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A part la Grèce, l’Europe a d’autres talons d’Achille

Par Marquis Codjia

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Le brouhaha actuel sur les pépins budgétaires de la Grèce et ses prétendus effets négatifs sur l’Europe constituent un moment capital de l’histoire de la jeune zone économique européenne, mais ce ne sont pas les points significatifs sur lesquels devraient s’attarder les  décideurs, y compris les dirigeants politiques et les acteurs financiers.

Le problème de la dette grecque sera résolu tôt ou tard, car l’Allemagne, géant de la zone euro, rejoindra  au moment opportun ses partenaires continentaux; aussi, les structures supranationales – telles que la Banque Centrale Européenne et le FMI – apporteront, de gré ou de force, une assistance conséquente à des Hellènes à cours de liquidités.

La crainte réelle est la contagion – éviter que le chaos financier ne se métastase à d’autres pays égrotants de l’union. Si un de ces pays, casés d’ordinaire sous l’acronyme anglais peu flatteur de P.I.G.S. (Portugal, Italie, Grèce, Espagne), voit sa note abaissée par les agences de notation, comme cela a été récemment le cas pour l’Espagne et le Portugal, les plans de sauvetage ultimes et les primes de risque augmenteront fortement.

Les leaders de la zone euro devraient régler rapidement le problème grec pour couper court au flou actuel. Le pays est, sans doute, un nain géostratégique et financier (2 % du PIB de la zone euro et n’abritant aucune institution communautaire majeure). Par ailleurs, les autres ventres mous tels que l’Espagne et l’Italie possèdent de fortes capacités d’autofinancement et une structure de dette différente (détenue en interne contre 95 % de la dette grecque détenue par des étrangers). Nonobstant, si l’impression transeuropéenne est que l’Europe ne sera pas solidaire géo-économiquement de ses membres dans les moments d’incertitude, alors le concept d’union politique perd de sa pertinence, et les acteurs économiques, y compris les marchés financiers, refléteront certainement leur mécontentement en faisant chuter la monnaie unique.

En général, des insuffisances systémiques continuent de ralentir la marche de la locomotive Euro.

Il y a, d’abord, l’absence d’une structure politique communautaire claire. Les dirigeants européens, en particulier ceux des grands pays (Allemagne, Royaume-Uni, France), semblent à ce stade satisfaits d’une hiérarchie fédérale regroupant des personnalités (de préférence des petits pays) qui ne représentent aucune menace à leur leadership, et une pléthore d’institutions employant des fonctionnaires recrutés au prorata des états membres. Cette stratégie d’union politique floue, fondée plus sur une zone économique, va à l’encontre de l’esprit de fédération qui sous-tendit le Traité de Rome.

Pour illustration, prenons un exemple simple : qui serait l’interlocuteur communautaire du président Barack Obama ou du premier ministre chinois Wen Jiabao si ceux-ci voudraient négocier un partenariat stratégique avec la zone Euro? Feraient-ils appel à l’actuel président de la Commission Européenne José Manuel Durão Barroso? Ou le président du Conseil Européen Herman Van Rompuy ? Ou le Président (tournant) du Conseil de l’Union Européenne José Luis Rodríguez Zapatero ? Ou les poids lourds de l’UE que sont le président français Nicolas Sarkozy ou la chancelière allemande Angela Merkel ? Ou, plutôt, tous ces leaders à la fois ?

Deuxièmement, l’absence de leadership politique engendre l’absence de programme socio-économique commun. Les leaders européens veulent les avantages de l’intégration économique mais semblent en haïr les inconvénients. Les citoyens de l’UE doivent clarifier ce que représente la zone euro : est-ce une zone de libre-échange, comme l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) ou la CEDEAO (Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest), dans laquelle les pays partenaires conservent leur indépendance politique, économique et sociale, et peuvent rivaliser entre eux ? Ou est-ce une union politique et économique dirigée par des politiques sociales communes ? Ou est-ce, plutôt, un statut intermédiaire ?

Troisièmement, le rôle de la BCE devrait être élargi au-delà de la stabilisation des prix. Contrairement à la Fed américaine, le mandat principal de la banque pour le moment est de contrôler l’inflation. La BCE devrait intervenir davantage dans l’économie communautaire et éviter les déséquilibres systémiques. En somme, l’institution devrait faire usage de ses énormes réserves pour rasséréner les opérateurs économiques, entre autres rôles.

Quatrièmement, les critères d’appartenance à la zone euro devraient être réexaminés ; cela inclut aussi bien l’admission que l’exclusion. Naturellement, ce processus doit prendre un ton diplomatique pour ne pas frustrer des futurs partenaires, mais dans l’ensemble, les pays candidats à l’adhésion devraient passer des tests stricts. L’actuel Pacte de stabilité et de croissance, qui vise à limiter les déficits budgétaires, est un bon début mais sa gouvernance inefficace a permis les fraudes statistiques dont la Grèce a fait preuve lors de son entrée  dans la communauté. En somme, des solides fondamentaux économiques et une stricte gouvernance, en plus de la proximité géographique, devraient constituer les bases d’acceptation des nouveaux membres.

Enfin, l’élargissement de l’UE doit faire attention à deux dossiers-clés: le Royaume-Uni et la Turquie. Le propos ici n’est pas un souhait d’admission rapide, mais d’un processus  d’intégration clarifié et plus efficace que les 31 chapitres de l’actuel Acquis communautaire.

Ces dossiers sont complexes et politiques, mais leur résolution rapide apportera de l’eau au moulin de l’Europe. La Turquie a de nombreux « maux » (non-respect des droits de l’homme, conflit chypriote, impression d’islamisme malgré la laïcité du pays, droit des affaires opaque, etc.), mais aussi de nombreux atouts. Le FMI la classe 16ème PIB mondial dans son rapport 2009, dépassée dans l’UE seulement par l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne. Ce qui la place 6ème PIB dans une fédération de 27 membres. Le pays est géographiquement supérieur aux autres membres de l’UE et sa population de 73 millions vient en second après l’Allemagne (82 millions) ; il peut servir de débouché aux entreprises européennes en mal de croissance. Politiquement, Ankara est un allié géostratégique important de l’Ouest et un membre d’organisations-clés comme le G-20, l’OCDE et l’OTAN.

Quant au Royaume-Uni, membre de l’UE mais pas de la zone euro, son gouvernement travailliste a défini à la fin des années 1990 cinq tests économiques préalables à l’adoption de  l’euro comme monnaie nationale, soit par ratification parlementaire ou par référendum. L’adoption de l’euro reste un sujet sensible et risque de ne pas être abordé pendant longtemps. Mais, il serait intéressant de voir la réaction des politiciens et des dirigeants d’entreprise une fois que l’euro atteindra la parité avec la livre sterling ou la dépassera. Jusqu’ici, l’euro a augmenté de 65 % par rapport à la livre, de 57 cents en 2000 à 94 cents une décennie plus tard, atteignant brièvement la parité à la fin 2008 (0,98 en décembre 2008).

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  1. gornio@
    May 9, 2010 at 3:21 pm

    Crise grecque: des banquiers centraux se rencontrent en Suisse

    (AFP) – Il y a 8 heures

    BÂLE — Des banquiers centraux ont entamé dimanche une série de réunions à Bâle dans le cadre d’une rencontre bimensuelle au siège de la Banque des règlements internationaux (BRI) où la crise grecque et la fragilité de l’euro devraient s’imposer.

    “Plusieurs sortes de réunions de gouverneurs ont commencé aujourd’hui”, a indiqué à l’AFP une source proche de la BRI qui n’a pas souhaité communiquer le sujets de ces rencontres.

    Ces dernières devraient durer toute la journée, a-t-elle précisé ajoutant que le grand meeting général d’économie était prévu lundi matin.

    Cette réunion de gouverneurs des principaux instituts d’émission fait partie de l’agenda annuel de l’institution considérée comme la “banque centrale des banques centrales”.

    Mais la crise grecque, les craintes de contagion à d’autres pays de la zone et la chute de la monnaie unique ne devraient pas manquer d’être évoquées, selon les experts, de même que le train de mesures mis en place ce week-end par les seize pays de la zone euro pour éviter un nouvel affolement des marchés lundi matin après le vent de panique de la semaine dernière.

    Habituellement très discrète, la rencontre du groupe de banquiers doit se conclure lundi en début d’après-midi par une déclaration de leur porte-parole, qui est actuellement également président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

    Une conférence organisée par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque national suisse (banque centrale, BNS) lui emboîte le pas mardi, cette fois à Zurich (est).

    Les organisateurs de la rencontre également prévue de longue date restent discrets sur la liste des participants mais de nombreux banquiers centraux et spécialistes sont attendus pour ce qui devait être initialement un “brain-storming” sur le système monétaire international.

    Une nouvelle fois, les problèmes de l’euro devraient s’imposer lors de ce meeting d’une journée orchestré notamment par le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn

    La reprise économique en zone euro s’annonce modérée en 2010 et les incertitudes restent “élevées”, a déclaré jeudi le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, en réaffirmant qu’un défaut de la Grèce est pour lui “hors de question”.

    Le niveau actuel des taux d’intérêt directeurs “reste approprié”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, soulignant l’absence de danger inflationniste à long terme.

    Le conseil des gouverneurs a décidé plus tôt de maintenir le principal taux directeur, baromètre du crédit en zone euro, inchangé à 1%, son plus bas niveau historique.

    Les gardiens de l’euro, qui se retrouvent deux fois pas an hors du siège de Francfort, dans l’ouest de l’Allemagne, ont tenu cette fois conseil à Lisbonne.

    Le président de la BCE a estimé que la crise grecque et les difficultés budgétaires du Portugal n’étaient pas comparables, jugeant que les deux pays n’étaient “pas sur le même bateau”. “Le Portugal n’est pas la Grèce, l’Espagne n’est pas la Grèce”, a-t-il insisté.

    Le Portugal a vu sa dette à long terme dégradée par l’agence Standard and Poor’s, comme son puissant voisin l’Espagne, ce qui a attisé les craintes d’une contagion de la débâcle grecque aux deux pays ibériques, d’autant plus que d’autres rétrogradations les menacent.

  2. Consul
    May 9, 2010 at 3:21 pm

    Bravo pour l’article. J’espere que les Europeens vont se reveiller de leur torpeur.

  3. Tourre23
    May 9, 2010 at 3:22 pm

    Excellent article, Bruxelles ne sert a rien.

  4. Eurosceptik
    May 9, 2010 at 3:22 pm

    L’Europe doit retrouver sa dignité ;)

  5. Change
    May 9, 2010 at 3:23 pm

    Les marches financiers sont tous des ignares, ils ne voient que leurs profits. La Grèce n’est pas un exemple de gestion mais en même temps il faut leur accorder une deuxième chance.

  6. Joss
    May 9, 2010 at 3:23 pm

    Bon article.

  7. Claude
    May 9, 2010 at 3:27 pm

    Avons-nous besoin d’un patron ? C’est ca la question….

  8. FIran
    May 9, 2010 at 3:28 pm

    Lisez ceci, Merkel a perdu

    http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/election-regionale-allemande-merkel-pourrait-patir-de-la-crise-grecque-09-05-2010-915056.php

    Les électeurs du plus peuplé des Etats fédérés allemands élisaient lors d’un scrutin régional dimanche leur parlement et pourraient faire payer à la chancelière Angela Merkel l’impopulaire plan d’aide à la Grèce.
    Deux jours après l’adoption de crédits allemands de plus de 22 milliards d’euros sur trois ans accordés à Athènes, quelque 13,5 millions d’électeurs, soit près d’un cinquième de l’électorat allemand, étaient appelés aux urnes en Rhénanie du nord-Westphalie (NRW, ouest).

    Ce scrutin régional, dominé par la crise grecque, est le premier depuis l’arrivée au pouvoir à Berlin en octobre 2009 de la coalition de centre-droit (chrétiens-démocrates et libéraux du FDP) dirigée par Mme Merkel, et le seul prévu cette année.

  9. Royal
    May 9, 2010 at 3:29 pm

    Merkel et Sarko sont les patrons de l’Europe, point barre.

  10. Greek
    May 9, 2010 at 3:30 pm

    La Grèce doit sortir de l’Europe et aller régler ses problèmes toute seule, et revenir après.

  11. Bruxelles Expert
    May 9, 2010 at 3:31 pm

    Ou est la solidarité européenne ?

  12. Estelle
    May 9, 2010 at 3:32 pm

    La Grèce a vécu au dessus de ses moyens durant des années, il est temps qu’elle paie.

  13. Roberto
    May 9, 2010 at 3:34 pm

    Cool article.

  14. Frotte
    May 12, 2010 at 10:45 pm

    Bon article

  15. Pres
    May 12, 2010 at 10:50 pm

    Très bon article, les européens doivent se réveiller enfin…

  16. Electorat
    May 12, 2010 at 10:50 pm

    La plupart des mouvements sociaux sont le resultat de politiques liberticides depuis des annees. Moi je m’en fous de tout ca car les politiciens ne sont pas très honnêtes dans tout ca.

  17. Jeannot P.
    May 12, 2010 at 10:51 pm

    Pauvre Grèce, elle voudrait bien retourner dans l’antiquité ;)

  18. mali PQ
    May 12, 2010 at 10:51 pm

    Allez les grecs, allez l’Europe.

  19. Justice Pour tous
    May 12, 2010 at 10:52 pm

    L’Europe sera plus forte une fois que nous aurons vaincu nos maux internes.

  20. 1825 Ju
    May 12, 2010 at 10:52 pm

    Cool billet.

  21. Scen Pape
    May 12, 2010 at 10:52 pm

    Merci pour l’analyse mais je pense que nous devons nous placer au dessus de ces considérations nombrilistes et encourager les grecs dans leur lutte. Nous devons les aider.

  22. Hermann Ruege
    May 12, 2010 at 10:53 pm

    Moi allemand, moi pas vouloir aider Grèce. Pourquoi nous allemands aider mauvais comportements des grecs ? Pourquoi ?

  23. Laurent
    May 13, 2010 at 9:20 pm

    L’allemagne sans le reste de l’europe n’est rien. Vous devriez tous savoir cela.

  24. Parmentier
    May 13, 2010 at 9:21 pm

    Que fait la France dans tt ce tralala?

  25. Raould 1924
    May 13, 2010 at 9:21 pm

    m’en fous je suis anti europeen ;)

  26. Sainte nitouche
    May 13, 2010 at 9:23 pm

    Il faut un référendum pour voir tout cette situation, les Grecs vivent au dessus de leurs moyens. Ils doivent maintenant payer !=))

  27. andrée
    May 13, 2010 at 9:24 pm

    n peut toujours dire non à tout et subir les décisions européennes sans aucune possiblité d’intervenir…..c’est très politico correct comme discours…cependant encore une fois à part le fait de vouloir dire non, on agit comment ???

  28. Julien
    May 13, 2010 at 9:28 pm

    En général, dans d’autres pays, on constate que c’est les français qui sont mal vus, la France ne fait rien pour supporter l’Europe… De toutes les façons, les français n’en ont plus les moyens, du moins pour le moment, en attendant qu’ils pillent les ressources des pays pauvres du Sud.

  29. Ayurveda Man
    May 13, 2010 at 9:29 pm

    bien que l’image de la FRANCE se détériore en EUROPE elle monte en puissance en AFRIQUE .On peut pas tout avoir ! ;)

  30. insanel
    May 13, 2010 at 9:30 pm

    La Turquie dans l’UE : une question de temps !?

    • Paolo
      May 13, 2010 at 9:30 pm

      Oui. Et elle sera la nation la plus importante au sein de l’Europe. Est-ce qu’on le veut vraiment?

    • 33
      May 13, 2010 at 9:33 pm

      Contre l’entrée de la Turquie dans l’Europe ! L’Europe n’a pas vocation à être terre d’islam………………………………………………………………….

    • Ceansor
      May 13, 2010 at 9:34 pm

      NON ! JAMAIS! JE DIS JAMAIS!

    • Optimiste
      May 13, 2010 at 9:35 pm

      Ce qui me rassure, c’est que, vu mon âge actuel, je serai mort avant que cette catastrophe se produise !

    • @Paris
      May 13, 2010 at 9:36 pm

      la turquie ne rentrera jamais!

    • Paulet
      May 13, 2010 at 9:36 pm

      La Turquie n’est pas en Europe (en grande partie) mais elle est alliée d’Israël, ça serait bien d’en prendre soin. Je craint bien l’islamisation, la dictaturisation .. de loin je préfère une petite Europe laïque.

    • Atesh
      May 13, 2010 at 9:37 pm

      Vous savez, la Turquie rentrera c’est certain. L’union a vu le jour grâce aux Ottomans et de nos jours il y a de la propagande, quoi que l’on disent, les américains, les russes et tout les autres derrière les rideaux, feront en sorte que la Turquie adhère. Ce qui obligera à la Turquie de faire la guerre à l’Iran ou d’autoriser de louer une base turque pour attaqué la Syrie, l’Iran, l’Irak ou je ne sais quoi. Il y a des tas de chose que nous ignorons et sachez que les 3% européennes ou pas les politiciens s’en foutent complètement, ce n’est rien par rapport à tout le buisness qui tourne sans que nous soyons au courant.

  31. Sultane
    May 13, 2010 at 9:31 pm

    Et pourquoi pas la Syrie, l’Iran, l’Irak… ! La Turquie n’est pas en Europe.
    Ce n’est pas parce qu’il y a une minuscule partie accolée à l’Europe qu’elle doit y faire rentrer tout le reste !

  32. September 17, 2010 at 3:16 pm

    Tous ces sujets sont biaisés par les banques privées elles-même. Nous regardons seulement ce qui se passe “sur le gazon ou la patinoire” et “discutons entre moutons à savoir qui sera mangé le premier par les loups” mais nous ne posons même pas la question à savoir ce qui se passe au “conseil d’administration de la ligue”.

    Tournez votre regard vers les banques privées et vous trouverez 90% de la source de nos problèmes c.à.d la monnaie créée à partir de rien du tout.

    Ce système usuraire s’écroule et c’est bien.
    Cherchons à ce qu’il ne soit pas simplement remplacé par un “nouveau” système identique.

    Recherchez “Créature de l’Île Jekyll” par Edward Griffin.

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