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L’Allemagne et son casse-tête grec

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L’atmosphère ces dernières semaines à 1, Willy-Brandt-Straße à Berlin est des plus tendues. Le siège de la chancellerie allemande, l’un des plus grands édifices de pouvoir exécutif au monde – 8 fois la taille de la Maison Blanche – fourmille de milliers de fonctionnaires affairés sur les sujets graves de l’heure, du taux de chômage galopant à la relance économique en passant par la lutte contre l’évasion fiscale.

Cependant, la question qui préoccupe le plus Angela Merkel, la chancelière allemande et ses proches conseillers est relative au chaos financier en Grèce et ses conséquences pour la zone Euro.

Vu la solidité de ses fondamentaux économiques, son excellente côte chez les agences de notation, et une discipline dans la gestion des deniers publics digne des préceptes des plus grands stratèges de la Wehrmacht,  l’Allemagne a pu mieux résister à la crise que d’autres pays de l’Union.

Berlin n’est pas seulement la première puissance de l’Europe à bien d’égards ; elle en demeure essentiellement sa locomotive économique. Cette position lui pose un dilemme parce que sa dépendance envers les autres pays de l’Union (pour ses exports) et l’absence de barrières douanières (Accord de Schengen) la forcent à venir en aide à ceux-ci.

En clair, l’Allemagne doit « insuffler » son Plan Marshall aux ventres mous de la chaîne économique de la fédération si elle ne veut pas elle-même en pâtir à terme.

Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble sont longtemps restés rétifs à une implication plus profonde de Berlin pour aider les économies handicapées de l’Union. Ils estiment fermement que certains de leurs voisins utilisent l’Europe comme bouc-émissaire à leurs problèmes internes.

Cette méfiance explique leur choix de ne pas utiliser la Banque Centrale Européenne et la Bundesbank comme bailleurs de fonds principaux, leur préférant le FMI et d’autres canaux transnationaux de sorte à repartir les risques sur une plus grande plateforme d’acteurs financiers et de pays.

Il faut dire que la Grèce n’a pas été ces derniers temps un modèle de gestion économique aux yeux des observateurs allemands et des marchés financiers. Loin d’etre un nain géostratégique comme l’Islande, la Grèce une solide économie (essentiellement basée sur le tourisme et le secteur maritime) classée 26ème sur la liste du FMI (PIB/pays en 2009).

Mais le fait surréaliste est que le pays, dirigé à l’heure par le premier ministre gréco-américain Geórgios Papandréou, a été reconnu coupable de falsifications statistiques de ses comptes lors de son entrée dans la fédération européenne.

L’exécutif hellène doit prendre à bras le corps le problème du déficit public et du service de la dette, et les programmes d’austérité fiscale ne manqueront pas d’augmenter les mouvements sociaux dans les mois à venir.

D’autres pays du vieux continent présentent un pronostic similaire, et se regroupent sous l’acronyme anglais non plus génuflecteur de P.I.G.S. (cochons). Ces pays sont le Portugal, l’Italie, (la Grèce), et l’Espagne ; ils ont aussi des économies minées par la chute du marché de l’immobilier, le chômage grimpant, le tissu industriel émietté et les délocalisations massives des firmes privées.

Les autorités européennes réagiront à coup sûr pour éviter un effet boule de neige potentiellement délétère au reste de l’Europe. Beaucoup d’options s’offrent à elles, de l’aide directe de la BCE à la Grèce à un rachat partiel de la dette grecque par la BCE en passant par des subventions de structures transnationales comme le FMI et une augmentation des mesures protectionnistes pour arrêter l’hémorragie économique pendante (ex. : guerre des chaussures avec la Chine).

  1. Snake Gayness
    February 14, 2010 at 6:35 am

    Why do Greece give houses and jobs to the Albanians separatists (some islamists) of Western Macedonia?
    the Albanian separatists who are terrorist, and some of them are related to the islamic terrorism, have migrated to Greece, and they get houses and jobs there

    why does Greece do it?
    is it Greece a terrorist country?
    is Greece the Syria of the Balkans?

  2. ClearU
    February 14, 2010 at 6:36 am

    excuse me did you just call Syria a terrorist country?
    Well i think you are wrong “SIR” since obviously ur a guy.
    Syria and Greece are not terrorists, just because you are doesn’t mean everyone is.

  3. Misterp
    February 14, 2010 at 6:38 am

    Everybody knows that the epicenter of this crisis is on USA, is Greece the next Iceland?

  4. Ceatanr
    February 14, 2010 at 6:38 am

    To some extent… yes. However Greece just elected a Socialist Government. So they will be able to dig themselves out sooner.

  5. gaetandub
    February 15, 2010 at 2:24 pm

    La crise continue. On n’en est pas encore sorti.

    L’Eurogroupe intensifie les pressions sur la Grèce

    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/economie/20100215.REU9645/leurogroupe_intensifie_les_pressions_sur_la_grece.html

  6. rsla_armel
    February 15, 2010 at 2:26 pm

    La Grèce serait-elle à l’échelle des Etats ce que la banque Bear Stearns fut? Jsp que la situation va changer et la confiance reviendra. C’est un brave peuple.
    bon article
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/02/15/le-parallele-entre-la-grece-et-bear-stearns-n-est-pas-denue-de-sens_1306089_3234.html

  7. rsdoxa
    February 15, 2010 at 5:26 pm

    Bonne analyse

  8. fr29043
    February 15, 2010 at 7:59 pm

    Doit on changer la constitution et retrouver une autre Europe?>

  9. gapor@34
    February 16, 2010 at 8:33 am

    l’allemagne ne pourrait pas survivre sans l’europe c’est ce que vous oubliez. leur économie est tournée vers l’export.

  10. rfillibre
    February 16, 2010 at 8:42 am

    l’Europe sans la grece, voila ce k’on doit faire. ils sortent pr arranger leur affaires et reviennent kan ils auront fini.

  11. radiolibre
    February 16, 2010 at 8:47 am

    l’UE doit se réveiller, il y a trop de calme venant de baroso

  12. jean12
    February 16, 2010 at 8:55 am

    l’Europe se casse les pieds. faut k’ca bouge.

  13. March 6, 2010 at 6:07 am

    Les révélations du Spiegel devraient achever de rassurer les marchés : désormais les investisseurs, les vrais, pas les spéculateurs, savent que la zone euro ne laissera pas tomber la Grèce, ses partenaires étant prêts à quasiment jouer le rôle de prêteur en dernier ressort : chacun peut donc continuer à acheter de la dette grecque, puisqu’il a la garantie qu’il n’y aura pas cessation de paiement, ce qui devrait contribuer à faire baisser davantage les taux d’intérêt. Mais la Grèce doit savoir qu’elle ne se financera plus jamais gratuitement, comme elle l’a fait pendant dix ans : les marchés exigeront, au moins jusqu’au jour où ses finances publiques seront vraiment purgées, une prime de risque.

  14. March 24, 2010 at 12:14 pm

    Et alors l’Europe ne tourne pas rond? Il manque des “briques” dans le système? La maison Europe n’est pas encore hors eau? CEla explique qu’elle prend l’eau en ce moment? Le reconnaitre, l’accepter lucidement,ne pas mentir comme à l’habitude n’est-ce pas le seul moyen de progresser? Reconnaitre ses forces et ses faiblesses n’est ce pas une des bases avant d’élaborer une stratégie ou corriger le tir ?

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