debt, deficits and government expansion” that in the end “will be economically crippling” to major economies, whereas Barry Ritholtz, famed author of Bailout Nation and CEO of research firm FusionIQ, thinks the rescue programs could have been conducted better.

It can be argued that the initial rescue phase of the bailout program was effectual in that it helped avert a domestic and global banking hubbub. But, contrary to popular credence, that was the easiest part. The courageous headship of political leaders and regulators cannot be underrated in the process, but it is indisputably far facile for a powerful central bank, like the US Federal Reserve, to make journal entries to the credit of targeted institutions and replenish their corporate coffers via the much celebrated “quantitative easing”.

The Fed, just like other G8 central banks, is in an enviable position because it can create money ‘out of nothing’ by increasing the credit in its own bank account. Ask current Greek Central Bank governor George Provopoulous whether he’d like to have such latitude.

Regulation is where actual political bravery need be shown from authorities, and so far the lack of sweeping reforms in the financial sector may obliterate the latter’s plodding recovery.

At present, there are five distinct reasons explicating the mediocre results obtained so far from the bailout scheme.

First, the much needed financial overhaul is taking longer to move up the legislative ladder and reach US President Barack Obama’s desk because not only financial lobbies – such as the über-powerful American Bankers Association – are exerting strong pressure,  the political agenda is also crowded out with the pressing healthcare reform and the geostrategic concerns linked to conflicts in Afghanistan and Iraq.

The fact that Senate Banking chief Chris Dodd, D-Conn., wants to introduce reform in the sector will probably change little in the short-term.

Second, President Obama’s own senior level financial staff is composed of former Wall Street alumni and lobbyists, and many skeptics are incredulous that a clique so tied to financial interests can spearhead true reforms in an industry that was previously munificent to them.

The next two factors are endogenous to the banking industry. One is the past experience of regulation and deregulation cycles that usually make laws dissipate over time, and the other stems from the idiosyncratic ability of financial engineers and investment bankers to design new products and techniques to counter existing laws.

Finally, the regulatory endeavor should be global in scope, and the present lack of geographic cooperation and the practical difficulty to track systemic risk within the industry are currently handicapping further advances.

Tiger Woods: le retour est-il possible?

March 14, 2010 24 comments

Par Marquis Codjia

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Après sa cérémonie d’excuses publique hyper-médiatisée il y a quelques semaines, beaucoup d’observateurs et de passionnés de golf partout dans le monde se demandaient ce que Tiger Woods ferait après.

Le champion de golf semblait véritablement peiné de l’immense souffrance qu’il avait infligée à ses proches et promit de tout faire pour regagner leur confiance.

Bien que Woods réaffirmât clairement que revenir n’était pas sa priorité immédiate et que sa carrière serait mise en suspens pour une certaine période, il est judicieux de spéculer que le golfeur reprendrait certainement la compétition le plus tôt possible.

C’est du moins ce que pensent les traders sur le site Intrade.com, un opérateur en ligne des marchés de prévision, avec 80% des contrats passés en faveur d’une participation du golfeur au championnat PGA Tour avant le 30 avril 2010.

Il est important de comprendre la dynamique, externe et interne, de la machine Tiger Woods pour corroborer de telles prémonitions.

D’abord, l’athlète possède de puissants atouts provenant de la qualité de son jeu et de sa famille. Sa mère est fortement présente, elle dont la liaison avec le fils s’est développée encore plus après le décès de son mari il y a quelques années ; sa femme Erin, dont l’amour est toujours d’actualité (?), restera très probablement à côté de son mari une fois la déception sentimentale digérée.

En second lieu, Woods est discutablement l’athlète le plus populaire sur terre. Sa popularité va au-delà des terrains de golf puisqu’il est également actif dans le caritatif par le biais de sa fondation. Même si sa communication fut déplorable au début de ce mélodrame conjugal, il a une solide organisation pour tenir tète à la crise.

Troisièmement, et le plus important atout de Woods : nous.

Les supporteurs constituent la pièce maîtresse dans l’arsenal du sportif. Le public apprécie les célébrités qui font amende honorable après avoir commis une faute et leur donne généreusement une deuxième chance. Les cas varient d’un individu à l’autre, mais l’actualité nous offre une ribambelle d’histoires faisant cas de politiciens, chefs religieux, sportifs et autres célébrités qui ont reconquis leur honneur après un épisode adultérin.

Quatrième atout de Woods : les autres golfeurs professionnels. Curieusement, ce groupe a plus besoin de son retour rapide même si quelques rivaux pourraient secrètement jubiler à l’idée d’une retraite prématurée pour finalement briller. Certains ont exprimé leur désolation au début de l’affaire en décembre, mais, de toute façon, le secteur dans son ensemble a bénéficié amplement de l’influence de Tiger Woods.

Les golfeurs professionnels ne peuvent pas réfuter la thèse que l’entrée de Woods dans le jeu a aidé à arrondir leurs fins de mois et augmenter la popularité d’un sport précédemment considéré comme élitiste.

Enfin, les sponsors et les grands groupes de média, particulièrement les médias audiovisuels (TV et Internet), pourraient perdre des milliards de dollars si l’athlète faisait une pause ou marquait un arrêt dans sa carrière. L’industrie du golf a connu une croissance importante cette dernière décennie et aucun acteur ne veut que cette manne s’évapore. Cela est particulièrement vrai pour les acteurs majeurs tels que Nike et Adidas, ou les petits équipementiers et les portails Internet consacrés au sport.

Dès lors, il paraît clair que les facteurs externes favorisent Woods mais la question essentielle demeure : le golfeur emploiera t-il cette période difficile pour solidifier son moral et revenir dans le jeu ou descendre dans l’oubli. L’avenir nous le dira!

Can Tiger Woods Come Back?

March 12, 2010 100 comments

By Marquis Codjia

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After his über-publicized apology ceremony a few weeks ago, many sport commentators and golf enthusiasts over the world were wondering what Tiger Woods would do next.

The legendary golf champion seemed genuinely remorseful for the immense tort he’d wrought upon his family and vowed to do everything in his power to reconnect the “trust dots” with his loved ones.

Although Woods clearly avouched that the sport wasn’t his immediate priority and that his career would be put on hold for a certain period, it makes sense to speculate that the golfer would certainly resume competition sooner rather than later.

That’s at least what traders believe at Intrade.com, an online prediction markets operator, with 80% of participants wagering that the golfer will play in a PGA Tour event before April 30th, 2010.

Understanding the dynamics, both external and internal, at work in Tiger Woods’ sport empire is crucial to corroborating such forecast.

First, the athlete possesses solid internal strengths stemming from his game and his family. He has a highly supportive mother, whose bonding grew even more intimate after her husband died a few years ago, and a loving (?) wife, Erin, who most likely will remain by her estranged husband once the sentimental pain dissipates.

Second, Woods is debatably the most popular athlete on earth. His popularity spans on and off golf courts since he’s also prominent in philanthropy via his foundation. Albeit his communication was deplorable at the onset of this conjugal melodrama, he has a solid organization to withstand the crisis.

Third, and most important, strength in Woods’ favor: us.

Fans constitute the biggest asset in the sportsman’s coffer. The public relishes offering a second chance to contrite celebrities who concede poor judgment and apologize for it. Cases vary from one individual to the other, but current and past headlines offer a plethora of stories involving politicians, religious leaders, sportsmen and other celebrities who regained prominence after an adulterous episode.

Fourth advantage to Woods: fellow golfers. Oddly, this group needs his quick comeback more than any other even if some rivals may secretly fancy his premature retirement to reach stardom. Some voiced outrage in the media after the infidelity surfaced back in December, but admittedly the industry as a whole has benefited tremendously from Woods’ clout.

Players can’t refute that Woods’ presence in the game has helped fatten their individual paychecks and endorsement deals owing to the increased audience the golf genius drew to a sport previously touted as elitist.

Last but not least, sponsors and major news outlets, especially visual media (TV and internet), stand to lose billions of dollars if the athlete pauses or halts his career. The golf industry has experienced a momentous sales growth in the last decade and no firm wants that manna to evaporate. This is especially true for key players such as Nike and Adidas, or small apparel dealers and internet portals devoted to the sport.

It becomes then pretty clear that external factors favor a Woods’ return but the question now remains whether he will use this difficult period to solidify his morale and come back or sink into oblivion. Wait and see!

Economie gériatrique – pourquoi valoriser nos seniors améliore le bien-être collectif

March 12, 2010 31 comments

par Marquis Codjia

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Pendant les 12 derniers mois, l’administration Obama s’est vue confrontée à l’épineuse question de la  réforme de la santé, une pierre d’achoppement qui anime couramment à Washington les débats partisans d’ordinaire inféconds.

Les deux parties dans ce débat se rejoignent néanmoins sur un point: la réforme de la santé, comme tout autre avantage social, est cardinale pour réduire le risque d’une faillite potentielle des États-Unis au cas où les indemnisations décaissées dans le cadre du programme dépasseraient les cotisations versées.

A l’heure actuelle, les autorités minorent une thématique importante inextricablement liée au debat en cours: la notion de « politique gériatrique » du pays.

La gériatrie est la branche de la médecine qui s’occupe du suivi médical des personnes âgées ; quant à la gérontologie, elle a pour objet l’étude des aspects sociaux, psychologiques et biologiques du vieillissement.

La politique gériatrique, dans le contexte présent, se rapporte à l’ensemble des programmes gouvernementaux conçus pour améliorer le bien-être des seniors et réduire les  coûts de couverture médicale.

L’amélioration de la politique gériatrique peut être économiquement profitable et fiscalement intéressante pour les contribuables.

Présentement, deux thèses sur le vieillissement humain doivent être discréditées dans la conscience collective.

D’abord, il n’y a aucune limite d’âge fixée par les médecins au delà de laquelle les travailleurs devraient prendre leur retraite. Les êtres humains sont divers et les spécialistes de santé publique affirment unanimement que des facteurs spécifiques peuvent affecter la capacité d’un actif à accomplir ses taches, mais tant que cette personne garde intactes ses capacités cognitives et physiques, elle peut travailler à tout âge. L’âge de la retraite qu’imposent les pouvoirs publics est plus le fait d’une politique sociale que de la biologie.

Le deuxième point offre une certaine illustration empirique du point précédent.

Beaucoup d’élus, dirigeants d’entreprise, activistes sociaux et leaders d’opinion du monde  sportif ont habituellement quelques cheveux gris.

Par exemple, le sénat américain a la concentration la plus élevée de personnes âgées démocratiquement élues dans le monde développé. L’âge médian d’un sénateur est de 63 ans, plus ou moins l’âge de départ à la retraite pour la plupart des travailleurs.

Robert Byrd, 92 ans, de l’état de Virginie Occidentale, est l’aîné de cette chambre, suivi du sénateur du New Jersey Frank Lautenberg.

Si nos sociétés consentent à être régies par des personnes âgées, alors il devient commode de gloser que les seniors possèdent une inestimable expérience, même si celle-ci est actuellement inexploitée.

En occident, la montée progressive de l’espérance de vie fut corrélée positivement à  l’augmentation des coûts médicaux au cours des années parce que, naturellement, vivre plus longtemps implique des soins de santé plus élevés.

Il est regrettable que nos sociétés postmodernes, emplies d’âgisme, tolèrent que les seniors soient bannis des secteurs productifs en raison de leur manque allégué de productivité économique ou d’utilité sociale.

Cette position sociale est erronée parce que nous gaspillons une partie substantielle de PIB précédemment investie dans l’enseignement traditionnel, la formation d’entreprise, l’assurance-maladie et les autres avantages sociaux nécessaires pour une main d’œuvre productive.

Dans le cas des États-Unis, ces investissements se chiffrent en milliards de dollars.

Des gérontologues reconnus comme JW Rowe et RL Kahn ont constaté que l’une des pierres angulaires d’une vieillesse réussie est une vie active, laquelle par ricochet élève les possibilités cognitives et diminue la probabilité de maladie ou d’incapacité.

Quatre approches distinctes peuvent aider à maximiser le bien-être des aînés, réduire les coûts médicaux et augmenter le bien-être social. Dans un souci d’efficacité, les directions des ministères concernés (santé, affaires sociales, services du 3ème âge, etc.) peuvent être horizontalement intégrés pour créer une agence ad-hoc, identiquement à ce qui fut réalisé dans le monde du renseignement états-unien.

L’état doit concevoir, en tandem avec le secteur privé, une base de données en ligne pour évaluer les disponibilités de compétence chez les seniors; si cette tâche est bien exécutée, ce site Web peut même être rentable une fois que sa popularité augmentera le nombre de visiteurs.

Les 4 programmes sont les suivants:

1) Retraités aidant leurs anciennes compagnies

Les nouveaux retraités s’inscrivent sur le site, indiquant leur compétence professionnelle et leur préférence de secteur d’activité. Les entreprises inviteront alors d’anciens employés (ou d’autres travailleurs possédant un savoir-faire semblable) pour leur expérience sur des projets spécifiques tels que l’intégration informatique, l’organisation d’entreprise, la formation du personnel, etc. Ce paradigme est doublement profitable à la société car un personnel retraité expérimenté est sensiblement meilleur marché que des consultants externes et connaissent mieux la compagnie ou le secteur d’activité.

2) Seniors soutenant des enfants

Des aînés peuvent être mis à contribution dans les activités périscolaires, de la maternelle au lycée. Ils peuvent même enseigner selon leur expérience. Des divers « programmes d’échange » peuvent être organisés, par exemple, entre les maisons de repos et les institutions académiques afin de stimuler la cohésion entre générations.

3) Seniors soutenant des organisations de jeunesse et de réinsertion juvénile

Les expériences des aînés peuvent aider à soulager des jeunes en difficulté et satisfaire à d’autres besoins. Dans certaines circonstances, on peut permettre aux détenus âgés ayant montré un bon comportement et une volonté manifeste de réintégration sociale de conseiller d’autres individus en rupture avec la société.

4) Seniors dans des compétitions sportives au plan national

Dans la même logique de vie active, les autorités devraient encourager des compétitions sportives nationales pour le troisième âge. Bien que l’idée de « Jeux olympiques du 3eme âge » soit un tantinet surréaliste actuellement, un tournoi national est une option plus réalisable et potentiellement plus profitable.